Objets

Le nouveau numéro d’Intramuros consacre sa rubrique inspirante « Design à 360 ° », à des produits tout juste sortis en 2022. Mobilier, accessoires, mode, véhicules… découvrez les 40 coups de cœur de la rédaction dans le magazine ! Découvrez un second extrait.

Collection Picnic, +Halle
La collection Picnic se compose de bancs circulaires avec un système à deux hauteurs, dotés d’un coussin moelleux. Une collection colorée, éditée par +Halle, et designée par le studio Form Us With Love.

Lampe Off-cut, Pierre Castignola
Présentée à l’Objective Gallery à New York, la lampe Off-cut de Pierre Castignola est née d’une initiative visant à trouver une utilité aux pièces de rebut de sa propre activité.

XP Race, Hugo Eccles
Ce nouveau modèle de moto pensé par Hugo Eccles est conçu avec « le programme XP qui propose un nouveau langage de conception pour les motos électriques, basé sur de nouvelles opportunités plutôt que de simplement imiter un vocabulaire visuel créé par une technologie bientôt obsolète » pour reprendre ses termes. Chaque XP est construit selon les spécifications individuelles de chaque client, chacun d’entre eux est donc unique. À découvrir en vidéo ici.

Robot mixeur Re:mix, Open Funk
La société allemande Open Funk a mis au point Re-mix, un robot mixeur plus « durable » compatible avec toutes sortes de bocaux en verre. La structure du boitier est faite à 100% en matériaux recyclés et recyclables, avec des panneaux mouchetés en déchets plastiques.

Tabouret Rug n'Roll, Johannes Budde
Le tabouret Rug’n Roll de Johannes Budde introduit avec audace le matériau industriel Concrete Canvas dans la conception de meubles. Habituellement utilisé dans la construction civile, Concrete Canvas est un tissu flexible imprégné d’une fine couche de béton.

Le prochain numéro d’Intramuros consacre sa rubrique inspirante « Design à 360 ° », à des produits tout juste sortis en 2022. Mobilier, accessoires, mode, véhicules… découvrez les 40 coups de cœur de la rédaction dans le magazine ! Petit avant-goût avec ce premier extrait.

Banc Worm, Missana
Worm est le premier banc avec un système modulaire de Missana. Un banc composé de 3 modules dont un courbe qui peut évoluer et changer en fonction des besoins de chaque espace.

Bureau Home Office O7 True Pink, USM
Après sa joyeuse installation à la Milan Design Week, USM a sorti avec succès une série limitée de son Bureau Home Office 07 en True Pink qui a reboosté le home office. Un modèle avec une conception modulaire, composé d’une structure en tubes d’acier chromé assemblés par des boules de connexion, habillée de panneaux d’acier thermolaqué et montée sur patins réglables en hauteur.

Sac Buoy, Botter Paris
Rushemy Botter et Lisi Herrebrugh, qui ont créé le Label Botter, a été en 2022 l’un des duos tendance dans le secteur de la mode parisienne. Les Buoy, étanche et peint au pistolet, est devenu l’une de leurs pièces iconiques. Un modèle inspiré de l’univers de la plongée, très présent dans les collections de Botter Paris. Label à suivre.

Suspension Luce Orizzontale S1, FLOS
La suspension Luce Orizzontale S1 designée par Erwan et Ronan Bouroullec est composée de modules en verre interconnectés, créés selon un procédé artisanal consistant à verser le verre dans un moule rotatif pour obtenir une finition exclusive qui rend chaque pièce unique. Concernant la structure interne, elle est faite en aluminium extrudé poli équipée de deux modules leds linéaires pour un éclairage direct et indirect dirigé vers le bas.

Miroir Steam, Heim+Viladrich
Designé par le duo hollandais Heim+Viladrich, composé de Lauriane Heim et Johan Viladrich, le miroir Steam fait partie de l’ensemble d’objets Aire 75, en référence aux objets trouvé sur des aires d’autoroutes, avait été présenté lors de Collectible 2022 à Bruxelles.

Au Portugal, sous l’impulsion de designers et directeurs artistiques, les éditeurs s’appuient sur les nouvelles technologies pour faire évoluer une fabrication très inscrite dans des savoir-faire traditionnels. Une façon de promouvoir un nouveau positionnement sur le marché entre création industrielle, artisanat, voire pièces « collectible ».
Après deux événements majeurs en juin à la Portugal Home Week à Porto et à la Paris Design Week, le design portugais se fraie un chemin qui met en lumière toutes les facettes de son talent et de ses savoir-faire artisanaux. Forts de cet ancrage territorial, les créations de mobilier, de textile ou de céramique, liées à une fabrication traditionnelle, se rattachent aux ateliers centenaires et fabricants d’ameublement (plus de 200). Souvent fondés par une même famille, ils ont évolué avec les nouvelles technologies, cherchant à promouvoir une nouvelle notoriété.
Artisanat, art design ou ameublement ?
L’exposition « Métamorphose » à la Paris Design Week, dans le cadre de Made in Portugal naturally, soutenue par l’AICEP, a souligné l’unicité du design portugais, au-delà du cliché connoté d’un pays fabriquant pour des distributeurs d’ameublement en Europe. Mettre en évidence le croisement et la diversité des techniques artisanales, tel a été le synopsis de ce parcours, au cœur du quartier du Marais, mis en scène par le designer franco-portugais Christophe de Sousa. L’approche particulière du procédé de fabrication d’un objet au Portugal (du prototype à la série), confirme l’identité d’un pays qui chercher à sauvegarder ses valeurs traditionnelles tout en ayant la volonté d’intégrer une dimension internationale.


Au Portugal, des entreprises qui s’ouvrent au design
Sous l’impulsion de designers et directeurs artistiques, certains fabricants ajoutent à leur activité des pièces plus haut de gamme, très abouties dans les finitions. Ils mettent leurs expériences des savoir-faire en matière d’ébénisterie, vannerie, céramique, au service des créatifs, ce qui n’était pas le cas il y a dix ans. Au cœur des richesses du territoire, en puisant dans les ressources naturelles, (marbre, bois, liège, osier, kaolin) les entreprises font émerger leur identité, leur image de marque singulière, le Made in Portugal à la conquête d’un marché plus pointu, de décorateurs, d’architectes et de collectionneurs et d’une évolution culturelle. En voici quelques exemples.
WEEWOOD. En 1964, deux frères travaillent ensemble dans un petit atelier de menuiserie au nord du Portugal, devenu au fil des ans, l’entreprise Móveis Carlos Alfredo spécialisée dans la fabrication et l’exportation de meubles en bois massif. En 2012, la marque Wewood – Portuguese Joinery est née. Les fondements de l’entreprise reposent sur la qualité des matériaux, le façonnage du bois poli, et le design intemporel, avec des pièces produites en petites séries, dans une entreprise à taille humaine. Son ambition ? Créer du mobilier haut de gamme qui dure, valoriser l’esthétique du bois et ses finitions dans chaque projet, comme Contador, un buffet avec des tiroirs, créé en hommage aux comptoirs portugais, édité en 10 exemplaires à l’occasion des 10 ans de la marque. Les bases du design portugais sont amorcées grâce à la collaboration active de designers espagnols, portugais ou allemands, tels que Bambustudio, Edeestudio, Christophe de Sousa, Christian Haas, JC Berlin.

VICARA Studio est une agence créative qui associe designers, artisans et industriels, dans une approche commune, pour développer un écosystème durable, avec des matériaux tels que la céramique, le verre, le bois. Si la poterie traditionnelle (gamme Tasco poterie typique en argile rouge) est toujours au catalogue, des designers portugais se sont emparés de ces belles techniques artisanales de la céramique et influencés par sa gastronomique traditionnelle. Celle combinant vannerie, en aiguilles de pin et céramique, à Caruma, est particulièrement remarquable, et a donné naissance à des vases mêlant deux techniques, dans un ensemble hybride.

Fondée en 1951 dans la région de Guimarães, BELO INOX exporte plus de 70 % de ses produits, dans plus de 30 pays ! Présents dans l’univers des arts de la table, sur les salons européens, Maison & Objet et Equiphotel, à Paris, Ambiente à Francfort ou encore Host, à Milan, Belo Inox se dirige vers une stratégie à l’international (Corée du Sud, les États-Unis, le Japon, la France, le Mexique, l’Espagne et l’Égypte). Chaque produit en acier est fabriqué dans la recherche de l’excellence avec de récentes technologies de pointe. La finesse des couverts, les aspects de surface mat satiné font évoluer l’art de la coutellerie vers la modernité et la sobriété. Avec des partenariats tels que tels que Vista Alegre et Grestel, la marque s’oriente notamment vers la fabrication de produits exclusifs pour les restaurants gastronomiques.


