SaloneSatellite : huit designers à suivre de près
©Ludovica Mangini_Salone del Mobile.Milano

SaloneSatellite : huit designers à suivre de près

Cette année encore, le SaloneSatellite a mis en lumière bon nombre de jeunes designers émergents. Retour sur nos coups de cœur de cette 26e édition.

Début avril, le Salone del Mobile de Milan ouvrait pour la 26e fois, ses portes à la nouvelle garde du design. Réunis au sein du SaloneSatellite créé en 1998, « 700 jeunes designers de 37 pays participent pour la première, la deuxième ou la troisième fois au Salon » précise Marva Griffin Wilshire, fondatrice et aujourd'hui commissaire de cette section. L'occasion pour eux de dévoiler leurs travaux et de rencontrer des acteurs internationaux de l'industrie et du commerce.

Initié dès la première édition pour "évaluer les photographies des prototypes des nombreuses demandes de participation”, un comité de sélection hétérogène “composé de 12 personnalités du monde du design” désigne chaque année un corpus de designers âgés de moins de 35 ans. Réunis cette année autour de la thématique “NUOVO ARTIGIANATO: UN MONDO NUOVO//NEW CRAFTSMANSHIP : A NEW WORLD” ils ont, par leurs approches et leurs savoir-faire, témoigné de la transversalité de l'artisanat patrimonial et du design contemporain. Une volonté maintenue par le SaloneSatellite à travers les éditions, et qui donne en outre “un sens de responsabilité à ces designers qui font de leur mieux pour exposer leurs travaux” selon Marva Griffin Wilshire.

Parmi ces nouveaux esprits de la création contemporaine, voici huit coups de cœur de la rédaction.  

Simo Lahtinen

Titulaire d'un master en design industriel de l'école des arts, du design et de l'architecture de l'université finlandaise d'Aalto, Simo Lahtinen développe un univers basé sur « l'équilibre entre la fonctionnalité et la forme pure, naturelle. » Installé à Helsinki où l'architecture et le design nordique inspirent largement son travail, le créateur « recherche des perspectives astucieuses et nouvelles dans les typologies traditionnelles, afin de créer des designs qui soient distinctement contemporains. » Un processus dont émanent des « objets qui semblent à la fois faciles à réaliser et précis. » Une impression renforcée par la recherche formelle de ses pièces. « Je considère que la géométrie, largement présente dans mes pièces, apparaît naturellement dès lors que la structure, la fonction et le matériau sont alignés, en cohérence. » Une philosophie illustrée par le banc Tre présenté cette année. Fabriqués en pin, les profils d'assise triangulaire « minimisent le gaspillage de matériaux, renforcent la solidité de la structure et créent un langage architectural. Tre reflète mon approche, qui consiste à trouver un équilibre entre une forme audacieuse, une construction intelligente et une élégance fonctionnelle. »

Tre bench ©Simo Lahtinen

Marcus Götschl

D'abord ébéniste en Allemagne puis en Norvège pendant plusieurs années, Marcus Götschl se passionne pour le design et se forme en Allemagne à l'Académie de design d'intérieur et de produits de Garmisch-Partenkirchen. Fraîchement fondé - au début de l'année - à Munich, son studio cherche à créer « des objets qui soient à la fois familiers et discrètement nouveaux. » Comprenez par là un éloge aux structures claires et légères en écho avec les nouvelles contraintes sociétales et environnementales. Intéressé par la structure autant que par l'objet en lui-même, le designer cherche avant tout la simplicité visuelle. « La simplification de la construction, la réduction de l'utilisation des matériaux et l'adaptation aux nouveaux modes de vie sont des sujets importants pour moi, non seulement pour des raisons esthétiques, mais aussi pour rendre le design plus durable et plus accessible. » Une approche développée à travers plusieurs matériaux dont il tient une connaissance approfondie grâce à son passage chez ClassiCon comme développeur produit. Présenté au début de l'année, son tabouret Flatpacking - qui pourrait être expédié dans un carton de la taille/forme d'une boîte à pizza -, illustre sa vision du design : une pièce à la fois sobre visuellement et structurellement qui utilise des matériaux fins pour atteindre la stabilité grâce au rapport de tension/compression, sans négliger le confort de l'utilisateur.

