Café-Débat EquipHotel : adopter une démarche RSE
© EquipHotel

Café-Débat EquipHotel : adopter une démarche RSE

Du 6 au 9 novembre, durant EquipHotel, Intramuros a coanimé des cafés-débats avec l’Ameublement français, sur leur stand baptisé Interior Design Center. Ont été abordés des sujets liés à la conception d’espaces CHR, la mutation et le développement du marché. Retrouvez le résumé des échanges du 8 novembre portant sur la responsabilité RSE dans un projet CHR.


Sept professionnels ont accepté de débattre :

  • Marie Carcassonne, gérante et fondatrice de la société Dyn-amo
  • Thomas Delagarde, architecte d’intérieur et designer, Thomas Delagarde studio
  • Thomas Garmier, CEO, the Great Hospitality
  • Maxime Legendre, directeur marketing & commercial, Evertree
  • Solenne Ojea-Devys, directrice générale, Okko Hôtels
  • Bérangère Tabutin, architecte d’intérieur CFAI, studio BBonus
  • Léa Querrien, cheffe de projet, Valdelia

La RSE dans le milieu de l’hospitality : quels constats ?

Une enquête préalable à EquipHotel indique que 94 % des personnes interrogées sont sensibles au positionnement RSE d’un hôtelier, et parmi les 18-25 ans, un sur deux affirme que cela impact leur choix de réservation. Des chiffres parlants qui montrent l’intérêt croissant, voire l’engagement de la clientèle. Mais qu’en est-il aujourd’hui pour les porteurs de projets ?

Si la loi AGEC (loi Anti-gaspillage pour une économie circulaire) encadre les chantiers publics, Solenne Ojea-Devys, directrice générale du groupe Okko Hotels, explique qu’il n’existe pas d’équivalent pour les chantiers privés. Dès lors, dans les projets hôteliers, le suivi d’une démarche RSE résulte davantage d’une volonté du donneur d’ordre : « D’une part, on a envie d’afficher une bonne volonté au niveau de la RSE. D’autre part, nos investisseurs cherchent à investir dans des bâtiments plus verts. Et l’objectif final des deux côtés est de réussir à baisser le coût de la facture. » Pour autant, sur la question du mobilier, elle constate que c’est encore un « no-man’s land » qui n’est pas du tout encadré et que les décisions sont ainsi faites au bon vouloir du décisionnaire final, à savoir celui qui paye à la fin.

Un constat : des mentalités qui évoluent

S’inscrire dans une démarche RSE dans une réponse à un appel d’offres est important, car les donneurs d’ordre y sont de plus en plus attentifs. Pour autant, ce n’est pas encore déterminant pour le remporter. En revanche les mentalités évoluent indéniablement, et outre l’explication d’une démarche, il existe aussi de plus en plus de structures et de réseaux sur lesquels s’appuyer pour s’inscrire dans une dynamique RSE. Marie Carcassonne témoigne ainsi de la mission de la société Dyn-amo, au service des propriétaires, des opérateurs et des designers pour acheter dans les meilleures conditions possibles le mobilier prescrit par les décorateurs : « Notre rôle est un peu particulier car nous agissons en tant que tiers. Ce n’est pas nous qui achetons, qui prescrivons ou qui fabriquons, nous agissons dans la chaîne en tant que tiers-conseil. » La société accompagne et propose des actions plus responsables aux différents acteurs intervenants dans un projet CHR.

© Dyn-amo
© Dyn-amo

Par ailleurs, si certains clients  sont encore très réticents au changement, d’autres au contraire sont très volontaires et porteurs d’idées. Un constat que Thomas Garmier, CEO de The Great Hospitality rejoint en tant que porteur de projets : « La RSE est devenue un enjeu global et ceux qui ne l’ont pas compris ne vivent pas dans le même monde que nous. Nous avons tous une responsabilité et celle-ci passe par tous les acteurs d’un projet. » De plus en plus d’éco-organismes existent aujourd’hui et favorisent une meilleure gestion des déchets, du mobilier de seconde main, l’appel à des entreprises spécialisées dans le recyclage de matériaux… Des innovations qui se traduisent dans le travail concret du KoMuT, de la société Krill Design ou de l’Atelier Déambulons selon Thomas Garmier. Ces initiatives peuvent être mises en avant grâce aux différents canaux de communication qui sont multiples aujourd’hui, et plus particulièrement sur les réseaux sociaux.

Comment convaincre le client d’adopter une démarche RSE ?

