Skip to main content

Dirigée par quatre designers de légende, l’agence milanaise de production de verre FontanaArte a fait du verre un matériau élégant, affranchi de ses contraintes industrielles. Ce qu’explique « Vivere nel vetro », exposition satellite à la 59e biennale d’art contemporain de Venise. Un hommage muséal immanquable à cette société iconique.

Depuis 2012, sur l’île de San Giorgio Maggiore, le projet culturel et espace d’exposition Le Stanze del Vetro, abrité par la fondation Giorgio Cini, a pour but de proposer des évènements dédiés « à l’étude des formes modernes et actuelles de l’art du verre. » Cette année, sous la houlette de Christian Larsen, curateur au MAD de New York, « Vivere nel vetro, House of Glass » présente environ 85 pièces produites par FontanaArte, agence de verre flotté créée par Luigi Fontana, en 1881. Didactique, chronologique, l’exposition très esthétique démontre à travers six salles le rôle majeur de la société italienne dans l’évolution formelle et fonctionnelle de ce matériau, au fil de ses différentes directions. 

Gio Ponti et Pietro Chiesa : de l’Antique Revival au modernisme des formes

 

Après un plongeon au cœur du savoir-faire de l’agence, dans les années 1930, à travers un film, focus est fait sur l’apport de Gio Ponti, directeur entre 1932 et 1933, au design inspiré de l’antiquité classique, illustré parmi d’autres exemples par coupe et piédestal (1934), en verre, bois et métal, évoquant un fût de colonne cannelée. De même, l’évènement explique le travail du maître verrier Pietro Chiesa, qui le rejoint à la direction à partir de 1933. Ce dernier ayant fait intervenir les artisans de son propre atelier au sein de la société a su proposer un langage plastique neuf dont témoignent des tables en verre incurvé, à l’épure moderniste.

Vue de l’exposition FontanaArte. Vivere nel vetro, Max Ingrand, Lampe, 1957© Enrico Fiorese, Courtesy Le Stanze del Vetro
Vue de l’exposition FontanaArte. Vivere nel vetro, Gae Aulenti, Table Tour, 1993 et au second plan, Ettore, Vase, 1979 et Umberto Riva, Lampe de table, 1980 © Enrico Fiorese, Courtesy Le Stanze del Vetro

Max Ingrand, poète de la lumière et des reflets 

 

Les deux salles suivantes réévaluent à juste titre la contribution du maître verrier français Max Ingrand, à la tête de FontanaArte, entre 1954 et 1967. Ses lignes de lustres et de miroirs figurent parmi les objets en verre design les plus poétiques à la maison. Son Chandelier Dahlia de 1958 rappelle les pétales d’un bourgeon en fleurs de verre courbé, fixées à une structure métallique rayonnante, alors que son miroir avec lampe pilote (1955), composé de verre concave et réfléchissant, de cabochons de cristal et laiton, crée de splendides jeux de lumière exacerbés par le rétroéclairage et les cristaux.

Vue de l’installation House of Glass, exposition FontanaArte. Vivere nel vetro © Enrico Fiorese, Courtesy Le Stanze del Vetro

Gae Aulenti, le verre personnalisable

 

Directrice entre 1979 et 1996, Gae Aulenti innove avec un design multifonction et met en exergue la créativité de ses créateurs – Piero Castiglioni, Renzo Piano, Ettore Sottsass et Umberto Riva -. Giova, sa lampe de table iconique en verre soufflé et métal, à la fois luminaire et vase (1964), implique le propriétaire dans l’usage de la pièce. Ainsi disait-elle, en 1972, lors de l’exposition « Italy, The New Domestic Landscape », au MoMA de New York : « Un objet design est constitué d’éléments mettant en exergue leur finalité d’origine, tout en restant ouvert à leur fonctionnalité future. » Près de splendides pièces de Sottsass ou Riva, on découvre encore Tour, table d’Aulenti en verre, acier chromé et pneu (1993), aux titre et pieds évoquant la légendaire compétition française, tout en faisant joyeusement allusion à Roue de bicyclette, premier Ready Made de Marcel Duchamp.

Vue de l’installation House of Glass, exposition FontanaArte. Vivere nel vetro © Enrico Fiorese, Courtesy Le Stanze del Vetro

« House of Glass », une utopie ?