Tension stool ©Marcus Götschl

Michael Grandt

Inspiré par la dichotomie du Japon où il s'est installé plusieurs années avant de regagner Düsseldorf, Michael Grandt, fondateur du studio Omote Ura, souhaite « faire vivre des projets dont l'esthétique dure longtemps. » Dessinées pour s'intégrer harmonieusement dans des environnements différents, les pièces du designer jouent avec les contrastes. En témoigne TOMO, un tabouret fabriqué à partir de trois pièces de contreplaqué assemblées et soutenues entre elles par une structure tubulaire en acier. « Les surfaces en bois ont une forme douce et organique, tandis que les tuyaux en acier présentent une structure plus stricte et technique qui s'effacent selon l'angle sous lequel on regarde l'objet. Ce principe de dissimulation des structures techniques derrière des surfaces fluides nous est familier, nous le connaissons tous ; dans les avions, les machines ou même l'architecture moderne. Mais il y a aussi quelque chose de plus imagé qui rappelle le Japon. » Une faculté notamment due au rapport du designer avec la géométrie. « J'ai toujours été intéressé par les sciences et les mathématiques. Bien que l'intuition ait toujours sa place dans toute création, suivre une logique claire est souvent un bon début. » Un parti-pris cartésien avec lequel le designer conserve une certaine distance pour « obtenir une clarté visuelle sans réduire le design à un strict minimalisme géométrique sans humanité ni empathie.»

TOMO stool ©Michael Grandt

Erina Caldeira

« Il y a trois choses que je garde toujours à l'esprit lorsque je crée : la facilité de compréhension du concept et de la forme, des formes faciles à produire pour le fabricant et faciles à entretenir pour l'utilisateur, et enfin la dimension émotionnelle qui doit toucher les sens et mettre de bonne humeur ! » Développées au Japon d'où elle est originaire, les sensibilités d'Erina Caldeira se mélangent depuis 2020 à la culture danoise où elle réside. « Les gens disent souvent que le design japonais et le design scandinave vont bien ensemble, et je pense honnêtement la même chose. Lorsque j'ai présenté l'étagère en bois RHYTHM en 2023, ma première pièce de mobilier, beaucoup de personnes m'ont dit que l'on ressentait cette double influence sans que je n'en aie conscience. » Outre la diversification formelle, cette pièce relativement grande marque un tournant dimensionnel dans l'univers de la créatrice qui a travaillé six ans pour une entreprise d'articles ménagers. Convaincue par l’intérêt d'un design simple et sophistiqué, Erina Caldeira continue de placer le concept au cœur de sa démarche. « C'est lui qui influence la forme, et je pense qu'il est indissociable de l'utilisation et de la méthode de production. » Un tout à partir duquel semble naître une certaine diversité interculturelle.

RHYTHM bookcase ©Erina Caldeira

Jos van Roosmalen

Après plusieurs années passées auprès de studios de design et d'entreprises d'éclairage, Jon van Roosmalen lance son propre studio en 2024. Intéressé par le design autant que par « l'effet de lumière », il développe un petit univers relativement minimaliste et coloré. « Pour moi, un dessin emblématique est "facile à dessiner", c'est ce qui le rend mémorable. Dans mes créations, j'essaie donc de me concentrer sur l'essentiel. » Si la dimension ludique de la lumière due aux interactions avec les formes et les matériaux, induit ses pièces, Jos van Roosmalen décline son approche au gré de ses envies. « J'utilise différents points de départ pour mes créations, qui deviennent ensuite l'histoire principale, jusqu'au résultat. »Questionnant parfois les « archétypes actuels » comme avec la lampe LINEAR, à la fois applique murale et lampadaire, ou développant une approche sensorielle comme avec la lampe en albâtre SLIDE, le designer dévoile un univers fait de formes simples, presque évidentes. Une volonté que l'on retrouve également dans la structure du tabouret TREBLE - seule pièce de mobilier du designer -, où se conjuguent le bois et le métal.