Originaire des montagnes de Serra da Estrela, BUREL FACTORY est une marque durable qui valorise le textile 100 % laine, ainsi que d’autres tissus. Sous la houlette du directeur artistique et designer Rui Tomás, la marque promeut le patrimoine, et le design avant tout, en créant des dessins spécifiques pour l’architecture intérieure et des revêtements et solutions acoustiques. Suite à la reprise d’une ancienne usine et de ses métiers à tisser artisanaux, les propositions s’étendent aux accessoires de mode et de décoration et dont certains sont fabriqués à base de chutes non utilisées de tissus, poursuivant ainsi sa mission zéro déchet.

Spécialisée dans la transformation du liège, 100% naturel et durable, SOFALCA est divisée en trois activités et donc trois marques distinctes. Isocor fabrique avec les déchets du liège des panneaux d’isolation phonique, thermique et anti-vibration, essentiellement pour le bâtiment et l’industrie. Gencork explore la symbiose entre ce matériau écologique et les processus de fabrication de haute technologie. Le liège expansé est transformé grâce à des algorithmes basés sur le design génératif, fortement inspirés par le monde scientifique. En découlent des panneaux qui optimisent les propriétés de ce matériau, mais aussi ajoutent une valeur esthétique. Blackcork s’est spécialisé dans la création et production de mobilier contemporain, née en 2013 avec Toni Grilo directeur artistique. Ce fabricant qui produit du liège noir expansé depuis 1966, parie l’avenir, avec un design original et innovant.

Le 14 septembre 2022, Petite Friture fêtait ses douze ans en inaugurant son nouveau showroom à Montreuil. Dans une ancienne usine, soigneusement rénovée, 800 m2 sont partagés pour accueillir des bureaux pour une quarantaine de personnes et un showroom pour une collection de produits exemplaires.
Depuis Vertigo de Constance Guisset, Petite Friture trace doucement son chemin, n’hésitant pas à renouveler ses collaborations comme ses productions. Avec la collection de chaises Weekend de BrichetZiegler, elle concurrence les grands de l’outdoor. La lampe Quasar de Samy Rio joue les baladeuses lumineuses. La Neotenic, ‘pop et sculpturale’, est le fruit de la première collaboration entre le studio américain Jumbo, Justin Donnely et Moonling Lee. Comme une pâte italienne cavatappi, elle ondule et se tord, fabriquée par des artisans céramistes au Portugal, 4 moules pour aboutir à cette forme arrondie et des heures de ponçage manuel, pour un aspect métal. Le module LED intégré, spécialement développé pour la collection permet à cette lampe guimauve de rejoindre les collections « libre garde » Petite Friture.
Libre garde
Pas d’avant-garde chez Petite Friture mais une libre garde, soucieuse de fantaisie et de réductivisme à la fois, pour un design affectif. La collection Wander d’AC/AL, des miroirs graphiques et lumineux, permet de faire s’envoler son reflet dans des espaces colorés et ludiques, comme dans un autre monde, léger et joyeux. Un système d’accroche ingénieux permet au miroir d’être comme en lévitation sur le mur et de projeter ses couleurs en halo.

Sa suspension phare : Vertigo dessinée par Constance Guisset n’a rien perdu de son charme et se décline dans une version Led blanche avec ruban gris. Elle figure aujourd’hui dans la collection permanente du Musée des Arts Décoratifs à Paris, le MAD et au MoMA à New York.

Histoire
En 2009, Amélie du Passage, diplômée d’HEC en 2003, lance la marque Petite Friture alors que le secteur du meuble peine à se renouveler. Avec un nom qui crépite, des pièces accessibles en termes de prix et un pool de créateurs émergeants, elle fait mouche et s’impose sur le marché du design comme la petite boîte qui monte. De salon en salon, elle devient une marque européenne de référence. Sa ligne éditoriale n’est pas définie par un style mais plus par un état d’esprit. Les objets doivent être signés, audacieux et se différencier sans impressionner. Les clients doivent avoir envie de vivre longtemps avec eux.


La crise du Covid
Le confinement et le rythme imposé par la crise du Covid a obligé les employés à rester chez eux et à travailler à distance, en zoom et en visioconférence. Une communication de crise a été mise en place pour ne pas se faire oublier du public, un acte essentiel quand tout est stoppé. Après un confinement de cette envergure, quand on a été « reconnu comme d’inutilité publique », la réponse a été encore une fois intelligente : l’entreprise pour rester en contact avec sa clientèle s’est mise à écrire des chroniques de quarantaine, un exercice plutôt périlleux mais réussi. L’optimisme affiché reflète un état d’esprit positif.

Amélie du Passage et son équipe se sont réveillés plus acharnés que jamais et avec confiance en l’avenir. Les valeurs partagées sont payantes. À la sortie de la crise, Petite Friture est d’autant plus exigeante sur l’impact environnemental de la production et à l’heure où les cours de l’énergie et des matières premières flambent se soucie d’utiliser les énergies nouvelles.
Une écurie de designers
Parmi les designers qui ont travaillé pour Petite Friture, Constance Guisset, la reine de la lumière affiche sa Vertigo en best-seller maintes fois copiée. Le studio BrichetZiegler, association de malfaiteurs autour de la matière n’en finit plus de compléter sa collection outdoor. Sam Baron, Noé Duchaufour-Lawrance, Pierre Favresse, India Mahdavi, Studio Pool, Andras Rigler, Giorgia Zanellato, Färg & Blanche, Thiphaine de Bodman, Tom Chung, Lisa Lobreau, Leslie David, GGSV studio, Hanna Emelie Ernsting, Tomas Kral, Daniel.Emma, Ana Montiel, Elise Fouin, Shelley Steer, Vaulot & Dyèvre, AC/AL studio, Morten & Jonas, Studio NOCC, Claesson Koivisto Rune, Studiopepe, Anne Harvala, Pia Chevalier ont contribué au succès de la marque. Samy Rio et le studio Jumbo font une entrée remarquée avec Quasar et Neotenic. Un générique de super production.
Une collaboration inclusive
Mais depuis 12 ans, Petite Friture, c’est aussi le choix d’une collaboration inclusive avec APF France handicap, pour permettre à des ouvriers ou ouvrières de mettre tout leur talent au service d’une fabrication qui demande soin et attention. A Amiens et Evreux, trente personnes fabriquent avec une précision d’orfèvre la suspension Vertigo de Constance Guisset et le Cherry de Daniel.Emma. Treize étapes sont nécessaires à la fabrication de Vertigo, un accordage minutieux de 66 rubans tirés à la main sur une structure en acier, pour une vibration emblématique. Un développement qui prend de 18 à 24 mois pour un assemblage au cordeau.


Une diffusion dans la durée
Petite Friture privilégie la diffusion dans la durée avec possibilité de réparation, recyclage des produits en fin de vie, don des invendus à des associations et vente à prix attractif des modèles d’exposition. Petite Friture témoigne ainsi de son engagement social en faveur de l’insertion. « Nous avons, en tant qu’entreprise une force collective pour faire bouger les lignes…Et nous avons envie de faire du bruit pour aller plus loin. La parole, nous allons la prendre pour dire haut et fort notre action en perpétuelle construction, pour préciser nos axes de travail au service desquels nous mettons notre « force positive » en oeuvre. »
Un engagement fort posé dès le début par Amélie du Passage, fondatrice et Directrice artistique toujours en action en faveur du design français qui nécessite technicité et compétences au sein de filières durables et utiles. Une belle histoire inclusive comme la qualifie Serge Widawski, Directeur général d’APF France handicap. Un documentaire a même été réalisé par Sarah Makharine, immergée pendant plusieurs semaines dans le quotidien des ouvrières pour retranscrire cette démarche vertueuse… À visualiser sur youtube.