 

Au fil du parcours, le visiteur prend réellement la mesure du caractère visionnaire de l’agence, culminant dans les derniers espaces. Là, une enfilade de salles rythmée par des murs de verre illustre une « maison de verre » constituée uniquement d’objets FontanaArte, interagissant entre eux et dans l’espace. Le verre comme matériau idéal ? Certes, si des modernistes comme Pierre Chareau ou Mies Van Der Rohe ont repris en partie ce postulat, le mérite revient à Fontana et Ponti qui, avant eux, ont su détourner le verre industriel en matériau pour objets et mobilier domestiques élégants et luxueux.

Virginie Chuimer-Layen

À la biennale de Venise, le verre est design et poétique

Dirigée par quatre designers de légende, l’agence milanaise de production de verre FontanaArte a fait du verre un matériau élégant, affranchi de ses contraintes industrielles. Ce qu’explique « Vivere nel vetro », exposition satellite à la 59e biennale d’art contemporain de Venise. Un hommage muséal immanquable à cette société iconique.

Depuis 2012, sur l’île de San Giorgio Maggiore, le projet culturel et espace d’exposition Le Stanze del Vetro, abrité par la fondation Giorgio Cini, a pour but de proposer des évènements dédiés « à l’étude des formes modernes et actuelles de l’art du verre. » Cette année, sous la houlette de Christian Larsen, curateur au MAD de New York, « Vivere nel vetro, House of Glass » présente environ 85 pièces produites par FontanaArte, agence de verre flotté créée par Luigi Fontana, en 1881. Didactique, chronologique, l’exposition très esthétique démontre à travers six salles le rôle majeur de la société italienne dans l’évolution formelle et fonctionnelle de ce matériau, au fil de ses différentes directions. 

Gio Ponti et Pietro Chiesa : de l’Antique Revival au modernisme des formes

 

Après un plongeon au cœur du savoir-faire de l’agence, dans les années 1930, à travers un film, focus est fait sur l’apport de Gio Ponti, directeur entre 1932 et 1933, au design inspiré de l’antiquité classique, illustré parmi d’autres exemples par coupe et piédestal (1934), en verre, bois et métal, évoquant un fût de colonne cannelée. De même, l’évènement explique le travail du maître verrier Pietro Chiesa, qui le rejoint à la direction à partir de 1933. Ce dernier ayant fait intervenir les artisans de son propre atelier au sein de la société a su proposer un langage plastique neuf dont témoignent des tables en verre incurvé, à l’épure moderniste.

Vue de l’exposition FontanaArte. Vivere nel vetro, Max Ingrand, Lampe, 1957© Enrico Fiorese, Courtesy Le Stanze del Vetro
Vue de l’exposition FontanaArte. Vivere nel vetro, Gae Aulenti, Table Tour, 1993 et au second plan, Ettore, Vase, 1979 et Umberto Riva, Lampe de table, 1980 © Enrico Fiorese, Courtesy Le Stanze del Vetro

Max Ingrand, poète de la lumière et des reflets 

 

Les deux salles suivantes réévaluent à juste titre la contribution du maître verrier français Max Ingrand, à la tête de FontanaArte, entre 1954 et 1967. Ses lignes de lustres et de miroirs figurent parmi les objets en verre design les plus poétiques à la maison. Son Chandelier Dahlia de 1958 rappelle les pétales d’un bourgeon en fleurs de verre courbé, fixées à une structure métallique rayonnante, alors que son miroir avec lampe pilote (1955), composé de verre concave et réfléchissant, de cabochons de cristal et laiton, crée de splendides jeux de lumière exacerbés par le rétroéclairage et les cristaux.

Vue de l’installation House of Glass, exposition FontanaArte. Vivere nel vetro © Enrico Fiorese, Courtesy Le Stanze del Vetro

Gae Aulenti, le verre personnalisable

 

Directrice entre 1979 et 1996, Gae Aulenti innove avec un design multifonction et met en exergue la créativité de ses créateurs – Piero Castiglioni, Renzo Piano, Ettore Sottsass et Umberto Riva -. Giova, sa lampe de table iconique en verre soufflé et métal, à la fois luminaire et vase (1964), implique le propriétaire dans l’usage de la pièce. Ainsi disait-elle, en 1972, lors de l’exposition « Italy, The New Domestic Landscape », au MoMA de New York : « Un objet design est constitué d’éléments mettant en exergue leur finalité d’origine, tout en restant ouvert à leur fonctionnalité future. » Près de splendides pièces de Sottsass ou Riva, on découvre encore Tour, table d’Aulenti en verre, acier chromé et pneu (1993), aux titre et pieds évoquant la légendaire compétition française, tout en faisant joyeusement allusion à Roue de bicyclette, premier Ready Made de Marcel Duchamp.