La lampe Extrude à gauche et le modèle Ami à droite ©Jos van Roosmalen

Leo Koda

Installé à Eindhoven après l'obtention de son master en design produits à l'ECAL, en Suisse, Leo Koda base ses recherches sur la remise en question de la banalité. « Je suis profondément motivé par l'idée de créer quelque chose d'original, quelque chose qui n'a jamais été vu auparavant. » Désireux de ne pas être lié « aux notions préconçues sur les matériaux, ni à leurs fonctions courantes », le designer a créé In fill out, un univers gonflé de toute pièce. Horloges, miroirs ou encore plats, les objets se côtoient avec pour unité plastique la rondeur caractéristique de ses impressions 3D déformées dans l'eau chaude. Une approche poétique et enfantine renforcée par une sélection de coloris pop. « Je pense qu'un bon design doit être compréhensible par tous, des enfants aux personnes âgées. Il ne devrait pas y avoir besoin de beaucoup de mots pour communiquer son idée. Le design devrait être démocratique. » Comme un pas de côté dans son univers singulier, le designer présentait cette année Stack and Stock, un tabouret né d'une expérience pratique avec des gobelets en papier. « J'étais curieux du mécanisme d'empilage et je me suis demandé ce qui se passerait si, au lieu de minimiser les espaces dans l'empilage, je les maximisais intentionnellement et attribuais une fonctionnalité à cet espace. Cela semble simple, mais c'est en fait une approche contraire à la logique de conception habituelle. » Un univers bien différent du précédent, mais tout aussi expérimental.

Tabouret Stack and Stock ©Leo Koda

Haruka Mitani

« Mon design est comme un Haïku, la forme poétique traditionnelle japonaise connue comme la plus courte au monde » explique Haruka Mitani. Diplômée de la Chiba University Graduate School, la designer revendique un esprit de tranquillité à travers des objets « minimalistes et accessible à tous, mais jamais froids ou mécaniques. » Illustrant cette vision, KUU -Husks of Light- est une collection de luminaires réalisés à partir de plusieurs couches de papier washi superposées. « Je vois cette installation comme un moyen d'expérimenter la richesse subtile de la perception humaine, comprendre la façon dont la lumière elle-même peut être perçue par chacun. » Derrière cette idée, se cache également un objectif plus formel. « Le papier translucide se présente en trois dimensions et crée un sentiment de profondeur, comme si vous regardiez tranquillement dans un espace doux et intérieur. » Rappelant « l'effet d'une lumière à travers la brume », ce projet est un aperçu à la fois symbolique par le lien avec le Japon, pays d'origine de la créatrice, aussi révélateur de l'approche sensorielle qu'entretient Haruka Mitani avec les matériaux. « Je pense qu'ils sont profondément liés au corps, tout autant que la forme elle-même. Lorsque les matériaux changent, l'expérience change. Je suis en résonance avec l'idée du "bon matériau au bon endroit". »

Suspension de la collection KUU -Husks of Light- ©Haruka Mitani

Sera Yanagisawa

Diplômé de l'université d'art de Musashino à Tokyo en 2022, Sera Yanagisawa s'est spécialisé dans les chaises, « un objet qui exprime le mieux l'individualité du designer » selon lui. Intéressé par la structure et la mécanique, le designer propose des pièces organiques dans lesquelles la géométrie des volumes traduit « un principe de réduction et d'optimisation des composants. » Un principe que l'on retrouve notamment dans KUSABI, un tabouret inspiré de la cale, un outil utilisé depuis l'Antiquité. « Le coin, avec sa petite force, a joué un rôle important tout au long de l'histoire, capable de soulever des pierres massives ou de lourds piliers. Dans cette assise, chaque pièce a la forme d'un coin, ce qui permet de transmettre la force à chaque section et de serrer les pièces ensemble à l'aide d'une seule goupille. Le tabouret fonctionne comme un tout. » Considérant chaque caractéristique comme un « langage de conception » pouvant être appliqué à différentes typologies de pièces, Sera Yanagisawa s’illustre comme l'auteur « d'une famille de meubles cohérente », et visuellement très séduisante.

Chaise KUSABI ©Sera Yanagisawa
Rédigé par 
Tom Dufreix

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2/4/2026
Chez Brossier Saderne, la Collection du renouveau

Le fabricant Brossier Saderne dévoile Collection. Derrière cette nouvelle branche de luminaires, mêlant éditions contemporaines et rééditions d’archives, la volonté de s’adresser à un nouveau marché : le grand public.

Très présent sur le marché de la prescription, Brossier Saderne se lance dans la vente au grand public. « C’est peut-être quelque chose que nous aurions peut-être déjà dû faire, reconnaît Stéphane Aubry, directeur de la marque, mais cela s’inscrit désormais très clairement dans une stratégie de diversification et d’ouverture du marché. » Fondée en 1987, l’entreprise s’est d’abord imposée dans le secteur de l’hôtellerie, avant de s’étendre progressivement au tertiaire. Portée par la fabrication française de ses luminaires, dans son usine d’Angers, elle s’appuie aujourd’hui sur un réseau de près de 400 partenaires et un bureau d’étude interne. « Nous pensons que la fabrication locale est un véritable enjeu à mettre entre les mains du grand public, d’autant plus qu’il côtoie et utilise déjà nos luminaires, que ce soit dans des hôtels ou des bureaux. Cette ouverture est une sorte de prolongement. » Une continuité également renforcée par l’intégration de la marque au sein du collectif Rivalen en 2022. Aux côtés de Roger Pradier, Radian et Securlite, ce positionnement a permis à la marque, d’abord cantonnée aux luminaires dessinés en interne, de se lancer dans le monde de l’édition. « Au départ, nous parlions de fabrication sur mesure, mais cela ne représentait qu’une part marginale de notre activité. C’est le comité de création de Rivalen, conduit par Lætitia De Witte, Antoine Ricardou et Stéphane Joyeux, qui nous a véritablement projeté dans cette nouvelle dimension », explique le directeur.