Chaque année, l’annonce des lauréats du prix pour l’Intelligence de la main est un temps fort de l’automne. Ce jeudi 6 octobre, dans une salle Wagram comble, au cours d’une cérémonie célébrant avant tout la patience et la passion des artisans et designers, et en présence de Rima Abdul-Malak, Ministre de la Culture, la Fondation Bettencourt-Schueller dévoilait la « promotion 2022 » des prix Talents d’Exception, Dialogues et Parcours.
Depuis son lancement en 1999 par la Fondation Bettencourt Schueller, le prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main récompense les créateurs qui développent un savoir-faire et innovent dans le domaine des métiers d’art. Aujourd’hui devenu à la fois une référence et un label d’excellence, le prix accompagne financièrement et stratégiquement les créateurs primés à approfondir un projet.
Pour cette édition 2022, ont été récompensés : Grégoire Scalabre, le duo Anaïs Jarnoux & Samuel Tomatis et l’union d’associations L’Outil en Main. Des lauréats mis à l’honneur par la présidente de la Fondation, Françoise Bettencourt Meyers, et par le jury à nouveau présidé par Jean de Loisy, commissaire d’exposition et critique d’art. Cette soirée a été lancée sous de bons auspices, avec une prise de paroles engagée en faveur des métiers d’art et du design Mme Rima Abdul-Malak. La Ministre de la Culture a en effet rappelé que son cabinet est le premier à comprendre un conseiller spécialement en charge de ces secteurs, et l’importance du rôle à jouer de ce vivier économique, patrimonial et culturel dans le cadre de France 2030. Par ailleurs, elle a profité de la soirée pour confirmer en direct aux artisans un nouveau report cette année du crédit d’impôts.
Grégoire Scalabre, lauréat dans la catégorie Talents d’exception
Le prix Talents d’exception a pour but de récompenser un artisan d’art pour la réalisation d’une œuvre résultant d’une parfaite maîtrise des techniques et savoir-faire d’un métier d’art. Cette année, c’est le céramiste Grégoire Scalabre qui est récompensé pour son œuvre « l’Ultime métamorphose de Thétis ». Créée en hommage à la nymphe marine de la mythologie, cette pièce célèbre l’objet le plus humble et le plus essentiel de l’humanité. En effet, le vase accompagne l’homme depuis la nuit des temps, et Grégoire Scalabre le sublime en le multipliant, en jouant sur les échelles, les formes. L’œuvre comprend 70 000 amphores miniatures, faites de porcelaine translucide émaillée.


Accompagné par la Fondation Bettencourt Schueller dans ce projet, le céramiste pourra ainsi réaliser une nouvelle sculpture monumentale et équiper son atelier. La transmission étant une valeur essentielle de son parcours – totalement autodidacte comme il l’a rappelé sur scène – il prévoit également de développer ses actions actuelles, notamment par la création d’un programme de Master Class permettant à des apprentis de rencontrer des artisans d’art ayant une approche singulière de la céramique.
Pour ce prix, Grégoire Scalabre se voit récompensé d’une dotation de 50 000 € et bénéficie d’un accompagnement allant jusqu’à 100 000 € pour réaliser un projet de développement.
Anaïs Jarnoux & Samuel Tomatis, lauréats de la catégorie Dialogues
Depuis sa création en 2010, le prix Dialogues salue la collaboration d’un artisan d’art et d’un designer, à travers la présentation d’un prototype ou d’une création qui témoigne d’un savoir-faire artisanal d’excellence, l’artisan étant challengé dans sa pratique par l’approche du designer. Le duo composé de la tapissière d’ameublement Anaïs Jarnoux, et du designer Samuel Tomatis a été récompensé pour le prototype du sac MS.86.Ulva, conçu à partir d’un matériau composé à 100 % d’algues, en lieu et place des traditionnelles peaux animales. Un matériau que Samuel Tomatis a développé, testé, puis éprouvé au terme de six années de recherche en collaboration avec des artisans et des scientifiques. Ce dernier est totalement biodégradable et peut très bien remplacer le cuir ou encore le plastique, autant dans le champ industriel qu’artisanal. Une réalisation qui s’inscrit dans une démarche écologique et vertueuse. Et sur ce projet, le processus de création du sac a mobilisé l’expertise et le savoir-faire de maroquinerie et sellerie d’Anaïs Jarnoux, rencontrée aux Ateliers de Paris. Avec le soutien de la Fondation, le duo compte créer de nouvelles pièces, perfectionner ce biomatériau et développer son processus de production en vue d’une application à plus grande échelle.

Pour ce prix, ils obtiennent une dotation de 50 000 € à se partager, en plus de l’accompagnement pouvant aller jusqu’à 150 000 € pour le déploiement d’un prototype ou de l’objet afin d’en approfondir l’expérimentation, la recherche et l’innovation.
L’Outil en Main, lauréat de la catégorie Parcours
Lancé en 2014, le prix Parcours salue une personne morale pour son engagement et sa contribution exemplaire au secteur des métiers d’art français. C’est le seul prix qui ne demande pas de candidatures, les lauréats sont détectés par les experts entourant la Fondation. Cette année, c’est l’union d’association L’Outil en Main ® qui se voit récompensée. Créée en 1994, elle s’est donnée pour ambition de faire appel à des artisans et des artisans d’art à la retraite pour initier les jeunes aux métiers manuels. L’Outil en Main regroupe aujourd’hui 235 associations, réparties dans 68 départements, en métropole, également en Guadeloupe et Guyane. Chaque semaine, 3 500 jeunes de 9 ans et plus sont accueillis par les 5 500 bénévoles. Une occasion pour s’initier durant l’année à trois ou quatre disciplines différentes, de développer sa dextérité en découvrant les gestes et les outils et de réaliser son « chef-d’œuvre »… Une initiative révélatrice de talents, puis que l’expérience suscite de multiples vocations. En effet, 40 % des jeunes passés par L’Outil en Main ® choisissent ensuite un métier autour de l’artisanat.

Accompagnée par la Fondation, L’Outil à la Main ® pourra développer davantage son réseau d’associations, soutenir le recrutement de bénévoles (notamment dans les métiers d’art), et mettre en place des modèles innovants d’ateliers destinés, par exemple, aux jeunes en situation de handicap. Avec ce prix, l’Outil en main bénéficie d’un don de 50 000 € ainsi qu’accompagnement jusqu’à 100 000 € pour réaliser un projet destiné à faire rayonner l’univers des métiers d’art.

Le Mondial de l’Optique se tenait à Paris du 23 au 26 septembre avec sa cohorte d’exposants, opticiens, fabricants, éditeurs, scientifiques ou Meilleur Ouvrier de France, spécialiste en verre optique ou spécialistes en montures recyclées… sous la présidence d’Amélie Morel. Comment la technologie peut-elle révolutionner l’industrie à 180°, du concret au virtuel, de la lunette intelligente au metaverse, c’était la question de cette 56e édition qui accueillait pour la première fois le Concours Design Optique 2022 dont le jury était présidé par Emmanuel Gallina.
Stimuler la création, être un tremplin pour la jeune génération, les jurés ont sélectionné 7 projets qui ont fait l’objet d’un prototypage et ont été examinés en regard de leur dimension design, créative et innovante, de l’usage, de la fonction et de leur faisabilité. L’optique de demain se dessine, des montures jusqu’aux verres, version connectée ou version bijoux.
Le jeune Italien Vincenzo Panico, de la Nuova Academia di Belli Arti de Milan, sous la direction de Denis Santachiara, proposait les Googgless, des verres bijoux à porter pour se défaire du TDA, Trouble de la dépendance à Internet, à porter comme un » médicament » pour se libérer de la « maladie des écrans ». Alessandro Battaini, également sous la direction de Denis Santachiara, proposait les lunettes SI, destinées aux personnes qui après 40 ans commencent à souffrir de presbytie, livrées sous forme de fichier numérique, à réimprimer en 3D en cas de perte. Sessa Martina, sous la direction de Tattoni Guido, proposait Sonder, un projet conçu pour les générations de smart workers futures.

Le designer Diego Sparte, proposait Knot, des lunettes inclusives soucieuses des personnes souffrant d’arthrite, maladie auto-immune qui affecte les petites articulations. Jocelyne Boisson de l’Ecole Supérieure de Design des Landes de Mont-de-Marsan, proposait Percy, qui interroge sur le devenir des éco-systèmes marins et recycle le plastique extrait des océans. Avec Oora, Silvana Migliozzi cible les générations Y et Z, constamment connectées, leur offrant la possibilité de prendre en note des citations ou autres recherches compulsives, grâce à une micro-camera intégrée dans les branches.


Finalement, c’est Adi Abramov, dirigé par Uri Samet, qui en proposant Unfoldable, un concept durable et écologique, sans charnière ni vis, a remporté les 10000 euros du Prix du Design à partager avec son Ecole, la Shenkar College of Engineering, Design and Art de Ramat Gan en Israël.
Le Silmo, un salon international à suivre en novembre à Istanbul, en mars 2023 à Copenhague, en avril à Singapour, Barcelone, Prague, Porto pour revenir du 29 septembre au 2 octobre 2023 à Paris. Une marque qui voyage.