Vue de l’installation House of Glass, exposition FontanaArte. Vivere nel vetro © Enrico Fiorese, Courtesy Le Stanze del Vetro

« House of Glass », une utopie ?

 

Au fil du parcours, le visiteur prend réellement la mesure du caractère visionnaire de l’agence, culminant dans les derniers espaces. Là, une enfilade de salles rythmée par des murs de verre illustre une « maison de verre » constituée uniquement d’objets FontanaArte, interagissant entre eux et dans l’espace. Le verre comme matériau idéal ? Certes, si des modernistes comme Pierre Chareau ou Mies Van Der Rohe ont repris en partie ce postulat, le mérite revient à Fontana et Ponti qui, avant eux, ont su détourner le verre industriel en matériau pour objets et mobilier domestiques élégants et luxueux.

Virginie Chuimer-Layen

Design Parade 2022 : découvrez les nouveaux lauréats

Claire + Lea © Grégoire_Couvert2

Le 23 juin, le festival Design Parade s’est ouvert à Toulon avec les expositions d’architecture d’intérieur suivies le lendemain par l’inauguration des expositions de design à la villa Noailles à Hyères, un évènement à la fois grand public et pointu. Au total, 20 jeunes talents entraient en concurrence avec des projets de grande qualité. Découvrez les lauréats de cette édition 2022.

Depuis 2006, la villa Noailles accueille la Design Parade, fondée et dirigée par Jean-Pierre Blanc et présidée par Pascale Mussard. Le festival se divise depuis 2016 entre Hyères – pour le design – et Toulon -–pour l’architecture d’intérieur. Il a pour mission de mettre à l’honneur 20 jeunes créateurs, en leur offrant une vitrine ainsi qu’un accompagnement complet pour la réalisation de leur présentation. Dans chaque section, un jury professionnel récompense des lauréats dans des prix rendus possible grâce à une dizaine de partenariats qualitatifs (comme le Mobilier national, la fondation Carmignac ou encore la manufacture de Sèvres, Chanel…) Les expositions sont ouvertes au public jusqu’au 4 septembre pour celles de Hyères et jusqu’au 30 octobre 2022 pour celles de Toulon. Cette année, le jury de Toulon était présidé par Rodolphe Parente – également invité d’honneur – et retenu pour son style percutant et glamour. Quant à Hyères, le choix s’est porté sur Ineke Hans et son design et sa recherche d’économie de matière.

Design Parade Hyères 2022

Grand Prix du jury : Claire Pondard & Léa Pereyre

Le projet Anima II, réalisé par Claire Pondard & Léa Pereyre a remporté le Grand prix du jury ainsi que le Prix du public de la ville de Hyères pour leur recherche alliant matériau et robotique : Anima II sont des formes mouvantes, qui réagissent à la présence humaine grâce à des capteurs de mouvements : dans un esprit de créatures abyssales, des « simples » feuilles de plastique en 2D se transforment en formes organiques qui montent, descendent et s’étendent.

Ce Grand Prix du Jury de la Design Parade Hyères dote  le duo d’une résidence de recherche d’un an à Sèvres, de la participation au concours en 2023 en tant que membre du jury accompagnée d’une exposition personnelle à la villa Noailles ainsi qu’un séjour de recherche d’un an au Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques de Marseille (Cirva) afin de réaliser un vase en trois exemplaires.

Portrait Claire Pondard+ Léa Pereyre © Clément Harpillard

La Mention spéciale du jury pour Stéven Coëffic

Stéven Coëffic avec son projet « Un moment de distraction fonctionnelle » et ses objets colorés majoritairement réalisés en céramique et en verre reçoit la Mention spéciale du jury. Par sa série de neuf objets, le designer joue avec les codes d’ouverture et de fermeture, les redéfinissant : le coffre s’ouvre grâce à un point de connexion, le lampadaire s’allume par la superposition de deux objets … La démarche design se veut intemporelle avec ses objets qui ne nécessitent pas d’électronique et ses formes simplifiées.

Un prix fruit de l’association d’American Vintage avec le festival qui offre à Stéven Coëffic une dotation pour créer une pièce en collaboration avec eux.

``Un moment de distraction fonctionnelle``, projet de Steven Coeffic.