Inspirée par sa propre collection d'opalines, Roberta Molteni livre sa première collaboration avec Brossier Saderne ©Brossier Saderne

Des enjeux mis en lumière par la Collection

Composée d’une vingtaine de luminaires, Collection a été pensée pour un public large et diversifié. En écho à ce nouveau positionnement, la marque avance sur deux axes complémentaires. « L’idée est de s’appuyer sur l’ADN de l’entreprise, à savoir du contemporain à la fois technique et artisanal, en rééditant des pièces issues de nos archives, tout en nous tournant vers le métier d’éditeur. Sur le plan créatif, Brossier Saderne a toujours collaboré avec des designers sur des projets hôteliers, mais il s’agit désormais de proposer une approche plus libre. J'entends par là sans l’obligation de décliner une gamme complète pour répondre à l’identité d’un lieu ou aux contraintes d’un usage intensif. » Cette liberté s’exprime autant sur le plan industriel que stylistique. Valorisant l’éclectisme des matériaux grâce à son réseau d’artisans, la marque laisse également entrevoir les enjeux d’un marché exigeant comme le goût pour des typologies plus décoratives et la recherche d’alternatives responsables à l’image des modèles RM031 et Plume. Signée par la designer et architecte d’intérieur italienne Roberta Molteni, la première se distingue par un assemblage harmonieux de trois matériaux aux formes géométriques. Reposant sur un disque de verre noir laqué, cette lampe à poser — également disponible en suspension — se compose d’un corps cylindrique en laiton perforé, surmonté d’une vasque en verre opalin. Un matériau avec lequel la designer entretient une relation privilégiée, et réalisé pour l’occasion par l’un des derniers fabricants français. De cette composition émane une lumière douce et diaphane, en dialogue avec celle de la lampe Plume. Plus classique en apparence, cette dernière incarne la dimension prospective et environnementale de Brossier Saderne, amorcée il y a quelques mois avec Brick2 Balt, une applique réalisée en drêche de bière. Pour ce nouveau modèle, la marque s’est associée à l’entreprise compo’plume spécialisée dans le recyclage des volants de badminton. Composé à 80 % de plumes boyées et complété par des sacs plastiques recyclés, le pied de la lampe se distingue par son toucher hétérogène. Une pièce surmontée d’un abat-jour en coton recyclé issu des rebuts de grandes maisons de couture, et « dix fois moins polluant qu’un coton neuf », précise Stéphane Aubry, également co-créateur de la charte du Luminaire durable.

Plus qu’une innovation design, cette lampe apparaît surtout comme la concrétisation d’une démarche environnementale, sur fond d’un virage, lui, plus marketing et parfois décoratif.

Disponible au deuxième semestre, Plume est un luminaire issu des archives de la marque et retravaillé dans une logique d'éco-conception ©Brossier Saderne
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2/4/2026
Intramuros #227 : Francese

Nul n'est prophète en son pays

Quand un certain monde du design tente de singer l’univers de la mode en cherchant ses talents de l’année dans la fausse radicalité marketée des poseurs silencieux, les designers ayant pour humble ambition de créer des objets beaux et utiles doivent parfois se tourner vers d’autres contrées. Première terre d’accueil de nos designers en quête de partenaires ayant l’intuition innée et le courage cultivé qui font de certains industriels de grands découvreurs de talents, l’Italie attire les jeunes designers français depuis quatre générations.