Il est nécessaire d’expliquer, d’informer, pour que le client se sente impliqué. Pour Bérangère Tabutin, architecte d’intérieur, membre du CFAI, qui a géré divers projets inscrits dans une démarche RSE, l’idée est d’aller le plus loin possible, et de ne pas s’arrêter au greenwashing : « Le promoteur a besoin de pouvoir communiquer sur les produits et de savoir de quoi on parle. Sur l’un de mes derniers chantiers, on a fait un reporting photo de l’avancée du chantier, en allant faire des visites d’usines pour montrer concrètement au client les actions. Cela nous a permis d’aller au-delà des 20 % de mobilier recyclé. » Pour sensibiliser les acteurs, l’éco-organisme Valdélia agit également en accompagnant toutes les parties prenantes d’un projet d’aménagement. Un suivi qui doit se faire le plus tôt possible selon Léa Querrien, cheffe de projet innovations chez Valdélia : « On ne peut pas consommer et aménager un espace en économie circulaire ou tout simplement responsable en s’y prenant du jour au lendemain, il faut y réfléchir en amont. »

Résidence étudiante Ecla, Noisy-le-Grand, réalisation Agence B Bonus © BB Bonus

Marie Carcassonne et l’équipe de Dyn-Amo ont adressé un questionnaire à tous leurs fournisseurs dans le but de connaître leurs démarches mises en place. « Je pense qu’il y a un vrai marché à prendre, rien qu’en regardant le résultat du questionnaire : seulement 10 % des fournisseurs que nous avons contactés ont apporté une réponse, pas toujours exploitable. » Comment Dyn-Amo procède à son sourcing ? « On tâtonne beaucoup le terrain. Nous faisons de la recherche active en participant à des salons, en nous abonnant à des newsletters pour connaître les nouveaux fournisseurs… » explique Marie Carcassonne. Dans le milieu professionnel, le réseau est essentiel. Le Pôle Action, association issue du Conseil français d’architecture d’intérieur (CFAI) , dont Bérangère Tabutin est membre, permet d’échanger des informations sur des pratiques, des expérimentations, des tests de matériaux.

Le rôle du designer dans la démarche RSE

Thomas Delagarde, architecte d’intérieur et designer, fondateur de son studio en 2019, est en adéquation avec cette idée de travailler les projets en amont. Dans le cadre d’un récent projet avec Adagio, ce n’est pas sur les ressources de matériaux qu’il a appuyé sa réflexion, mais plutôt sur l’aménagement d’espace : « Nous avons réfléchi à la manière dont on habite l’espace, dont on consomme le mobilier. Le projet est né d’un constat : dans un appartement de 4 personnes, seulement 2,4 y sont réellement. On a donc une partie du mobilier qui est en trop. Avec Adagio, j’ai donc imaginé du mobilier modulable multi-usage, disponible pour les espaces chambres, mais également pour les parties communes. »

Projet de mobilier modulable, Thomas Delagarde avec Adagio © Adagio
Projet de mobilier modulable, Thomas Delagarde avec Adagio © Adagio

Un manque d’outils et de méthodologies

Manque de data sur les résultats des actions, manque d’outils d’analyses, de formations, démultiplication des labels…  Solenne Ojea-Devys déplore une vision nébuleuse d’informations, et une difficulté à quantifier et mesurer les effets : « Nous n’avons pas encore tous les outils et toutes les réponses, donc il faut souvent faire des choix. Plus il y aura des choses concrètes à mesurer, et également faciles à communiquer à son client final, et plus on pourra avancer. » Au vu du manque d’informations  ou de la réticence de certains tiers, il faut donc se fixer des objectifs concrets : « Il faut mettre l’accent sur quelques actions précises afin que le fabricant ou le client puisse s’y retrouver » explique notamment Marie Carcassonne. Une idée que rejoint Thomas Garmier, qui évoque l’importance de développer une relation de confiance entre tous les acteurs pour mener à bien un projet. Et c’est en ayant cette relation qu’un écosystème va se créer. Maxime Legendre expose notamment que chez Evertree, leur qualité de précurseur a permis de leur créer un statut de référent qui rassure. Il conclut son propos : « C’est en étant force de proposition qu’on arrive à créer un mouvement et une dynamique. On ne veut généralement pas être le premier à se lancer, mais on ne veut pas être le dernier non plus. »

© Okko Hotels

Rendre visible l’invisible

Au-delà du fait de mener des actions, les rendre perceptibles au plus grand nombre est un travail à faire sur une plus grande échelle. Chez Evertree notamment, Maxime Legendre explique qu’en tant que fabricant de résine, matériau « invisible » à l’œil nu, la nécessité de sensibiliser sur les résultats visuels pour la santé et la qualité de l’air a été un point important à prendre en compte pour justifier leur démarche.