Le 26 août, Brokis organisait la 3e édition de la Glassmakers Night, dans son usine à Janštejn, en plein cœur de la campagne tchèque et en présence de son fondateur Jan Rabell. L’occasion de découvrir les coulisses de la verrerie et de dévoiler en exclusivité les nouvelles collections, imaginées par la directrice artistique de la marque, Lucie Koldova.
« Il y a 25 ans, j’ai voulu donner une chance au monde du verre et changer la façon de le produire » déclarait Jan Rabell lors de son discours d’ouverture à l’occasion de la Glassmarkers Night le 26 août dernier. Pour cet homme ayant précédemment évolué dans le secteur de la finance, quitter la ville pour la campagne en rachetant cette soufflerie de verre en 1997, était un pari. Au fil des années, il a su s’appuyer sur le savoir-faire de ses artisans souffleurs pour tenter de faire monter en gamme le monde du verre. En 2006, la marque Brokis est créée. Depuis, la maison est devenue une référence haut de gamme et signe l’excellence du savoir-faire tchèque, dirigée par sa directrice artistique depuis 2010, Lucie Koldova.


Trois nouvelles collections, entre élégance et brutalité
À son arrivée en 2010, Lucie Koldova n’imaginait pas atteindre de tels résultats. Pour cette designeuse originaire de Prague , intégrer Brokis était l’opportunité de découvrir de nouveaux savoir-faire et de faire évoluer sa pratique du design. « Je n’avais encore jamais fait de luminaires, je me suis dit que c’était l’occasion parfaite pour se lancer ». Douze ans plus tard, l’inspiration ne manque pas, tandis qu’elle proposait lors de la Glassmakers Night, les trois nouvelles collections 2022 : Overlay, Prisma et Orbis.

La collection Overlay, présentée en exclusivité lors de l’évènement, est inspirée de l’architecture. Au cours de sa présentation, Lucie Koldova explique avoir toujours aimé faire interagir les matières entre elles. « En tant que directrice artistique, je me dois de proposer le plus de modèles inédits. Le but premier de Brokis est de combiner le verre, qui reste évidement le matériau principal, mais également de le confronter à d’autres matériaux tels que le bois, le métal, le cuir… » De fait, la structure qui maintient la partie en verre est faite en béton composé à 60 % de chutes de verres. Un surplus de matière qui sert également à faire le BrokisGlass, cette nouvelle matière créée par Brokis, que Lucie Koldova avait par ailleurs présentée lors d’un talk Intramuros à la Paris Design Week en septembre 2021. « Cette collection est un vrai accomplissement, car nous avons réussi à créer un nouveau matériau que nous pourrons ajouter à nos prochaines collections » conclut-elle.

La deuxième collection, Prisma, puise son essence de l’architecture brutaliste. Faite en métal en zinc traité, elle se démarque par sa singularité. « Je dirais de cette collection qu’elle est audacieuse. En tant qu’architecte et designer, il est important de savoir repousser ses limites et de sortir du cadre pour aller encore plus loin. C’était un vrai challenge pour moi. » Prisma dévoile ainsi des modèles qui produisent une lumière forte, à l’image de son design. Si cette collection semble plus « sombre » par rapport à ce que Brokis a l’habitude de proposer, Lucie Koldova explique notamment qu’à travers les différentes facettes, les jeux de lumières et de couleurs produits par les luminaires, l’élégance et la sensualité de Brokis arrivent à se distinguer.


Enfin, la dernière collection, intitulée Orbis a été créée pour s’adapter à tous les espaces. Inspirés des bulles de savon, les luminaires sont disponibles en 3 tailles différentes, permettant de former une association intéressante et singulière. Inaugurées au printemps, les premières versions existaient uniquement en gris. Pour cette rentrée, que Lucie Koldova voulait plus colorée, Orbis dévoilait trois nouveaux coloris : caramel, gris rosé et kaki.



L’édition 2022 de la Paris Design Week (PDW) est placée sous le signe du méta-sensible. Durant dix jours, ce festival du design anime la capitale, rythmé par des installations dans des lieux insolites investis par des designers renommés et des artistes, des expositions de créateurs émergents, des mises en scène dans des showrooms. Suite des repérages de la rédaction.
Détour scandinave à l’Institut suédois
Vêtements, aménagements d’intérieur ou urbanisme et développement urbain, Swedish Secrets lève le voile sur le design scandinave contemporain à l’Institut suédois. Dans une scénographie imaginée par le duo de designers franco-suédois Färg & Blanche, plus de quarante designers, architectes et créateurs de mode engagés pour une société plus durable exposent leur travail, par exemple, autour de la collection iconique de l’éditeur danois Carl Hansen & Søn.

À l’espace Froissart, Maison Papier présente le premier luminaire vendu avec son NFT
Près de l’Intramuros galerie, la maison d’édition Maison Papier participe pour la première fois à la Paris Design Week. Fondée par Claire Germouty, elle expose ainsi à l’espace Froissart la lampe Circea+NFT, designée par Luc de Banville, et qui sera vendue avec son NFT, grâce à un partenariat inédit avec Minting.fr. Sur le stand seront également présentés le paravent Allegria, imaginé par Sandra Biaggi ainsi que les chaises Vanves proposées par Grégoire Borach, conçues à partir de chutes de papier compressées, le Drop Cake, imaginé et crée par Sophie Chénel (Procédés Chénel).




L’Ameublement français à la Monnaie de Paris
L’Ameublement français rassemble 380 entreprises françaises de la fabrication d’ameublement et de l’aménagement des espaces de vie. À la Monnaie de Paris, elle accueille, à travers l’exposition « Psychanalyse d’un meuble à quatre pattes », le cabinet de curiosités pensé par le décorateur et designer Vincent Darré pour explorer avec audace et malice les pièces de mobilier des manufactures de haute tradition françaises sous toutes leurs coutures.

L’Atelier de recherche et de création du Mobilier national
Haut lieu de patrimoine et acteur majeur de la création, le Mobilier national dispose, avec son Atelier de recherche et de création, de la structure idoine pour promouvoir le design contemporain en France. Deux de ses pièces sont présentées lors de la PDW : la nouvelle chaise de la BnF conçue par le designer Patrick Jouin, et l’ensemble Eidos XXI (bureau, bibliothèque, luminaires) de Benjamin Graindorge et Valérie Maltaverne.

Fragments, à la Fondation Le Corbusier
Fragments est une collection de meubles et d’objets en marbre de la Seine, imaginée par le designer Anthony Guerrée, éditée par M éditions et présentée à la Fondation Le Corbusier. Son travail, réalisé aux côtés d’artisans marbriers, transcende la beauté brute de la pierre pour donner vie à des pièces fonctionnelles (table basse, chaise longue, lampadaire), se révélant dans les jeux d’ombre et de lumière chers au grand architecte.
Collection Bleu Nuit à la Faïencerie Georges
C’est dans sa boutique de la rue Charlot que la Faïencerie Georges va présenter sa nouvelle collection, Bleu Nuit, d’assiettes en faïence, avec toujours ce remarquable travail de décoration à la main sur émail cru. Depuis quatre générations, le symbole des deux nœuds verts de la marque nivernaise continue de garantir les règles d’or de la faïencerie française.

Carte blanche à Hanna Anonen à l’Institut finlandais
Lauréate du prix Jeune Designer décerné par Design Forum Finland en 2021, Hanna Anonen est une designeuse aux multiples talents, dont la conception d’espaces, le graphisme et la création de pièces de mobilier et d’objets usuels. Bois peint et couleurs vives sont sa marque de fabrique, qui renouvelle la tendance sobre et minimaliste du design finlandais dans des formes géométriques plus rythmées et joyeuses.


Parcours des décorateurs : la French touch de Christophe Delcourt
Dans le cadre du Parcours dédié, le talent des grands décorateurs français est convié pour montrer leur aptitude à traduire le chic et l’élégance en mobilier. Aux côtés de Charlotte Biltgen, Jean-Pierre Tortil, Chahan Minassian ou Laura Gonzalez, notons la présence de Christophe Delcourt, créateur indépendant et designer de la conception des systèmes d’assises et des ensembles de canapés Daniels de la marque Minotti.
Première pour la galerie David Zwirner
Réputée pour être l’une des trois plus grandes galeries d’art contemporain de Paris, la galerie David Zwirner participe pour la première fois à la Paris Design Week. Trois ans après l’ouverture de sa galerie parisienne, rue Vieille-du-Temple (dans l’ancienne galerie Yvon Lambert), l’enceinte parisienne du collectionneur parmi les plus influents du monde de l’art, selon le magazine « Art Review », va encore élargir son champ de création.

Le méta-sensible aux Archives nationales
Le magazine « Elle Décoration » propose, dans le cadre du parcours Factory, une intéressante exposition autour des NFT, conçue par Jean-Christophe Camuset, aux Archives nationales (salon princesse de Soubise). Treize duos composés d’un designer et d’un professionnel des NFT y sont invités autour du thème du méta-sensible.