Sac sur le dos ou carton à dessin sous le bras, de Ronan et Erwan Bouroullec à Julie Richoz en passant par Constance Guisset, Ionna Vautrin et Guillaume Delvigne, tous ont foulé le sol milanais pour rencontrer un succès qu’ils rapportèrent ensuite sur le sol français ou, comme Marc Sadler et Philippe Tabet, pour adopter pour toujours le pays qui leur a donné leur chance. Si, dans ce numéro célébrant l’excellence française sur le sol italien, tous nous livrent les petites et grandes histoires qui ont changé leur vie, leurs parcours doivent aussi nous interroger sur la manière de nous réinventer, en retenant plutôt qu’en copiant les leçons d’un pays qui a fait de ses faiblesses – savoir-faire multiples mais régionaux, entreprises trop familiales pour devenir fleurons nationaux – une partie des raisons de sa réussite.

Car si, hier comme aujourd’hui, la France forme parmi les plus grands talents du design international, il lui reste encore à les accompagner plus loin dans le songe de tout créateur d’objet, celui de changer la vie des gens en entrant chez eux.

Sommaire

Design 360

Design Story

USM, Swiss connection

Hahn Cuesta Wolf, créer avec honnêteté

Bram Vanderbeke, designer architectural

Baptiste Vandaele : formes durables

BrichetZiegler, Designers-makers

Lucile Soufflet, à l’épreuve du collectif

Cecilie Bahnsen, alchimiste du vêtement

Aaron Probyn, la taille idéale

Propeller Design, electrified mind

Studio Moritz Putzier, juste créateur

RBC, nouveaux chapitres

Citroën × Decathlon. ELO, créateur d’espace de vie mobile

Francese

Designed in France, made in Italy

Marc Sadler, explorateur du design

France-Italie : un écosystème du design partagé

Storie d’amore

Hermès à La Pelota

Villa Médicis, mariage mixte

In-situ

Pavillon Le Vau :  géométrie de l’apprentissage

Louis Vuitton, tribulations chinoises

Zyva Studio, 20 000 lieues sur la mer

Club Med South Africa Beach & Safari : double horizon

Experimenta

Laboratoire des pratiques durables

Le digital craft : hybridation ou disruption ?

In the Air

Cassina, ou l’art de faire et refaire

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31/3/2026
Les perspectives tissées de Gaspard Fleury-Dugy à la galerie Chevalier Parsua

Le designer Gaspard Fleury-Dugy présente Continuum, une collection de tapis dont l’un d’eux est visible à la galerie Chevalier Parsua jusqu’au 18 avril. Un nouveau terrain d'exploration stylistique et colorimétrique pour le créateur connu initialement par ses objets en volume.

Pour changer de dimension, mieux vaut ne pas perdre le fil. Repéré pour ses vases tricotés en 2024 et sa série tournée vers l’univers du totem et de la colonne l’année suivante, Gaspard Fleury-Dugy a exposé à Milan comme à Eindhoven et Stockholm. Mais c’est à Paris, ville de résidence et d’expérimentation, qu’il dévoile Continuum, une première collection de tapis. Après des études à l’Ecole Dupperé puis à la Swedish School of textiles, cette nouvelle typologie aurait pu être un commencement, mais c’est finalement comme une déclinaison de ses précédents travaux qu’elle apparaît. Un choix surprenant qui n’a pourtant rien de décousu. « Il y a tout un cheminement logique entre mes dessins, mes maquettes, les différents objets présents dans l’exposition et les tapis. Effectivement, je viens d’un univers ou le motif à toujours eu une forme attirante. Mais ce qui m’intéresse, ce sont les sauts entre la 2D et la 3D ; entre les plats et les volumes » précise le créateur. C’est d’ailleurs cette idée qui l’a amené à nommer l’exposition, présentée à la galerie Chevalier Parsua jusqu’au 18 avril, Arrondir les angles.

Habiller l’espace

Spécialisée dans le textile mural pour la partie Chevalier, et les tapis avec l’éditeur Parsua, la galerie se dote de tentures au mur et au sol. Deux environnements entre lesquels un espace vide demeure. « Lorsque la collaboration avec la galerie a commencé, je tenais à dessiner les maquettes des tapis. Je suis arrivé avec plein de propositions que nous avons étalé partout par terre. Dans le même temps, je me suis rendu compte que les angles de cet espace blanc et rectiligne n’étaient pas habillés. Je me suis demandé comment y remédier. La réponse a été de retranscrire les perspectives du lieu sur les tapis. » Une approche très géométrique et abstraite de l’architecture qui a amené le designer à travailler de manière moins conventionnelle qu’à l'accoutumé. « Pour un designer textile, son fond de commerce, c’est plutôt de faire des motifs au raccord, c'est-à-dire qui se répètent à l’infini. Ici, la nouveauté pour moi était de créer une composition placée qui puisse se regarder de tous les côtés. C’est ce que l’on appelle un motif placé, unique » explicite le designer également curateur de l’exposition et à qui l’on doit la sélection d’art africain et les photographies de Georges Rousse, dont les anamorphoses dialoguent naturellement avec les tapis.