© Evertree

Autre moyen de rendre visible : l’étiquetage environnemental. Sur ce point, Marie Carcassonne a suivi une formation avec le FCBA afin de l’adapter ensuite à son mobilier et de communiquer sur ce point avec le fabricant après. Pour autant, cette initiative n’est pas sans difficulté, puisque pour du mobilier catalogue, c’est réalisable mais pour du mobilier sur mesure de petites séries, le fabricant aura moins d’intérêts à suivre ces démarches. Une autre solution intéressante : encourager les petites entreprises à s’engager, comme l’explique Bérangère Tabutin : « Après avoir convaincu le client, il faut réussir à expliquer ce que l’on a trouvé, ce qu’il y a d’intéressant dans ce produit sur le long terme. »

Un virage à ne pas manquer

S’il n’y a pas de cadre fort législatif, de réseaux d’informations bien explicites, qu’il faut convaincre, tous les participants insistent sur le fait que les mentalités changent. Il faut continuer à être proactifs dans ce domaine, à toutes les échelles, du bâti à l’aménagement, du matériau au réemploi… Et trouver les équations budgétaires, quitte à repenser la notion même d’investissement dans une projection plus large.

Le mot de la fin reviendra à Bérangère Tabutin dont le dernier projet de campus d’étudiants (Résidence Ecla à Noisy-le-Grand), obtenu lors du premier confinement, résume bien la tendance à prendre : « J’ai répondu à cet appel d’offres en décidant d’y mettre tout ce dont j’avais envie : développement durable, intelligence collective… Et c’est ça qui me l’a fait remporter. Depuis deux ans, j’ai appris énormément de choses, j’ai rencontré beaucoup de monde. C’est un sujet sur lequel on devient rapidement un moteur. Donc il faut se lancer, c’est le moment ! »

Rédigé par 
Maïa Pois

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14/4/2026
5VIE Design Week : une édition sous le signe de l’émotion

Du 20 au 26 avril, à l’occasion de la Design Week de Milan, le quartier 5VIE reprend vie pour une 13e édition avec comme thème « QoT, Qualia of Things », qui replace l’humain et les émotions au centre de tout. Explications avec Ernesta Del Cogliano, cofondatrice de l’événement.

Comment est né le projet 5VIE ?

Le projet est né il y a 13 ans. À l’origine, il y avait cette envie de requalifier le centre historique de Milan, qui était quelque peu délaissé pendant la Design Week, comme c’est souvent le cas dans de nombreux centres historiques. Nous avons interrogé tous les secteurs de la création : la mode, l’art, la gastronomie… mais l’art et le design ont très vite pris le dessus. Et le nom 5VIE est assez anecdotique : il provient tout simplement d’une plaque située au croisement de plusieurs rues. Ce n’était pas référencé par Google au départ ; la popularité du quartier est venue ensuite, grâce à notre travail au fur et à mesure des années.

Le thème choisi pour cette édition est « QoT, Qualia of Things ». Que signifie-t-il ?

Qualia, en italien, fait référence à chaque expérience personnelle que nous vivons, percevons et ressentons face à quelque chose. C’est très subjectif et profondément individuel. Il nous semblait important de remettre l’individu et l’être humain au centre, davantage que l’intelligence artificielle, dont on parle beaucoup en ce moment. Nous avons voulu nous concentrer avant tout sur les sensations et les émotions. Avec l’autre cofondateur, Emmanuel Tessarolo, nous avons assisté à de nombreuses conférences et lu beaucoup d’ouvrages sur le sujet.

Diriez-vous qu’il existe une forme d’opposition entre l’humain, les émotions, et le numérique ou l’IA ?

Ce n’est pas vraiment une opposition, mais plutôt une mise en perspective. Nous pensons que la perception, la pensée et la sensibilité humaines sont plus essentielles que l’Internet des objets et le numérique, d’une certaine manière. Nous souhaitons simplement remettre l’humain et les émotions au centre, tandis que la technologie doit rester un support, un outil, sans jamais remplacer l’humain. C’est une vision assez holistique.

Quelques mots sur les participants de cette 13e édition ?

