
Découvrir l’art par la perception sensorielle
Au musée Van Abbe à Eindhoven, l’exposition « Delinking and Relinking » met en parallèle le potentiel des œuvres d’art et les sens de l’être humain pour une expérience inédite. Une manière d’appréhender le champ muséal en offrant une lecture singulière liées aux problématiques sociétales.
Présentant 120 œuvres d’art de la collection du musée Van Abbe qui en compte 3000, l’exposition « Delinking and Relinking » invite à une visite immersive originale. C’est le premier accrochage d’une collection entièrement multisensorielle aux Pays-Bas.
Le fond et la forme indissociables
D’emblée le propos et l’intention scénographique abordent l’art de manière plus directe, en faisant appel aux sens de l’être humain : l’ouïe, la vue, l’odorat, le toucher. « Les musées sont des lieux qui rassemblent le patrimoine et le passé afin de montrer le présent et de connecter les visiteurs aux collections par le biais de récits, dans la société du XXIe siècle devenue plus participative », explique Charles Esche, directeur du musée. Car une fois n’est pas coutume on peut toucher certaines œuvres, écouter l’expression de voix différentes, moins connues.

L’exposition couvre plus d’un siècle d’histoire de l’art. Dans un parcours chronologique, elle révèle comment les grands artistes de 1900 à nos jours, abordent les grandes questions de notre époque, et comment leurs œuvres sont directement liées à ce qu’ils voient, ressentent et vivent autour d’eux.

Des problématiques liées au contexte
Depuis 1936 le musée Van Abbe, multiplie les expériences muséales innovantes, explorant les liens entre art et société. Les grandes thématiques du parcours sont divisées en trois périodes sur les 5 étages du musée. Au sous-sol en préambule, l’histoire du musée. Au premier étage, les perspectives européennes de la première moitié du XXe siècle, avec des artistes tels que Wilfredo, Pablo Picasso, Ossip Zadkine, Marc Chagall, Joan Miro, El Lissitzky.

Au second étage, les utopies des années 60 à 80 résonnent notamment avec la vidéo d’un projet de logement communautaire à Eindhoven en 1970, érigé sans murs intérieurs, de l’architecte Frans van Klingeren. Au troisième étage, les problématiques environnementales, les inégalités raciales, le genre, sont mis en exergue par la galerie Proud Rebels qui a prôné l’émancipation des femmes, les artistes tels que Sanja Ivekovic, Gülsün Karamustafa, Marlene Dumas, Iris Kensmil et Laure Prouvost.
Un parcours multisensoriel et accessible
Au-delà de l’aspect multisensoriel, l’exposition « Delinking and Relinking » propose 5 parcours multimédias différents qui associent plus de 25 outils numériques pour que le spectateur communique réciproquement avec les œuvres. Sont inclus des textes en braille, des interprétations de parfums, des dessins tactiles et paysages sonores… Les parents et enfants choisiront un « Family Tour », tandis que d’autres s’orienteront vers un « Love Lettres Tour » afin de comprendre le lien affectif entre visiteurs et œuvres d’art.

Tout en enrichissant l’expérience muséale ouverte à un public de tous âges, l’accent est mis sur un parcours destiné aux visiteurs malvoyants ou malentendants et aux personnes à mobilité réduite. C’est pourquoi, l’exposition a été conçue en collaboration avec des experts dans le domaine de l’accessibilité physique, une relation de travail de longue date avec le musée.