
Louis Aspar, l'architecte inspiré par tout, partout
Fondé par Louis Aspar, le Studio Louis Morgan compte de nombreux projets contrastés. Alternant entre l’excentricité colorée d'établissements gastronomiques ou nocturnes, et la sobriété de rénovations privées, l'architecte évoque ses inspirations diverses.
Difficile d'établir une ligne directrice dans les projets du Studio Louis Morgan, fondé en 2012. Et pour cause, l'architecte à sa tête n'aime pas la régularité et les ressemblances. « Au Studio, nous essayons de ne pas avoir de style. Nous estimons que c'est le client qui l'amène avec parfois une idée, une envie ou une passion. C'est à nous de décortiquer son univers pour y amener de la surprise. » Variant d'un projet à l'autre, l'architecte et ses quatre collaborateurs travaillent majoritairement pour des établissements gastronomiques ou hôteliers, auxquels ils confèrent des ambiances tantôt maximalistes, tantôt minimalistes. Une dualité traduite dès les matériaux comme la pierre, minérale, ou le bois, organique, qui, s'ils sont récurrents, s'accordent aux autres médiums de sorte à traduire les inspirations de l’agence.

Construire un monde à part
« Aujourd'hui, on voit passer beaucoup d'images mais tout semble trop automatisé, directif, explique Louis Aspar. Je pense qu'il faut constamment se réinventer en repartant de la base dans chaque projet. Pour nous, la seule chose qui ne change pas, c'est le processus de création. » Travaillant en parallèle des planches d'inspiration et des plans « toujours en noir et blanc pour que la couleur n'influence pas le style », le Studio construit l'espace en simultané. « Avant de faire un beau restaurant, il faut faire un bon outil de travail. Si vous ne pensez qu'en termes de chaises et de tables, vous avez une cantine. Mais il est important d'inclure le visuel dès le début pour ne pas simplement décorer. »
Une vision à la fois architecturale et visuelle que le designer pense avoir hérité de ses années passées dans les ateliers de Jean Nouvel puis auprès d'Ora Ito. « Je pense avoir d'une certaine manière été influencé par la rigueur du premier, et le ligne plus féminine et organiques du second » relève cet ancien élève de l’ENSCI, également inspiré par les proportions du Corbusier et les rapports de contrastes d'Andrée Putman.

« L'architecture doit permettre de s'évader »
Au-delà des grands maîtres français de l'architecture, Louis Aspar conçoit surtout ses projets autour d'inspirations plus personnelles. Du cinéma à la musique, en passant par la Californie et les sports de glisse ou la photographie dont il vendait des clichés aux galeries d'art, à ses yeux, « l'architecture doit surtout permettre de s'évader ».
Parmi les projets les plus significatifs du Studio Louis Morgan, le Giulia, un club parisien inauguré début 2024. Inspiré notamment par le film 2001, L'odyssée de l'espace, ce lieu, dédié aux noctambules, joue avec la lumière grâce à un ensemble de miroirs et aux murs laqués. « Tout peut s'éteindre ou s'allumer à volonté pour venir surprendre avec douceur les utilisateurs. Il y a quelque chose du vaisseau vintage. » Un parti-pris très fort et unique dans les travaux de l’agence qui dévoilait en septembre dernier, le Red Katz, un restaurant chinois situé dans le deuxième arrondissement de la capitale. Maximaliste par ses motifs et la diversité des matériaux qui le compose, l'établissement demeure, dans un tout autre style, l'un des plus flagrants exemples de l'extravagance colorée du studio qui doit livrer, fin avril, Le Palacio. Une nouvelle adresse feutrée, aux détails art déco, inspirée par la filmographie de Martin Scorsese.