Design Parade Toulon 2022

Madeleine Oltra & Angelo de Taisne : consacrés par 4 prix

Le duo a fait une prestation fracassante à la Design Parade Toulon 2022 avec Sardine Sardine en remportant pas moins de 4 prix avec le Prix Chanel, le Prix Van Cleef et Arpels, le Prix Carmignac et le Prix du jury. Sardine Sardine nous plonge dans sa tente en toile aux couleurs chaleureuses et dorées. Entre la Ricorée, les figues sur la table, le lit de camp et la bouilloire frémissante, ce projet offre une immersion complète appelant à l’aventure. Le duo a dessiné les différentes pièces de mobilier, a su décliner des fauteuils et des lits d’appoints les codes du matériel de camping (matériau, technique) et a repris dans les coutures des revêtements des matelas gonflables. La « tente XXL » est entièrement démontable et transportable sur un toit de voiture équipé. Les deux jeunes designers se sont ingéniés à détourner des matériaux (tapis de sol) pour mieux revisiter les objets du quotidien dans un principe ergonomique.

Créé en 2019, le Prix Visual Merchandising décerné par Chanel permettra au duo de réaliser un projet de création à hauteur de 20 000€. Ce dernier sera exposé lors de la Design Parade Toulon 2023. Quant au Grand prix Van Cleef & Arpels, il dote les gagnants d’une bourse de 5 000€. Nouveautés 2022 : un accompagnement en conseil en image et relations presse par l’agence David Giroire Communication est proposé pendant un an ainsi qu’une possibilité de collaborer avec Delisle pour créer une pièce d’une valeur de 10 000€. Sans oublier le développement d’un projet créatif avec Codimat Collection, projet ayant vocation à rentrer dans les collections de la maison. Enfin, 2022 marque également l’arrivée de la Dotation de la fondation Carmignac qui récompense le duo avec une participation au concours en tant que membre du jury, une exposition personnelle à Toulon à la Design Parade Toulon 2023 et une invitation dans une résidence à créer un objet faisant le lien avec la philosophie du lieu.

Projet Sardine Sardine, lauréats Angelo de Taisne et Madeleine Oltra © Luc_Bertrand
Portrait Madeleine Oltra et Angelo de Taisne © Clément Harpillard

Paul Bonlarron, Prix du Mobilier national à Toulon

C’est dans la matière molle que Paul Bonlarron trouve son inspiration et pense sa toilette aux coquillages comme une coquille habitable, mêlant miroir de nacre, fresque rocailleuse et motifs marins sur les pas des rocailleurs méditerranéens du XVIIe siècle.

Ce Prix du Mobilier national lui offre alors l’occasion de développer un projet créatif avec son l’Atelier de Recherche et de Création (ARC). L’institution – qui met en avant le design contemporain – permettra à Paul Bonlarron de présenter en 2023 son prototype au cours d’une exposition scénographiée par lui.

Prix du public de la ville de Toulon pour Marthe Simon

L’oursinade remporte le Prix du public de la ville de Toulon pour son intérieur évoquant l’oursin avec ses motifs inspirés de la villa Kérylos.

Olivia Demigneux

 

 

 

 

 

L'oursinade, projet de Marthe Simon © Grégoire Couvert

Carl Hansen & Søn, le classique danois

visuel-chaise-carl-hansen-intramuros

Le 7 juin à Milan, la marque danoise Carl Hansen & Søn a proposé une exposition immersive autour de la Wishbone chair proposée en série limitée et en 9 coloris dans le flagship du Foro Bonaparte, via Arco. Knud Erik Hansen, le PDG, troisième génération, y dévoile la chaise CH24 par Ilse Crawford dans des coloris allant du vert fluo au vert bouteille, du blanc craie au rouge sang.

La VLA26, chaise Vega et la série Foyer de Wilhem Lauritzen comptent également parmi les dernières nouveautés de cette entreprise familiale qui en trois génération a su faire évoluer son chiffre d’affaires ces 20 dernières années de 500% passant de 50 employés à près de 600 personnes dans l’usine la plus moderne d’Europe. Cette usine n’est pas de celle que l’on croit, bruyante, aliénante, étouffante. On est loin de l’industrie à la Zola. Néanmoins, il faut un certain degré d’abnégation pour travailler 38 heures par semaine sur la même pièce, peaufinée sans fin, poncée et re poncée, dans le même sens, qui de droite à gauche et qui de gauche à droite, dans le respect du travail de l’architecte Wilhem Theodor Lauritzen, auteur de l’aéroport tout en longueur de Copenhagen ou de l’ambassade danoise à Washington. Le travail comptait avant tout en premier pour lui. 

