Philippe Starck, le devoir d’être en avance
Portrait de Philippe Starck © Till Janz

Philippe Starck, le devoir d’être en avance

Son nom signe des créations comme on appose un sceau. Pour les nostalgiques, il est avant tout l’iconoclaste qui a secoué la sphère du design français dès les années 1980 et l’a menée sur la scène internationale. Pour les aficionados, cet inclassable visionnaire illumine tout ce qu’il touche. Pour les esprits chagrins, c’est un label « bankable » par sa notoriété, qui dépasse bien largement l’audience habituelle du design. Repris ad libitum, le cliché d’« enfant terrible du design » occulte le bourreau de travail qui remet sans cesse les compteurs à zéro pour innover. Si l’on s’arrête sur les données, sa carrière donne le vertige : plus de 860 créations – de l’objet au véhicule, en passant par le mobilier et le luminaire –, plus de 180 projets d’architecture réalisés, plus de 300 prix et distinctions reçus, plus de 70 expositions… Sans compter les projets dans les cartons ou ceux en cours, de la voiture à hydrogène H+ au complexe d’entraînement pour les astronautes d’Orbite… sans oublier des cannes ergonomiques ! Pour ce numéro spécial « Design en France », avec l’élégance de l’expérience, il nous partage sa vision de la génération montante et le fonctionnement de son agence.


Comment percevez-vous la génération actuelle ?

Les jeunes créateurs actuels sont fantastiques, parce qu’ils sont nés dans une société en voie de dématérialisation. Or le futur est la dématérialisation. J’aurais aimé pouvoir créer davantage en m’émancipant de la matière, que je considère comme vulgaire. Hélas, cela n’appartenait pas à ma génération, mais en cela, la nouvelle sera meilleure.

Philippe Starck, fauteuils Forestclub pour Andreu World,

Comment vous positionnez-vous vis-à-vis d’elle ?

Chaque génération change, de plus en plus rapidement et de plus en plus profondément. Je travaille toujours seul, face à moi-même, avec mon bloc de papier calque et mon critérium, afin de rendre le meilleur service à ma communauté. Je n’utilise pas de téléphone ou d’ordinateur, car vous êtes nécessairement limité par la technologie, par le logiciel. Notre cerveau est l’ordinateur le plus puissant ; avec mon crayon et ma feuille, ma seule limite est mon imagination.

Quelles sont ses forces ? Ses faiblesses ?

Cette nouvelle génération retrouve des valeurs éthiques, sur le modèle de designers italiens communistes tels qu’Enzo Mari. Ils ont conscience qu’ils doivent faire face aux paramètres urgents de notre époque, comme la dimension écologique. L’important est de retrouver des valeurs simples et pérennes, de vivre en harmonie et intelligemment.

Lampe Valors, design Philippe Starck pour Cassina

La diversification et l’omniprésence des réseaux sociaux, notamment, font qu’ils regardent beaucoup plus ce que les autres font, ils se comparent et s’inspirent les uns les autres. Or la première chose est de comprendre que tout ce qui vient de vous doit vraiment venir de vous. Je pense que tous les matins il faut être un cheval et passer un obstacle. Le mieux est de ne pas tomber, de réussir à passer l’obstacle et, le lendemain, d’en passer un encore plus grand. Pour cela il faut être seul, face à soi-même. Il faut comprendre qui l’on est, et son potentiel. Comprendre réellement ce qui vous intéresse. Puis, il ne faut pas écouter les gens, lire les journaux, regarder la télévision ni se rendre dans les soirées mondaines. Il faut vivre comme un ermite. C’est difficile quand on est jeune, mais c’est la seule façon de pouvoir apporter au monde une idée fraîche, parce qu’elle sera sortie de vous. Qu’elle soit bonne ou mauvaise, ce n’est pas le sujet. L’important est que vous ayez créé avec un engagement total, avec la plus grande honnêteté, la plus grande largeur d’esprit et la plus grande générosité. Et si personne n’a compris l’idée, tant pis. Il ne faut pas écouter les avis. À un moment ou à un autre, le temps vous rattrapera signifiant que vous étiez en avance. C’est formidable d’être en avance, c’est un devoir.

Qu’attendez-vous de cette génération ?