M&L Craft au rendez-vous Materials & Light
Materials & Light vous donne rendez-vous les 12 et 13 septembre 2022 au Carreau du Temple pour deux jours D’exposition, de conférences et de workshops sur le thème des matériaux innovants pour l’architecture et le design. Nouveauté de cette édition : M&L CRAFT, une exposition et un cycle d’ateliers sur le thème des matériaux et savoir-faire d’exception.
Carreau du Temple | 4 rue Eugène Spuller, 75003 Paris

De retour à Villepinte du 8 au 12 septembre, Maison & Objet a décidé de centrer sa seconde édition annuelle autour du thème du méta-sensible.
Avec 2 182 exposants attendus, Maison & Objet tend à créer un choc d’expériences qui oscilleront entre réalité et virtuel. « En 2020, nous avons tous été en mode résistance, en 2021, en mode résilience. 2022 marque une volonté de renaissance », témoignait à ce sujet Vincent Grégoire, directeur consumer trends & insights chez NellyRodi, et instigateur du thème.
Cristina Celestino, designeuse de l’année à M & O
Enfant, l’Italienne Cristina Celestino s’intéressait aux dessins de couleur et aux jeux créatifs mais sans plus. Aujourd’hui, elle juxtapose des matériaux remarquables pour des expériences tactiles exceptionnelles.


Future on Stage : un tremplin consacré aux jeunes entreprises du design
Grande nouveauté, le tremplin Future on Stage veut faire profiter de l’écosystème du salon aux jeunes entreprises qui font avancer le secteur du design, de la décoration et de l’art de vivre. Une occasion non négligeable de gagner en visibilité.
Les Rising Talents seront hollandais
Dans le cadre du programme Rising Talent Awards, six designers et un artisan d’art des Pays-Bas ont été sélectionnés, et leur travail sera présenté par l’Atelier néerlandais. Le mélange d’un héritage cosmopolite, moderne et poétique et d’une vision plus critique de notre système de consommation.

23 talks organisés en live
Cette année encore, le salon Maison & Objet sera l’occasion d’ouvrir les débats sur divers sujets. Pas moins de 23 talks sont attendus, abordant des thèmes liés au mobilier, aux matériaux, aux processus de création, aux NFT, aux espaces de travail, au design culinaire et bien plus encore…

Le designer Tristan Auer et la maison Lelièvre Paris s’associent une deuxième fois pour réaliser Najd, la nouvelle collection de tissus, pensée pour des assises et des rideaux.
C’est en 2020 que se croisent pour la première fois les chemins de Tristan Auer et de Lelièvre Paris avec une première collection capsule Premier Acte, éditée et réalisée par Red Edition. Fructueuse, elle mène alors à cette collection Najd, qui tire son nom du désert éponyme d’Arabie Saoudite.
Une collection de tissus qui invite au voyage
Les pièces emblématiques de cette collection rappellent le désert du Najd, de par les couleurs naturelles et argileuses des tissus, allant des jacquards en coton au lin.


Les références au désert se retrouvent aussi dans les noms parfois tirés de l’arabe, comme le tissu de haute performance Khaïma, qui signifie « tente ». Déclinable en six coloris, il se retrouve du beige au marine en passant par le terracotta. Même inspiration dans le Nomade où les motifs évoquent les moucharabiehs – un ornement de fenêtre ou de balcon – typiques de la région. Désert reprend lui l’idée des vagues de sable avec son jacquard écru ou ficelle tandis que Dunes se focalise sur les courbes utilisées dans les motifs en trois coloris. Le désert est ainsi omniprésent avec Héritage qui se pense comme une vision aérienne du paysage, motifs irréguliers s’opposant les uns aux autres dans différents tons chauds. Enfin, le jacquard Sillons se démarque par son motif, formé de lignes verticales et horizontales irrégulières déclinables en quatre coloris.

Le 19 mai dernier ont été désignés les lauréats de la 13e édition des Varallia Design Awards 2022, avec une remise des prix début juillet. Les jurys ont choisi de mettre à l’honneur Elise Souchet, Stanislas Raba, Nicolas Mizzon, Jeanne Bonaimé et Loïc Pellissier. Retour sur ces jeunes créateurs.
« Notre raison d’être est de ré-imaginer le verre pour construire un avenir durable. Nous voulons redéfinir la façon dont le verre est produit, réutilisé et recyclé, pour en faire le matériau d’emballage le plus durable au monde » s’est fixé comme objectif Verallia, leader européen de l’emballage en verre pour les boissons et les produits alimentaires. C’est autour de cette thématique durable qu’ont eu lieu les Verallia Design Awards 2022, avec 170 projets proposés par des étudiants et jeunes diplômés en école de design, packaging et Beaux-Arts.
Catégories « Bières » « Vins tranquilles et effervescents » et « Spiritueux »
Dans la catégorie « Bières », Samy de Jeanne Bonaimé l’emporte grâce à son look futuriste. L’étudiante en Bachelor design produit et innovation à Bellecour Ecole de Lyon a ainsi créé un produit pratique, sensible aux contraintes du monde du verre.

Elise Souchet remporte la catégorie « Vins tranquilles et effervescents » avec Mue, remarquée pour son effet « seconde peau ». Mi nue, mi mue, ce produit de la créatrice de la Cité scolaire Raymond Loewy de la Souterraine a séduit le jury.


Quant à Genever de Stanislas Raba et Nicolas Mizzon, il est choisi dans la catégorie « Spiritueux ». Un hommage rendu aux codes des spiritueux par son design reconnaissable qui récompense ce duo diplômé de l’Université de Technologie de Compiègne.
Le coup de cœur de Lucile Viaud
Désignée comme marraine de cette 13e édition, Lucile Viaud a choisi Bottle Cap de Manon Choux, son coup de cœur. Couleurs ambrées, cônes, l’étudiante à ESAAB de Nevers a choisi le houblon comme modèle pour sa bière : un choix audacieux récompensé.


Loïc Pélissier, prix spécial pour Torche
Cet étudiant au Lycée Polyvalent Rive Gauche de Toulouse a imaginé Torche sur le thème donné : évènement sportif. Avec sa forme aux courbes rappelant une torche, la bouteille a particulièrement été travaillée pour être commercialisable.

Le 23 juin, le festival Design Parade s’est ouvert à Toulon avec les expositions d’architecture d’intérieur suivies le lendemain par l’inauguration des expositions de design à la villa Noailles à Hyères, un évènement à la fois grand public et pointu. Au total, 20 jeunes talents entraient en concurrence avec des projets de grande qualité. Découvrez les lauréats de cette édition 2022.
Depuis 2006, la villa Noailles accueille la Design Parade, fondée et dirigée par Jean-Pierre Blanc et présidée par Pascale Mussard. Le festival se divise depuis 2016 entre Hyères – pour le design – et Toulon -–pour l’architecture d’intérieur. Il a pour mission de mettre à l’honneur 20 jeunes créateurs, en leur offrant une vitrine ainsi qu’un accompagnement complet pour la réalisation de leur présentation. Dans chaque section, un jury professionnel récompense des lauréats dans des prix rendus possible grâce à une dizaine de partenariats qualitatifs (comme le Mobilier national, la fondation Carmignac ou encore la manufacture de Sèvres, Chanel…) Les expositions sont ouvertes au public jusqu’au 4 septembre pour celles de Hyères et jusqu’au 30 octobre 2022 pour celles de Toulon. Cette année, le jury de Toulon était présidé par Rodolphe Parente – également invité d’honneur – et retenu pour son style percutant et glamour. Quant à Hyères, le choix s’est porté sur Ineke Hans et son design et sa recherche d’économie de matière.
Design Parade Hyères 2022
Grand Prix du jury : Claire Pondard & Léa Pereyre
Le projet Anima II, réalisé par Claire Pondard & Léa Pereyre a remporté le Grand prix du jury ainsi que le Prix du public de la ville de Hyères pour leur recherche alliant matériau et robotique : Anima II sont des formes mouvantes, qui réagissent à la présence humaine grâce à des capteurs de mouvements : dans un esprit de créatures abyssales, des « simples » feuilles de plastique en 2D se transforment en formes organiques qui montent, descendent et s’étendent.
Ce Grand Prix du Jury de la Design Parade Hyères dote le duo d’une résidence de recherche d’un an à Sèvres, de la participation au concours en 2023 en tant que membre du jury accompagnée d’une exposition personnelle à la villa Noailles ainsi qu’un séjour de recherche d’un an au Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques de Marseille (Cirva) afin de réaliser un vase en trois exemplaires.