©Galerie Chevalier Parsua X Gaspard Fleury-Dugy exhibition_soft object

Une identité visuelle assez différente

Habituellement reconnaissable à ses fils polymères aux couleurs vives, parfois fluo, rappelant l’univers du sportswear, Gaspard Fleury-Dugy à cette fois-ci adopté des couleurs plus profondes et calmes. Une contrainte plus qu’un choix, imposée par la gamme Parsua. « Les tapis sont tissés en Iran avec des laines teintées par des colorants naturels. Il a donc fallu réfléchir autrement, et comme je n’étais pas très familier avec ces couleurs, j’ai joué sur les contrastes. » Un parti-pris dont se dégage une certaine vibration, également soutenue par la technique. « Si l’on prend l’exemple des vases, lorsque je les travaille sur ordinateur, un pixel correspond à une maille. Ici, la technique n’est pas la même. Un nœud correspond à une pointe de couleur et la méthode artisanale créée un léger crantage. On peut y voir une sorte de dialogue avec les projets précédents présentés jusqu’au 9 mai au Pavillon Vendôme de Clichy. » Plus qu’un nouvel objet, c’est surtout une déclinaison de son travail habituel, confié pour la première fois à d’autres mains, que le designer propose de découvrir. Un lien entre idée et geste solidement noué tout au long de l’année de travail pendant laquelle Continuum s’est tissée.

Exposition Arrondir les angles, à la galerie Chevalier Parsua, 41 rue de Seine, 75006 Paris, jusqu’au 18 avril.

Exposition Salto, au Pavillon Vendôme, 2 rue du Guichet, 92110 Clichy, jusqu’au 9 mai.

Le portrait de Gaspard Dugy-Fleury est à retrouver dans le numéro 224 d’Intramuros, en vente sur notre boutique.

©Galerie Chevalier Parsua X Gaspard Fleury-Dugy exhibition_soft object
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26/3/2026
Malmaison Riviera, l’éclat solaire de Christofle

Avec Malmaison Riviera, Christofle insuffle un vent d’été à sa collection emblématique Malmaison. Entre héritage impérial et inspiration méditerranéenne, cette nouvelle ligne de porcelaine célèbre un art de vivre à la fois chic et décontracté, où la table devient le théâtre d’un éternel été.

Christofle poursuit l’exploration de son patrimoine en proposant une variation inédite de sa ligne iconique Malmaison. Pensée comme une parenthèse ensoleillée, cette nouvelle collection traduit l’envie de faire dialoguer les codes historiques de la maison avec une esthétique plus libre, inspirée par les paysages et les usages de la Méditerranée. Avec Malmaison Riviera, la table devient ainsi un espace d’expression, entre tradition, modernité, formalisme et spontanéité.

Lumière méditerranéenne

Dévoilée comme une déclinaison estivale des collections Malmaison et Malmaison Impériale, la ligne s’inscrit dans une continuité stylistique tout en opérant un déplacement sensible. Fidèle aux codes du style Empire - palmettes, symétries, motifs ornementaux - elle introduit pour la première fois la couleur, avec un jaune profond qui vient capter et diffuser la lumière. Depuis plus d’un siècle, Malmaison incarne un raffinement classique inspiré du château lié à Napoléon Bonaparte et l’Impératrice Joséphine. Avec Riviera, cet héritage se réinterprète dans un registre plus quotidien, à travers lequel les décors, tracés à main levée, déploient rosaces et rayons dans une composition vivante, où chaque pièce devient une variation autour d’un même motif solaire.

Collection Malmaison Riviera © Christofle

La table comme expérience estivale

Pensée comme une invitation au partage, la collection convoque un imaginaire sensoriel composé  de longues tablées, d’une lumière dorée et de la douceur du temps qui s’étire. Assiettes, bols, tasses ou plats de présentation composent ainsi un ensemble d’une quinzaine de pièces permettant de rythmer les usages, du petit-déjeuner au dîner. À cette porcelaine répond l’éclat de l’orfèvrerie, avec des accessoires en métal argenté pour dessiner un ensemble qui crée un dialogue entre matière et lumière, incarnant un art de vivre à la fois décontracté et résolument chic.

Collection Malmaison Riviera © Christofle
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