Cette génération ne doit pas entrer dans le jeu du marketing et être la complice de la sur-séduction, car cela incite à l’achat de quelque chose dont nous n’avons pas besoin et qui étouffe le monde. La partie intelligente de la production humaine s’appelle la dématérialisation. C’est-à-dire qu’autour de nous notre production intelligente augmente la qualité, augmente la puissance, augmente l’intelligence tout en faisant décroître la matière. Il y aura de moins en moins de matière et de moins en moins d’objets. Heureusement, parce que plus il y a de matière, moins il y a d’humanité. Aujourd’hui, un designer doit penser à des services immatériels ou à des objets à condition qu’ils offrent un véritable service à la communauté, qu’ils soient utiles et durables, pensés dans des matériaux intelligents.

Chaise Poêle, design Philippe Starck pour Alessi, 2023
fauteur Miss Dior, design Philippe Starck pour Dior 2023 © DR

Et à l’inverse, au regard de votre carrière et de votre notoriété, ressentez-vous une pression d’être un ambassadeur du design ?

Le design est juste un moyen faible d’exprimer des idées et des concepts. Cependant je suis conscient, en tant qu’être humain, de mon devoir de transmission, de mon rôle dans l’histoire et l’évolution de l’humanité.

Comment sourcez-vous les jeunes talents ?

Pour être honnête, je ne m’intéresse pas du tout au design. Je travaille seul de douze à quatorze heures par jour, en restant concentré sur des sujets compliqués. Donc je n’ai pas le temps de regarder ce que les autres font. Pour cette édition des Rising Talent Awards, à laquelle je suis honoré d’avoir été invité en tant que président, j’ai eu l’occasion de découvrir des jeunes designers à travers la sélection du jury. J’ai choisi Athime de Crécy, qui a travaillé dans mon agence et qui possède une grande et rare singularité.

Votre agence comprend un département en design et un autre en architecture. Comment fonctionnez-vous avec vos équipes ?

Ayant une longue carrière, j’ai la chance d’avoir un réseau Starck, que nous appelons le Starck Network, très diversifié et fort, regroupant différentes expertises. Je dessine tout moi-même, seul, au milieu de la forêt et des dunes, et ma formidable équipe de « Formule 1 » développe sur ordinateur. Il s’agit d’une équipe minuscule, composée de quatre personnes en design et d’un peu plus en architecture. Nous travaillons en moyenne sur 250 projets par an. Cela veut dire que je travaille et que nous travaillons tous beaucoup.

Médailles pour les Jeux olympiques de Paris 2024 © DR

Comment le sourcing, point fort de l’agence, est-il organisé ?

Je ne suis ni designer ni architecte. Je suis un explorateur qui explore un peu de tout. Ensuite, j’ai des choses à raconter. Toute ma vie, j’ai travaillé avec des matériaux intelligents. Des matières issues de l’intelligence de l’homme, quelles qu’elles soient, pour ne pas avoir à utiliser uniquement les matériaux issus de la nature, parce que les matières naturelles sont des matières vivantes. La recherche de nouveaux matériaux est constante, pour plus de durabilité, plus de produits biosourcés. C’est un défi que nous avons relevé par exemple avec Kartell ou encore avec la recherche d’un contreplaqué moulé, en trois dimensions, que nous avons fait avec Andreu World. Au-delà des matériaux, il y a de bonnes marques qui inventent et font des produits de qualité, intelligents. En général, ce sont celles avec lesquelles nous travaillons.

Comment fonctionnez-vous dans le suivi des projets ?

La réalisation d’un projet, du concept à sa matérialisation, prend en moyenne de cinq à dix ans en architecture, et environ de deux à quatre ans en design. Avec mon équipe, je suis toutes les étapes, dans les moindres détails – car le diable est dans les détails. En architecture comme en design, un bon design se joue souvent au dixième de millimètre près.

Comment garantissez-vous en interne une signature Starck avec une nécessaire délégation dans la réalisation de projets (pour les produits comme pour les aménagements) ?

Les principes fondamentaux sont : la créativité, la vision la plus élevée, la vision la plus lointaine pour cette créativité, l’honnêteté absolue et le travail, le travail, le travail, le travail. Et essayer d’être bon, d’être une bonne personne, d’être toujours dans l’élégance – non pas vestimentaire – mais du rapport aux autres. Le projet n’est que le résultat de l’élégance dans les rapports entre les partenaires pendant tout le processus.

Console A.I. pour Kartell 2023 © DR
Chaise HHH pour Kartell © DR

Comment l’équipe est-elle recrutée ?

Nous recevons des candidatures régulièrement, et dès lors que nous avons un besoin, je contacte directement les designers dont les profils m’intéressent. Pour ce qui est des autres domaines d’expertise, c’est ma femme qui s’en occupe.

Quelle fidélité existe-t-il avec ceux qui partent se mettre à leur compte ensuite ?