La Mention spéciale du jury pour Stéven Coëffic
Stéven Coëffic avec son projet « Un moment de distraction fonctionnelle » et ses objets colorés majoritairement réalisés en céramique et en verre reçoit la Mention spéciale du jury. Par sa série de neuf objets, le designer joue avec les codes d’ouverture et de fermeture, les redéfinissant : le coffre s’ouvre grâce à un point de connexion, le lampadaire s’allume par la superposition de deux objets … La démarche design se veut intemporelle avec ses objets qui ne nécessitent pas d’électronique et ses formes simplifiées.
Un prix fruit de l’association d’American Vintage avec le festival qui offre à Stéven Coëffic une dotation pour créer une pièce en collaboration avec eux.

Design Parade Toulon 2022
Madeleine Oltra & Angelo de Taisne : consacrés par 4 prix
Le duo a fait une prestation fracassante à la Design Parade Toulon 2022 avec Sardine Sardine en remportant pas moins de 4 prix avec le Prix Chanel, le Prix Van Cleef et Arpels, le Prix Carmignac et le Prix du jury. Sardine Sardine nous plonge dans sa tente en toile aux couleurs chaleureuses et dorées. Entre la Ricorée, les figues sur la table, le lit de camp et la bouilloire frémissante, ce projet offre une immersion complète appelant à l’aventure. Le duo a dessiné les différentes pièces de mobilier, a su décliner des fauteuils et des lits d’appoints les codes du matériel de camping (matériau, technique) et a repris dans les coutures des revêtements des matelas gonflables. La « tente XXL » est entièrement démontable et transportable sur un toit de voiture équipé. Les deux jeunes designers se sont ingéniés à détourner des matériaux (tapis de sol) pour mieux revisiter les objets du quotidien dans un principe ergonomique.
Créé en 2019, le Prix Visual Merchandising décerné par Chanel permettra au duo de réaliser un projet de création à hauteur de 20 000€. Ce dernier sera exposé lors de la Design Parade Toulon 2023. Quant au Grand prix Van Cleef & Arpels, il dote les gagnants d’une bourse de 5 000€. Nouveautés 2022 : un accompagnement en conseil en image et relations presse par l’agence David Giroire Communication est proposé pendant un an ainsi qu’une possibilité de collaborer avec Delisle pour créer une pièce d’une valeur de 10 000€. Sans oublier le développement d’un projet créatif avec Codimat Collection, projet ayant vocation à rentrer dans les collections de la maison. Enfin, 2022 marque également l’arrivée de la Dotation de la fondation Carmignac qui récompense le duo avec une participation au concours en tant que membre du jury, une exposition personnelle à Toulon à la Design Parade Toulon 2023 et une invitation dans une résidence à créer un objet faisant le lien avec la philosophie du lieu.




Paul Bonlarron, Prix du Mobilier national à Toulon
C’est dans la matière molle que Paul Bonlarron trouve son inspiration et pense sa toilette aux coquillages comme une coquille habitable, mêlant miroir de nacre, fresque rocailleuse et motifs marins sur les pas des rocailleurs méditerranéens du XVIIe siècle.
Ce Prix du Mobilier national lui offre alors l’occasion de développer un projet créatif avec son l’Atelier de Recherche et de Création (ARC). L’institution – qui met en avant le design contemporain – permettra à Paul Bonlarron de présenter en 2023 son prototype au cours d’une exposition scénographiée par lui.
Prix du public de la ville de Toulon pour Marthe Simon
L’oursinade remporte le Prix du public de la ville de Toulon pour son intérieur évoquant l’oursin avec ses motifs inspirés de la villa Kérylos.


La distribution du mobilier a toujours été pour les éditeurs, les fabricants ou les distributeurs, de l’ordre du casse-tête. Comment gérer les stocks ? Comment choisir les couleurs ? Comment répondre aux commandes en hausse de 20 % malgré le confinement, la crise de la Covid 19 et un taux de croissance finalement selon l’INSEE de 7% pour 2021. Tentatives de réponses de SIFAS, la CFOC, MY Design et MODA International.
SIFAS et le stock logistique
Le directeur général de Sifas, Jérôme Armaroli, explique avoir toujours mis en place, une politique de stock pour des livraisons rapides. La marque, originaire de Cannes, qui existe depuis 50 ans a toujours su répondre à la demande. La crise qui aurait pu les effleurer à la sortie du 1er confinement s’est limitée à une légère baisse, immédiatement résolue en mars 2021 pour refaire les stocks pour 2022. « Avoir un niveau de stocks important est essentiel pour fournir un marché de l’outdoor en pleine expansion, où canapés et fauteuils, se déplacent en un mouvement de l’intérieur vers l’extérieur. Le passage du salon sur la terrasse se fait dans un même élan. Sifas dispose d’un stock logistique à Lille, 10000 m2 de hangar à Houplines, petite commune (7800 habitants) des Hauts de France, près de la frontière belge et les meilleures ventes de la marque sont le canapé Komfy d’Eric Carrère qui propose six références déclinées en trois couleurs. Il permet de faire le maximum de combinaisons avec le minimum d’éléments. C’est actuellement le salon bas le plus vendu en Europe dans le haut de gamme premium après Dedon, Royal Botania, Cassina, B&B Italia et Minotti. Grâce à l’Ameublement Français/le French Design, la bataille du made in France semble gagnée. Samuel Acoccebery était convoqué le 21 janvier à l’Elysée pour la remise des « French Design 100 Award winners », pour célébrer aux côtés d’Emmanuel et Brigitte Macron, le succès du design français qui peut compter sur 1700000 entreprises artisanale et 3,1 millions d’actifs. »


Sifas offre une customisation maximale avec seulement six références grâce à un gros travail en amont sur le design dans le bureau interne qui compte trois personnes et qui effectuent des allers-retours incessants et permanents d’ajustement avec les designers pour un délai de livraison entre huit et quinze jours. « La particularité du outdoor exige une saisonnalité de mars à juillet. Les autres entreprises ont été dépassées par les événements. Sifas a su anticiper le problème. Avec seulement 50 personnes en France mais ses propres usines en Chine, Sifas peut alimenter sans problème l’Europe mais également les Etats-Unis avec une offre en couleurs en permanence stockées : blanc, taupe ou gris. Si un besoin particulier se déclare, Sifas produit en quatre semaines des produits à la carte qui jouent avant tout de la qualité d’une soixantaine de tissus sur une structure en aluminium recyclé. Tout est organisé à l’avance pour produire de deux pièces à deux cents pièces supplémentaires qui seront livrées à 95% par camion. Car l’avenir du design, c’est le fret et en transport, malheureusement, le fret ferroviaire été abandonné. Sernam, Gondrand, Shenker sont les transporteurs français qui essaient d’éviter les ruptures dans ce fil de livraison de mobilier monté. Pour les transports intercontinentaux, c’est encore le bateau avec une seule gare en Europe, à côté de Brême, l’aboutissement moderne des nouvelles routes de la soie. »

Sifas a un seul objectif : la durabilité des produits. Une structure en aluminium dure 20 ans, qu’elle soit peinte en bleu, blanc, gris ou avec effet bois. Sifas s’insurge de la déforestation des grandes forêts primaires où l’on coupe le teck et autres bois tropicaux. Elle affiche un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros et une progression de 20%. Le confinement a donné le temps aux gens de réfléchir aux multiples possibilités d’utiliser l’extérieur, de faire véranda, pergolas ou lodge. Le marché explose en euros devant un dollar fragilisé où il n’est même plus la seule référence en Chine. La dernière collection BIG ROLL du Döppel Studio (Jonathan Omar et Lionel Dinis Salazar) devrait y trouver son public.
Un nouveau CEO à la CFOC
A la CFOC, la Compagnie Française de l’Orient et de la Chine, Louis Desazars, CEO depuis juin 2020 travaille sur le sujet en réflexion quotidienne avec sa Directrice de la Création, Valérie Mayéko Le Héno, et sa directrice marketing, Chloé de Lamberterie, toutes les deux en accord pour suivre les traces du fondateur de la marque François Dautresme. Cet explorateur revenait de ses voyages, les bras chargés d’histoires et de trésors qui faisaient découvrir la richesse des arts de la table, des textiles et l’excellence et la simplicité de la vie paysanne. La collection Pierres de rêve entraîne le visiteur dans la province du Yunnan où les veines du marbre invitent à se laisser guider par la fluidité des eaux. La collection de Valérie Barkowski installée au Maroc, interroge les savoir-faire, explore la broderie et la passementerie ou décline des matières naturelles travaillées avec les savoir-faire chinois, une porcelaine teintée dans la masse avec un émail mat.