Plus de 90 artistes et designers sont attendus tandis qu’en parallèle, nous exposerons les productions 5VIE qui rassemblent des pièces spécialement conçues pour l’événement. C’est important pour nous de montrer que 5VIE n’est pas seulement un lieu d’exposition ou un district, mais aussi un producteur engagé auprès des designers. Parmi eux Tadeas Podracky, Marco Guazzini, Danny Candotto, Elisabeth Lewis ou encore Noe Kuremoto. Et chaque année, plusieurs créateurs proches du projet nous rejoignent, comme Richard Yasmine, venu du Liban, à qui nous offrons un espace et un soutien pour exposer son travail. Nous présentons également un projet important avec le studio mo man tai, déjà présent l’an dernier à Cesare Correnti. Nous leur avons demandé de concevoir l’entrée des Cavallerizze qui est un long corridor au caractère brutaliste, en imaginant une installation spécifique au lieu.

Où se déroulera l’événement ?

Trois lieux principaux accueilleront la programmation : l’appartement du 14 Corso Magenta, qui présentera entre 20 et 25 designers ; les Cavallerizze, au Musée national des sciences et des technologies au 4 Via Olona, un espace de 1 600 m² qui accueillera une vingtaine d’installations et enfin le SIAM, au 18 Via Santa Marta, siège de 5VIE. Au-delà de ces lieux, l’ensemble du quartier 5VIE sera investi par des expositions.

Comment se déroule la sélection ?

De nombreux participants viennent directement à nous, car ils se reconnaissent dans notre identité et notre ADN. Pour les productions, je travaille sur le long terme : je découvre des designers tout au long de l’année, et je leur propose ensuite de participer. Parfois, ce sont eux qui viennent à moi. C’est avant tout une question de sensibilité. Nous avons également l’aide de curatrices comme c’est le cas avec Maria Cristina Didero et Anna Karnik, avec qui nous collaborons depuis longtemps, connaissent parfaitement notre vision et sont ainsi en mesure de proposer de nouveaux designers chaque année.

Quelles sont vos attentes pour cette édition ?

Je veux que les gens prennent du plaisir. Il y a actuellement beaucoup de tragédies dans le monde, et cette édition est là pour apaiser, faire du bien. Nous ne prétendons pas répondre à ces enjeux, mais juste offrir un moment de joie. L’objectif n’est pas de montrer des objets destinés à la vente, mais plutôt de proposer des visions, des suggestions, avec cette volonté principale de susciter de l’émotion. Le message que j’aimerais surtout faire passer est d’encourager chacun à penser de manière plus humaine et moins technologique, afin que les cœurs puissent se connecter.

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10/4/2026
Formafantasma ou le design analytique

Unanimement acclamé par l’industrie et les musées, ce duo nous invite depuis ses débuts à poser au design les questions qui fâchent, tout en y apportant des réponses élaborées sans gâcher le plaisir des yeux.

On ne présente plus ce duo transalpin formé par Andrea Trimarchi et Simone Farresin, deux diplômés de la Design Academy d’Eindhoven qui, plus que jamais, ont su appliquer à leur travail l’approche expérimentale de la célèbre académie. Dès ses débuts, en 2009, le studio s’est en effet inscrit dans une démarche à part, poursuivant parallèlement la création de produits pour les éditeurs et la recherche avant-gardiste plus personnelle, l’une nourrissant l’autre et vice versa. D’où l’intérêt particulier que suscite leur travail partout dans le monde, entraînant les collaborations les plus variées, de l’édition de produit à la scénographie, en passant par le conseil pour des marques et les expositions. Tout le monde veut la caution Formafantasma, mélange parfait entre esprit analytique et désirabilité esthétique.

Collection SuperWire, Flos © Robert Rieger


Premières collaborations

Toujours l’oeil affûté, la galeriste Libby Sellers les déniche pour les mettre à l’honneur à Londres, exposant leur projet Moulding Tradition, où des céramiques siciliennes et notamment les traditionnelles têtes de Maures étaient remises en question dans leur rapport à l’identité locale. C’était en 2010. Depuis, Fendi a suivi, avec le cuir cette fois, ou encore la chicissime cristallerie viennoise J. & L. Lobmeyr, qui réalise leur projet Still pour l’art de la table, un système à charbon pour filtrer l’eau du robinet. Flos, Bitossi, Artek et bien d’autres emboîteront le pas, pendant que des projets plus expérimentaux pousseront le duo à creuser une approche réfléchie et novatrice qui mêle recherches approfondies, exploration de matériaux et engagement sur des questions environnementales et sociales. C’est tout un questionnement plus large sur la culture, la consommation et la durabilité qui s’engage avec Formafantasma, dans lequel le produit devient une forme de narration visuelle et analytique, sans oublier son ancrage dans les problématiques de son temps.