Tout créateur a une responsabilité, et fréquemment il finit par voler de ses propres ailes un jour ou l’autre. Aujourd’hui, je suis content de voir le travail que proposent d’anciens collaborateurs et d’anciennes collaboratrices dont les réalisations rendent de réels services à leur communauté, tels que Matali Crasset, Ambroise Maggiar ou encore Athime de Crécy.

Rédigé par 
Nathalie Degardin

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6/5/2024
“Infraviolet”, l'exposition hétéroclite de Ludovic Roth

Exposé jusqu'au 1er juin dans la galerie Chamagne-Hardy, le designer Ludovic Roth propose de découvrir “Infraviolet”. Une collection inclassable qui s’illustre par sa diversité.

Designer depuis une quinzaine d'années, Ludovic Roth expose jusqu'au 1er juin sa collection Infraviolet à la galerie Chamagne-Hardy située dans le VIIe arrondissement de Paris. Riche de 17 objets parmi lesquels des miroirs, des tables, des lampadaires ou encore des vases, la collection frappe par son éclectisme total. Fruit d'un travail de deux années mené occasionnellement en binôme, Infraviolet invite le visiteur à côtoyer des objets aux apparences souvent inédites.

De la diversité à tous les niveaux

Par l'absence d'unité formelle et plastique, le designer pose les codes d'un travail de conception sensible qui puise comme rare caractéristique commune, la présence de couleurs vives et des lignes épurées. Selon lui, « L’emploi de la couleur peut apporter un souffle de légèreté salutaire. » Une vision qu'il a poussée en diversifiant les médiums dont le PVC, le miroir, mais surtout le bois et le métal. Deux éléments qu'il mêle au travers de compositions très graphiques radicalement contemporaines.

Particulièrement intéressé par la matérialité et la fantaisie, le créateur passionné de sciences et de techniques a mis au point un traitement lui permettant d'obtenir un rendu irisé sur le métal. Un processus qu'il travaille depuis 3 ou 4 ans et qu'il déploie pour la première fois au sein d'une collection. « La couleur m’évoque le plaisir de créer, d’insuffler par l’objet une certaine gaieté à un intérieur. Nombreux sont ceux qui ressentent l’impact de la couleur et apprécient sa capacité à conférer à un objet une autre dimension, au-delà du "sérieux" de sa rigueur formelle » analyse le designer.

Un parcours international

« Deux années de développement ont été nécessaires pour mettre au point Infraviolet. Elles m’ont offert la possibilité de repousser les limites de ma pratique » analyse Ludovic qui cumule les projets internationaux depuis son diplôme obtenu en 2008 auprès de l'Ecole Bleue. Intéressé par la conjugaison des savoir-faire artisanaux aux techniques actuelles pour élaborer de nouveaux design, le créateur est aujourd'hui sollicité dans les domaines de l'architecture, de l'audio et de l'horlogerie. Une renommée sacrée par l'acquisition en 2022 de son luminaire Cosse en cuir et acier par le Mobilier national.

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7/5/2024
Le quartier de Soho accueille sa nouvelle boutique Cartier

La marque française de haute joaillerie Cartier ouvre une nouvelle boutique dans le quartier new-yorkais de Soho.

Déjà présente à New-York et notamment sur la célèbre 5e avenue, la maison de haute joaillerie française ouvre une nouvelle boutique. Situé plus au sud dans le non moins célèbre et gentrifié quartier de Soho, ce nouvel espace de vente fait dialoguer les codes de la marque avec ceux de son environnement urbain.

Au rez-de-chaussée, la bijouterie propose un décor chic ou s'accumule les nombreuses références au quartier ©Cartier

Une boutique pensée comme un trait d'union

Imaginée par Laurène B. Tardrew et Romain Jourdan de l'agence studioparisien, cette nouvelle adresse du luxe mêle passé et présent. Les éléments métalliques patinés ainsi que les briques du décor rappellent l'histoire industrielle du quartier tandis que la neutralité des matériaux constructifs évoque quelque chose de plus contemporain et luxueux. Au cœur de cette alliance de style, des œuvres d'art en hommage aux mouvements artistiques ayant émergés sur la côte Est, parmi lesquels le pop art et le street art, apportent des touches colorées. Des teintes qui font écho à certaines assises, rares éléments dotés de vert ou de violet.