« Dans l’ensemble, la CFOC a été épargnée par la crise de la Covid-19 et a réalisé une très belle année 2021 avec plus de 30% de croissance par rapport à 2020 et 2019. Il n’y a pas eu de croissance du trafic mais le panier moyen a connu une croissance à deux chiffres. La boutique est sans cesse remaniée. Elle fait office à la fois de showroom et d’espace de vente. Le site a été refait en octobre 2021 et permet ainsi à la marque CFOC avec ses deux boutiques du boulevard Haussmann et du Boulevard Raspail de prendre sa place de petit acteur dans le monde compétitif des arts de la table et de la décoration. C’est aussi l’opportunité de comprendre les attentes du consommateur, placé au cœur de la réflexion. C’est une marque sur un luxe artisanal où l’on voit la matière avec des objets qui ont du sens et de la profondeur. Le story-telling qui l’accompagne insiste sur les matières sensorielles et naturelles comme le papier Washi ou le coton Khadi. La CFOC propose des produits qui ont du sens, moins industriel, avec un retour sur l’artisanat, des choses plus sensibles, moins mais mieux. La boutique propose 1200 références actives, des objets à la portée de tous.


La CFOC ne suit pas de tendance mais reste fidèle à son style intemporel et contemporain, en ligne et avec les attentes des consommateurs. Sa clientèle fidèle des années 60 a passé le relai aux jeunes générations. Nous ne faisons pas de listes de mariage mais un service personnalisé avec possibilité de broderie sur textile ou gravage sur laque. Notre problématique est celle des artisans, livrer dans les délais et éviter les goulots d’étranglement. Ils manquent de main d’œuvre. Il faut former, former et former. Le saladier en laque Mandarin est fabriqué dans un atelier au Viet-Nam où des artisans experts multiplient les couches pour obtenir cet éclat unique et parfait. Les nuages de Céline Wright en papier Washi fabriqués à Montreuil, flottent dans l’espace. La crise impose de nouveaux délais, parfois trois mois, voire six, voire neuf. Mais c’est le temps minimum pour un produit de qualité. »
MY Design, une histoire de famille
Ancienne PDG de la SAS MY Design, Marie-Line Salançon a passé la main en Août 2021 à son fils Léonard. Une histoire de famille… Baignant dans le design depuis sa naissance au sens propre comme au figuré, Léonard Thomas est une encyclopédie du design qui sait argumenter auprès de ses clients et faire l’éloge d’un design de qualité.
« Avec la crise de la Covid 19, les clients ayant besoin de se sentir en sécurité, nous avons décidé d’ouvrir notre boutique uniquement sur rendez-vous. Nous leurs proposons des horaires très souples, tous les jours de la semaine sauf le dimanche. De plus nous offrons des services supplémentaires comme la mise sur plan et les conseils en décoration. Pour compléter ce dispositif, nous nous déplaçons également chez eux pour leur apporter notre expertise, les aider à choisir les finitions et les dimensions du mobilier comme des luminaires. Pour gérer la croissance de la demande, nous venons de recruter deux nouveaux collaborateurs et deux étudiants en alternance ce qui nous permet de répondre à cette évolution. Malgré la situation actuelle, nos principaux partenaires ont réussi à préserver les délais de fabrication qui sauf exception ne dépassent pas les deux mois. Nous avons un dépôt qui nous permet de stocker toutes les marchandises souhaitées. La pénurie s’est légèrement fait sentir sur certains bois (comme le teck) et l’acier naturellement mais apparemment nos partenaires savent gérer leur stock et leurs réserves. Nous valorisons toujours les designers. Le savoir-faire ne suffit pas. Il faut une signature et c’est un vrai métier. Nous mettons toujours en avant le nom des designers, leur créativité et leur travail »

« Pour renouveler les collections, nous visitons régulièrement les usines de nos partenaires afin de voir en avant-première, les nouvelles créations. Ce sont des choix coup de cœur mais l’esthétique et la fabrication doivent suivre. Une boutique à Paris est essentielle. A l’air du numérique et des ventes sur les sites internet, nos clients ont besoin d’être rassurés, conseillés et accompagnés. Voir un canapé, l’essayer, regarder les tissus ou les cuirs, avoir un conseil pour les dimensions et savoir que nous sommes là pour gérer les moindres problèmes jusqu’à l’installation chez le client sont des points importants. Cela ne peut se faire qu’avec un showroom. Prendre le temps de recevoir est essentiel. Nous vendons des produits luxueux. Il faut un vrai service à la hauteur ! »

Chez MODA, la boutique est le lieu
Pour Pascal Dessagnes, PDG de MODA International, faire revenir le client en boutique a toujours été une préoccupation et « pour être précis, la demande a toujours été constante malgré la pandémie et le confinement. MODA avec ses spécificités cultive et développe une offre comme à la maison avec ses produits, ses projets et ses réalisations de lieux de vie ou d’espaces de travail. Cet état d’esprit se retrouve dans les showrooms. Plusieurs éléments doivent participer à la gestion d’une demande en croissance : une sélection plus rigoureuse et cohérente des produits, une offre de services plus complète et plus performante pour nos clients et un process de gestion de la demande au sein de MODA. Malgré la situation actuelle, cette période très particulière n’impacte pas les délais de livraison qui se situent toujours autour de 8 à 10 semaines. Mais nous l’assurons grâce à un dépôt de 2500 m2. Pour les matières « métaux », on peut noter une augmentation des coûts due, en effet, à une forte demande du marché, d’où des augmentations des tarifs produits.


Chez MODA, le designer est un atout, un gage de qualité de produits et de services, une signature. Avec la même exigence, le même état d’esprit, nos clients recherchent des produits signature, expressions créatives, vecteurs d’image et l’esprit « designers ». Pour renouveler une collection, il faut anticiper les tendances du marché et accompagner nos clients dans la sélection de nouveaux produits, d’éditeurs et de fabricants. Véritable laboratoire de recherches et de réalisations, le bureau d’étude est au cœur de ces renouvellements permanents. La gestion et l’application de nouvelles valeurs telles que l’écologie et l’éco-responsabilité au quotidien ont un rôle déterminant. Une boutique à Paris est indispensable car au de-là du virtuel, du web et des réseaux sociaux, elle offre en présentiel le plaisir « d’essayer un canapé, d’en apprécier les formes, les matières, le moelleux ou la fermeté. La boutique est le lieu, l’espace de leur meilleure expression. Le lien avec le client. »

Objets désirables, indispensables de la cuisine moderne, le petit électroménager se pare de couleurs chatoyantes ou pastel. Une évolution marquée au cours des décennies. Compléments en images de l’article « couleurs en cuisine » disponible dans le numéro 211 d’Intramuros, bientôt en kiosques.
Mixeurs, grille-pain, bouilloires ou robots, les appareils de l’électroménager ne sont plus exclusivement blancs comme autrefois, symbole de propreté et d’hygiène des années 50. A l’image du frigo, acquisition de base de l’équipement de la cuisine.

En 1955, coup de tonnerre dans le monde de l’électroménager ! Fort de son succès et boosté par les stars de l’époque, le K5A, robot pâtissier de Kitchenaid dessiné en 1927 par Egmont Arens, sort de l’ombre et se pare de couleurs, pétale de rose, jaune solaire, vert insulaire, chrome satiné et cuivre vieilli. Puis en 1994, la palette s’enrichit de bleu cobalt, vert pomme, jaune pastel, gris anthracite ou encore tangerine. Le rouge empire remporte, quant à lui, la palme ; grâce à son succès commercial, il devient le flambeau de la marque.

Lorsqu’en 1997, l’Italien Smeg emboîte le pas pour lancer un frigo dans une palette de coloris très fifties, le modèle FAB est devenu, par ailleurs, iconique grâce ce développement par la couleur. Il a influencé la conception des produits du petit électroménager, en reprenant les formes bombées et arrondies du frigo, déclinés en couleurs pastel assorties, comme l’explique Anaïs Le Dizer, chef de produits de la marque. La gamme conçue par Studio Deep Design a connu un succès fulgurant, dans la lignée des concepts des appareils de cuisson, initiées par les architectes et designers de renom Canali, Marc Newson, Renzo Piano.


Le look rétro et la couleur font vendre… Les industriels ont adopté la tendance. Le crème surfe sur le style scandinave tandis que les vert d’eau et bleu azur annoncent la douceur d’un art de vivre proche de la nature. Dans une démarche plus mesurée, le groupe De’Longhi joue les valeurs sûres. Misant sur la couleur comme starter pour bien démarrer la journée, il s’est concentré sur le set du petit déjeuner, proposant une gamme restreinte, en quatre coloris rassurants et intemporels au design résolument rétro. Ou encore, pour sa marque Kenwood, il décline ses robots pâtissiers Titanium d’une touche discrète de rose, bleu ou vert pailleté.