Exposition "La Casa Dentro", Fondazione ICA Milano, 2024 © Andrea Rossetti

L’importance des matériaux

Ainsi, en 2010, leur série Autarchy s’intéresse aux matériaux durables et à l’autosuffisance en matière de production. Dans ce projet, Formafantasma explorait l’utilisation de matériaux naturels locaux et renouvelables en se concentrant particulièrement sur la terre cuite et les processus artisanaux liés à cette matière. Plus tard, en 2017, à la NGV Triennial de Melbourne, puis en 2018 à la Triennale de Milan, ce sera au tour d’Ore Streams d’illustrer leur intérêt pour les matériaux issus du recyclage et de l’économie circulaire. En collaboration avec des experts en chimie, Formafantasma y étudiait les métaux extraits des déchets électroniques pour créer plusieurs objets, tout en soulevant des questions sur l’exploitation minière et les processus de fabrication de l’électronique. En réutilisant ces matériaux comme source de création, le duo continuait là son parcours, cherchant à sensibiliser le public aux impacts environnementaux des industries modernes. Mais le champ d’investigation du duo ne connaît pas de limites, comme le prouvait encore l’année dernière l’ensemble de meubles baptisé La Casa Dentro, produit par les galeristes romains de Giustini Stagetti et exposé à la Fondazione ICA de Milan. Ici, c’est tout le cliché de la domesticité genrée qui se retrouvait décortiqué et pris à contrepied, jouant le contraste entre l’esthétique tubulaire du modernisme et les fioritures sans équivoque d’une fleur peinte ou d’une broderie cousue main. L’occasion pour Formafantasma de mettre à mal la virilité sobre et rigoureuse vantée à l’époque par certains comme Adolf Loos, en opposition à l’ornement « criminel » des courants vus précédemment dans l’histoire des arts décoratifs. Un énième travers du design qui ne pouvait pas échapper à la loupe de Formafantasma. Quel sera le prochain ?

Exposition "La Casa Dentro", Fondazione ICA Milano, 2024 © Andrea Rossetti

Dernières actualités

En juin 2025, le duo avait passé un nouveau cap avec une première exposition américaine à New York à la galerie Friedman Benda. Intitulée Formation, cette dernière présentait un ensemble de 11 pièces en bois, où la planche est utilisée en tant que forme primaire pour se déployer à travers des produits allant du sofa à la chaise en passant par la table ou encore des lampes. Un projet remarqué, qui a de nouveau été mis à l’honneur en mars 2026 à l’occasion du salon TEFAF à Maastricht, pour un rendu tout en équilibre, à l’image du duo.

Collection Formation, Tefaf Maastricht, Courtesy of Friedman Benda and Formafantasma ©JeroenvandeGruiter
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10/4/2026
Chez String Furniture, la gamme Museum s’agrandit

Avec le Piédestal et le Trolley, String Furniture diversifie sa collection Museum. Dessinées par les Suédois de TAF Studio, ces deux nouvelles typologies, destinées à la sphère domestique, poursuivent l’héritage minimaliste et mobile de la marque.

Initiée pour la rénovation du Musée national de Stockholm en 2018, la collection Museum s’enrichit aujourd’hui du bout de canapé fixe Piédestal et du Trolley. Si le premier prolonge la logique d’exposition domestique chère à String Furniture, le second se distingue par une typologie plus inattendue. Faisant suite au bougeoir et à la table d’appoint conçus quelques années auparavant, ce petit chariot s’inscrit dans la continuité d’une collaboration entre deux visions contemporaines du design suédois. Avec ses lignes pures et sa construction orthogonale, la gamme convoque des références industrielles. « Nous nous sommes beaucoup inspirés d’objets utilitaires et plus globalement du monde de l’industrie. C’est ce qui explique notre palette de couleurs ou encore les formes des modules rappelant les poutres en I », explique Mattias Ståhlbom, cofondateur du studio. Un dépouillement autant qu’« une approche pragmatique », traduite notamment par le traitement monochrome de la matière. Le meuble s’efface ainsi au profit des objets qu’il accueille, devenant un support presque muséal pour le quotidien.