Le bar propose une ambiance chaleureuse et conviviale dans un décor ou s'entremêle les lignes de la pierre, du tissu et du bois ©Cartier

Quatre niveaux, quatre espaces, quatre ambiances

Conçus pour différents usages, chacun des quatre étages de l'édifice entièrement dédié à la marque propose au client une découverte des produits ainsi que des lieux de détente. Au rez-de-chaussée, la longue galerie d'accueil expose les produits dans de petites vitrines et sur les étagères murales métalliques conçues en résonance avec la structure en acier du plafond. Pièce maîtresse et fil conducteur au sein du bâtiment, l'escalier décoré de la panthère fétiche de Cartier conduit à l'étage supérieur où se trouve le bar. Cet espace, le plus coloré et décorativement détaillé d'entre eux, tient à favoriser l'échange et la convivialité. « Nous avons privilégié la douceur et la féminité, en accompagnant nos dessins de lignes courbes et pures, parfois ponctuées de quelques touches d'extravagance et de couleurs exprimées dans un grand mur décoratif panthère » confie le duo d’architectes de Studioparisien.

Au troisième niveau, un appartement baigné de lumière sert à la fois d'espace d'exposition et d'invitation ©Cartier

Relativement sombre par rapport aux autres pièces, le bar s'inscrit en opposition radicale avec le deuxième étage pensé comme un appartement. Lumineux et neutre dans ses teintes, cet espace contemporain imaginé pour servir lors d'événements et de divertissements exclusifs, est le dernier niveau couvert. Au-dessus, la boutique se termine par une terrasse végétalisée. Cerné par deux pignons en briques, ce jardin propose un espace intimiste et verdoyant dominant l’une des artères principales du cœur artistique et branché de la grosse pomme.

Petit luxe de la boutique, le rooftop en plein centre de Soho invite à prendre le soleil dans un cadre particulièrement luxueux ©Cartier
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3/5/2024
À Milan, Pedrali comme à la maison

Au Salone del Mobile, Pedrali a déployé ses nouveaux modèles au gré d'un vaste stand aux allures de showroom coloré.

De la salle à manger à l'espace de détente en passant par le jardin. C'est dans ce qui s'apparente à une vaste habitation en tissu de 900m² que Pedrali  a mis en scène ses nouveaux objets lors du Salone del Mobile de Milan, début avril. Forte de onze collections, pour certaines inédites, la marque italienne a souhaité reconstituer des lieux de vie. En accordant une réelle importance aux couleurs, le studio milanais DWA Design Studio, à qui l'on doit la scénographie d'exposition, proposait aux visiteurs d'accélérer le temps pour passer en l'espace de quelques instants, des pièces baignées d'une lumière matinale bleutée, à celles illuminées d'un crépuscule orangé. Des mises en scène sobres mais évocatrices, grâce auxquelles les objets semblent projetés dans un environnement semi-réel.

L'espace Pedrali mis en place lors du Salone del Mobile ©Ottavio Tomasini

Le temps d'un déjeuner solaire

Midi sonne, le soleil est haut dans le ciel et l'ambiance est particulièrement solaire. Une atmosphère qui résonne avec les couleurs acidulées d'Héra Soft, la dernière chaise de Patrick Jouin pour Pedrali. Avec son dossier suspendu par un piètement haut, l'assise à l'allure aérodynamique entre en résonance avec la table Rizz de Robin Rizzini. Soutenu par quatre pattes métalliques de section triangulaire, l'élément central de la salle à manger dégage une âme très animale en partie due à la linéarité cassée des pieds. Un détail porteur d'un caractère froid, mais rehaussé par l'éclairage des lampes Tamara de Basaglia Rota Nodari.

Chaises Héra Soft de Patrick Jouin et table Rizz de Robin Rizzini ©Ottavio Tomasini

Repas terminé, direction le salon adjacent conçu par CMP design. Ici, les lignes sont moins strictes, les volumes y sont enveloppants et invitent à prendre son temps. Avec son armature en bois de frêne massif tout en courbe, le canapé deux places Lamorisse ainsi que ses fauteuils lounge, invitent à un début d'après-midi convivial. Autour, les tables basses Blume dessinées par Sebastian Herkner finalisent l'ambiance sereine et délicate de la pièce.

Canapé et fauteuils Lamorisse et tables basses Blume de Sebastian Herkner ©Ottavio Tomasini

Prendre le soleil partout et comme on le souhaite

Lorsque certains discutent à l'intérieur, d'autres profitent d'un moment plus reposant sur les poufs Buddy Oasi. Extension d'une collection à succès de la marque, ces modules de Busetti Garuti Redaelli sont la version extérieure du Buddy classique destiné à l'origine pour la maison. Semblables à des galets géants aux courbes polies, ces conceptions qui se multiplient et se déplacent au grès du soleil, s'approprient en fonction des envies. Ledossier mobile, lesté avec une base antidérapante, se déplace librement sur toute la surface. Fabriqués en polyuréthane pour résister aux intempéries, ils se conjuguent avec les tables basses en béton Caementum de Marco Merendi et Diego Vencato.