Quand le design s’empare de la couleur
Loin d’être anecdotique, le design s’est immiscé dans les objets du quotidien, apportant une réelle valeur ajoutée au produit ! La couleur a toujours fait partie de l’esprit ludique d’Alessi, afin de rompre avec l’uniformité du design international, dans l’élaboration des objets usuels, tels que le service à thé ou à café. La dernière création, une bouilloire semblable à un morceau de tissu plié, est dessinée par l’architecte designer Michele de Lucchi. La gamme s’est étendue aux petits appareils qui nous simplifient la vie, batteur, mélangeur, grille-pain et presse-agrumes, cinq objets dont le graphisme a puisé ses sources dans l’univers de la mode intemporelle, joyeuse et festive des années 50 à 60.

Chez Hay, qui s’imprègne aussi de la mouvance rétro au quotidien, la gamme est conçue par Georges Sowden l’un des fondateurs du groupe Memphis. On y retrouve l’esprit constructif et ludique des objets de ce mouvement des années 80. Après les sets dédiés au petit déjeuner, certaines marques se lancent sur le marché de nouveaux appareils en lien avec les modes de vie actuels, utilisés par chaque membre de la famille.

On connaissait les robots pâtissiers, voici les robots à tout faire, qui coupent, tranchent, mélangent, mijotent, et sont dotés de multiples fonctions, et de technologies de pointe en lien avec les smartphones. La marque Moulinex du groupe Seb, innove avec des coloris pour son multi-cuiseur interactif, une nouvelle génération sophistiquée de cocotte-minute pour cuisiner tranquille. La couleur a donc son rôle à jouer dans la personnalisation de l’appareil qui sort de l’anonymat du gris métallisé.



Il vous reste moins d’un mois pour candidater à la 22e édition du prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main : les candidatures sont ouvertes jusqu’au 5 avril 2022. Un prix divisé en 3 catégories : Dialogues, Talents d’exception et Parcours.
Depuis 1999, en lançant le prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main, la Fondation Bettencourt Schueller récompense les créateurs qui développent un savoir-faire et innove dans le domaine des métiers d’art. Devenu au fil des années une référence et un label d’excellence, ce prix s’adresse aujourd’hui spécifiquement aux designers et artisans pour les aider à finaliser un prototype et approfondir un projet de développement et/ou de recherche liés grâce à un accompagnement soutenu.
Prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main, Catégorie DIALOGUES
Objectifs : Salue une collaboration entre un artisan d’art et un designer. Cette collaboration doit s’incarner par un prototype suffisamment abouti ou un objet qui témoigne d’un savoir-faire artisanal d’excellence et d’une créativité dans le design.
Dotation : 50 000 € (répartie égalitairement entre l’artisan d’art et le designer)
Accompagnement : jusqu’à 150 000 €, pour le déploiement d’un prototype ou de l’objet afin d’en approfondir l’expérimentation, la recherche et l’innovation.
Les trois derniers lauréats :
- 2021 : Grégory Rosenblat, porcelainier et céramiste, Nicolas Lelièvre et Florian Brillet, designers, pour Aotsugi
- 2020 : Nicolas Pinon, laqueur et Dimitri Hlinka, designer pour le radiateur Entropie
- 2019 : André Fontes et Guillaume Lehoux, designers du studio Noir Vif et Ludwig Vogelgesang, ébéniste, berceau « cage de Faraday »

Prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main, Catégorie TALENTS D’EXCEPTION
Objectifs : Récompense l’excellence d’un artisan d’art pour la réalisation d’une œuvre alliant maîtrise des techniques et savoir-faire et innovation.
Dotation : 50 000 €
Accompagnement : jusqu’à 100 000 €, pour la réalisation d’un projet de développement.
Les trois derniers lauréats :
- 2021 : Karl Mazlo, artisan joaillier, pour Black Garden
- 2020 : Fanny Boucher, héliograveuse et maitresse d’art avec Arboris
- 2019 : Jeremy Maxwell Wintrebert, souffleur de verre à la bouche et à main levée, pour The Beginning : Dark Matter

© Sophie Zénon pour la fondation Bettencourt-Schueller
Prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main, Catégorie PARCOURS
Objectifs : Distingue une structure exemplaire pour son engagement, ses réalisations, sa contribution au secteur des métiers d’art français, sa capacité à entrainer les autres, ses ambitions et projets d’avenir.
Dotation : 50 000 €
Accompagnement : jusqu’à 100 000 €, pour réaliser un projet de développement.
Les trois derniers lauréats :
- 2021 : L’ITEMM (Institut technologique européen des métiers de la musique) dirigé par Carole Le Rendu
- 2020 : Make ICI
- 2019 : L‘IFRAM (Institut de Formation et de Recherche pour les Artisanats des Métaux
Clôture des candidatures 5 avril 2022 (à 23h59)
INFORMATIONS ET INSCRIPTIONS ICI

Sous ses doigts, la terre se transforme en vases à la peau de pêche ou charbon noir, et les arbres se parent d’excroissances céramiques, aux doux volumes hybrides… Remarquées lors de la dernière Paris Design Week, les nouvelles pièces de la designer normande Stéphanie Langard illustrent le pouvoir de transfiguration de la matière, floutant les frontières entre art et design.
Elle prend un malin plaisir à faire passer la matière pour ce qu’elle n’est pas. Designer, sculptrice, céramiste, architecte d’intérieur, directrice artistique, cette créatrice aux nombreux talents, née en 1976, aime surtout insuffler beauté et poésie à ses ouvrages. Diplômée de l’Ecole Supérieure d’Art et de Design (ESAD) à Reims, passée par la case de l’Art Center College of Design de Los Angeles et de la Domus Academy de Milan, elle tient son goût des matériaux naturels et des savoir-faire hautement menés, des heures passées, enfant, dans l’atelier de son père ébéniste. Toutefois, sa grande et luxueuse « Toupie » de verre soufflé, bois d’olivier, lanières de soie et cuivre, impropre à l’usage, remarquée lors des D’Days de 2014 au Musée des Arts Décoratifs de Paris, comme son étonnante « chaise d’arbitre Emile » de 2015, interrogeant de manière espiègle notre aptitude à nous adapter, témoignent de ses dispositions à transcender le geste que lui dicte une technique.

Jeux de Dupes
Sélectionnée, en 2019, pour représenter la France à la 10ème Biennale internationale de la céramique de Gyeonggi, en Corée du Sud, elle semble aujourd’hui revenir à ses premiers amours, en explorant le plus souvent le grès et le bois de Frêne de la Forêt d’Eu, chère à son cœur, pour leurs aspérités et qualités intrinsèques, parfois insoupçonnées. Aidée de dessins très précis, elle fait immerger de la terre des formes sans formes, sensuelles, presque malléables. En effet, la céramique de ses vases aux lignes élégantes, souvent modernistes, semble tendre à s’y méprendre. Leur modelé travaillé au racloir ou au papier de verre peut donner l’illusion d’un feutre de laine qui respire. D’ailleurs, elle semble en avoir fait sa signature que l’on retrouve exposée chez Superstudio, lors de l’évènement « 1000 Vases » pour la Milan Design Week de septembre 2021, ou encore durant l’ultime Paris Design Week, au 80 rue de Turenne, à travers « Bodies », son solo show présentant un corpus de 60 pièces.


La Nature humaine
En septembre et octobre derniers, « Crowned Trees », installation composée de cinq pièces en bois de Frêne et grès a aussi investi la Place du Louvre, entre beffroi néogothique de l’église Saint-Germain-L’auxerrois, nature urbanisée et musée du Louvre. D’un très bel effet, cet ensemble au milieu duquel trônait un imposant tronc accueillant, en son centre, un étonnant « couple », interpellait par son esthétique ambigüe. Travaillant les surfaces irrégulières de ces bois comme une peau jusqu’à en faire apparaître les moires, Stéphanie s’est emparée du déséquilibre de leurs volumes et ondulations, les couronnant de pièces en grès, aux formes organiques, parfois sur le fil, presqu’humaines, qui semblent se parler, s’étreindre, voire réfléchir…


De ces troncs destinés au feu ou à devenir parquet car possédant trop de défauts, Stéphanie Langard fait donc surgir de surprenantes présences, fantomatiques, sensuelles, jouant sur l’illusion de leurs matières, couleurs et reflets éclatants au soleil. Laissant à tous la liberté de se les approprier par le toucher, Stéphanie Langard fait de ses créations design une belle matière à réflexion et à mystère.