Museum Trolley par TAF Studio ©String Furniture


Le mouvement comme geste de design

Forts de « cette bibliothèque de constructions et de formes mise en place progressivement avec la création des modules Museum », les designers ont imaginé « un petit meuble dynamique et étroit, dessiné pour s’adapter à de nouveaux emplacements où un chariot peut se glisser et être utile ». En dépit de ses étagères fixes, le Trolley fait du mouvement un principe central grâce à ses roulettes. Au-delà du contraste formel avec la construction rectiligne de l’objet, ce détail lui confère une véritable polyvalence d’usage. « Pour nous, la dimension utilitaire des objets et leur capacité à bien vieillir doivent susciter une forme d’attachement. » Une vision à long terme, fondée sur l’évolution et l’usage, qui rejoint pleinement l’ADN de String Furniture.

Museum Trolley par TAF Studio ©String Furniture


Deux créations dans la continuité

Fondée en 1949 par les architectes Nisse Strinning et Kajsa Strinning, String Furniture s’impose comme une figure majeure du design scandinave grâce à une approche rationnelle et évolutive du mobilier. En développant dès l’origine le String System, une structure légère et modulable restée presque inchangée depuis plus de 75 ans, la marque a su s’adapter aux mutations des modes de vie. Cette pérennité repose notamment sur la sobriété visuelle du système initial. Depuis, la gamme s’est enrichie en passant du format compact String Pocket aux évolutions contemporaines comme Pira G2, réinterprétée par Anya Sebton et Alexander Lervik. Fidèle à cette continuité, la marque s’ouvre aussi à des collaborations ciblées, prolongeant son esthétique et son identité fonctionnelle. Outre TAF Studio, les Suédois de Form Us With Love ont développé plusieurs extensions, dont la solution de rangement modulaire Center Center destinée aux espaces de travail grâce à ses cubes métalliques. Véritablement structurantes, ces collaborations sont pour l’entreprise nordique autant d’occasions de conjuguer un héritage moderniste et un certain renouvellement stylistique. De quoi maintenir un dialogue entre rigueur industrielle et usages contemporains pour String Furniture.

Ci-dessous : Museum Piédestal ©String Furniture

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9/4/2026
eba dévoile les couleurs tendances pour la cuisine en 2026

La marque spécialisée dans l’aménagement et la personnalisation de cuisine haut de gamme eba s’adonne à créer des projets à l’image de ses clients tout en prenant en compte les inspirations actuelles, notamment en termes de couleurs.

Pour l’année 2026, la couleur en cuisine s’inscrit dans une recherche d’équilibre entre naturalité, douceur et expression personnelle. Les palettes évoluent vers des tonalités enveloppantes, inspirées de la matière et du paysage, tout en laissant place à des choix plus affirmés. Chez eba, ces nuances sont pensées comme des éléments structurants du projet, en dialogue avec les volumes, la lumière et les textures. Découvrez une sélection de couleurs représentatives de la marque, imaginées pour s’adapter au mieux à tous les types de cuisines.

Noyer Terre

Cette teinte chaleureuse, profondément ancrée dans l’univers du bois évoque la continuité de la matière, notamment par le travail du veinage, qui renforce la sensation d’unité et d’authenticité dans l’espace cuisine.

© Florian Wattier

Cloud Dancer

Sélectionnée comme couleur de l’année 2026, Cloud dancer s’inscrit dans une palette de gris délicats, subtils et lumineux. Chez eba, il s’apparente au Gris Brume, une nuance douce et enveloppante qui capte la lumière sans jamais durcir l’espace.

© Florian Wattier

Vert Sauge

La teinte Vert Sauge, plus expressive, trouve naturellement sa place dans des cuisines d’inspiration classique ou campagnarde en apportant une dimension végétale et apaisante, tout en affirmant une identité plus marquée.  

© Héctor Santos-Díez

Gris Vison

Un coloris neutre intemporel, élégant et discret qui constitue une base solide pour structurer la cuisine, tout en offrant la possibilités d’associer d’autres matériaux et couleurs.

© Elodie Gutbrod

Tons de bleu

Chez eba, le bleu se révèle dans toutes ses nuances, des teintes pastel aux bleus profonds. Il ouvre la voie à des cuisines plus personnelles, notamment grâce à la possibilité de réaliser des laques sur mesure. Cette approche permet d’explorer l’ensemble du nuancier RAL et offre une grande liberté de création pour harmoniser la cuisine avec un papier peint ou une pièce de mobilier.  

© Florian Wattier

Découvrez plus d’informations et inspirations via CE LIEN, et pour commencer un projet c'est juste ICI.

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