Poufs Buddy Oasi de Busetti Garuti Redaelli ©Ottavio Tomasini

Une fin d'après-midi, comme un regard en arrière

Le ciel devient rose et le début de soirée s'annonce. Il fait encore bon et l'heure est à la discussion dans ce qui ressemble désormais plus à une cafétéria de plein air. Une ambiance joyeuse et familiale transmise notamment par les chaises Philía d'Odo Fioravanti. La structure en acier dans laquelle vient s'entremêler un tissage en cordon PVC unis ou bicolore rappelle joyeusement la dolce vitae des 60's italiennes. Une époque, symbole de design à laquelle on repense assis autour des tables Ysilon de Jorge Pensi Design Studio, la tête dans les fougères.

Chaises Philía d'Odo Fioravanti ©Ottavio Tomasini

Une fin de journée qui entend bien accorder du temps au prélassement

Étape ultime et inratable d'une journée passée dans le confort du mobilier Pedrali, Ester Lounge signée par Patrick Jouin propose dans une ambiance plus tamisée. Initialement présentée en 2013, l'assise monolithique revient cette fois sur le devant de la scène dans une approche plus douce et harmonieuse. Avec son dossier incurvé surmonté d'un ovale qui signe la collection de sa forme, le fauteuil s'est élargi pour accueillir sans contrainte l'utilisateur. Imposante mais esthétique par ses volumes et ses pieds en aluminium moulé, Ester Lounge répond aux luminaires sans fil Giravolta et ceux suspendus Isotta, tous deux de Basaglia Rota Nodari. Une concordance entre les éléments qui procurent à Pedrali l'atmosphère chaleureuse d'une maison chic et libre d'appropriation.

Fauteuils Ester Lounge par Patrick Jouin et luminaires sans fil Giravolta suspendus Isotta de Basaglia Rota Nodari ©Ottavio Tomasini
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2/5/2024
Diptyque propose une collection tournée vers l’extérieur

La marque parisienne Dyptique dévoile une nouvelle collection d'objets pour ramener un petit peu d'extérieur dans nos intérieurs.

Pour sa dernière collection, Diptyque semble avoir fait un pas de côté, si ne sont plusieurs, pour s'égarer volontairement en pleine nature. Tournée vers le nomadisme, Summer Decoration invite à prendre le temps de se reconnecter avec l'extérieur. Par une petite collection d'objets délicats un temps délaissés, la marque réinstaure une forme de lien entre l'homme et son environnement.

Fin et léger, le soliflore se transporte partout pour ramener un brin de nature dans son intérieur ©Diptyque

Conserver l'éphémère à domicile

Que ce soit pour s'installer et prendre le temps en pleine nature, ou ramener un morceau d'éphémère chez soi, Summer Decoration en offre l'occasion. Le soliflore en verre entouré d'un étui en cuir réalisé en collaboration avec Coco Brun est l'ami utile pour transporter la trouvaille d'un jour, en attendant que celle-ci rejoigne l'un des vases Médicis. Réalisés artisanalement en cire bleue, la couleur fil rouge  de la collection, ces modèles sont inspirés des vases antiques. Et si immortaliser ce qui ne l'est pas vous tente, Diptyque propose un presse fleurs, un accessoire du passé qui revit aujourd'hui pour permettre aux fleurs d’exister encore longtemps.

Le presse fleurs permet d'immortaliser la flore éphémère par nature ©Diptyque


Mettre en lumière les moments qui comptent

Spécialisée dans l'univers de la bougie et de ses senteurs, la collection propose bien sûr deux photophores et une lanterne. Ces premiers en verre côtes plates soufflés dans un atelier verrier français sont disponibles en deux tailles. Réinterprétés par le studio Jean-Marc Gady, ils sont un hommage au fondateur de la maison qui collectionnait les bocaux. À ces objets faits pour éclairer la nuit, s'ajoute le couvercle pyramide qui garantit une bonne conservation des bougies et de leurs parfums entre deux combustions.

Transportables et design, les lanternes sont idéales pour une soirée chic en bord de mer ©Diptyque

Éclairé par le soleil estival ou à la lueur d'une bougie, la collection bohème au design bourgeois dessine le retour de la poésie florale au cœur de notre été.

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