« L’architecture doit être appliquée pour tous et ne jamais être un privilège pour les few », aimait-il expliquer. En 1921, il obtient son diplôme d’architecte et fonde son studio en 1922 pour concourir pour l’aéroport de Copenhague sur les terminaux 1, 2 et 3. En concurrence avec Arne Jacobsen sur le Terminal L de l’aéroport de Washington, il proposera un résultat tout simple avec un plafond en vague de carrelage blanc et des portes pivotantes en teck. Les projets de l’agence Lauritzen aujourd’hui sont de grande ampleur, pouvant couvrir des projets de halls de 2500 m2. Sur le dernier projet de l’ambassade d’Inde à Copenhague, l’agence, (installée dans de magnifiques locaux sur les quais de Copenhague) est en compétition avec Kengo Kuma. Ils conçoivent tout, de la peinture à l’imprimante 3D.

© Carl Hansen & Søn
© Carl Hansen & Søn

L’usine la plus moderne d’Europe

 

Depuis Copenhague, pour se rendre sur l’usine la plus moderne d’Europe, mais la plus artisanale aussi, il faut prendre vers l’ouest jusqu’à Gelsted sur l’ile de Fionie, et découvrir ces rois du recyclage qui depuis plus de 110 ans, transmettant du grand-père au père, puis au fils Knud Erik Hansen un outil de travail fantastique pour le meuble a profité à 300% de la pandémie. Affirmant haut et fort qu’il tient à transmettre le hand made aux générations du futur, rendant un hommage ému à sa mère Ella qui a su reprendre le business à la mort de son père en 2002, Knud Erik Hansen reprend le family business et étend sa présence à l’international. Carl Hansen (1908), Holger Hansen (1934), Jørgen Gerner puis Knud Erik Hansen, trois générations auront suffi pour faire des chaises en bois de teck ou de chêne tourné, des icônes du design.

© Carl Hansen & Søn

Un design de référence est chez Carl Hansen & Søn une combinaison de simplicité, d’esthétique et de fonctionnalité matérialisé par un travail d’excellence avec les meilleurs matériaux. Et au Danemark, le meilleur matériau, c’est le bois et la corde de papier. Le partenariat le plus créatif a commencé en 1949 avec Hans J. Wegner et la chaise Wishbone qui représente l’ADN de l’entreprise et dont Carl Hansen & Søn est le premier fabricant mondial et les rend accessible à travers des showrooms dans le monde entier de New York à Tokyo, de Barcelone à Paris. A l’usine, techniques traditionnelles (tressage, ponçage, découpe…) et nouvelles technologies (robotisation des taches les plus pénibles) se combinent pour rester dans le respect des normes de qualité les plus exigeantes, pratiques honnêtes et durables.

Chaise ND54 © Carl Hansen & Søn
Chaise CH24 © Carl Hansen & Søn

Le développement durable danois

 

Les classiques du mobilier danois de Kaare Klint, Arne Jacobsen, Nanna Ditzel, Poul Kjaerholm… s’étoffent de nouvelles collaborations avec Rikke Frost, Mads Odgard, Anker Bak ou Morten Gøttler. Un récent partenariat a été engagé avec Ilse Crawford, l’architecte japonais Tadao Ando, le trio de designers autrichiens EOOS ou le designer américain Brad Ascalon.

© Carl Hansen & Søn

Carl Hansen & Søn s’engage depuis des années en faveur du développement durable. De la stratégie globale à la solution simple, dans une volonté de prendre soin des êtres humains et de la planète, Carl Hansen & Søn investit dans des équipements de pointe moins énergivores et fournit à ses artisans des conditions de travail saines et sûres. Le bois provient de forêts et de scieries gérées de manière durable. L’intégralité du bois acheté est utilisée à la fabrication ou les chutes servent de combustible dans une centrale de chauffage urbain qui alimente 400 foyers à Gelsted. Les fauteuils Carl Hansen sont produits pour durer au de-là d’une vie et pour être transmis. Des services de réparation et de remise à neuf ont même été mis en place pour donner une seconde vie au meuble. Chez Carl Hansen & Søn, design et restauration vont de pair.

Bénédicte Duhalde

The ODP Letter N°664

Thumb-ODP-664-Intramuros

Semaine du 28.06.2022

mardimercredijeudivendredisamedi
• dimanche • lundi •

­
Voilà que depuis une semaine les journées raccourcissent. La liste de vos rendez-vous design également. Il est donc plus que temps d’en profiter, surtout quand ils vous offrent des rencontres privilégiées avec ceux qui écrivent l’histoire du design (vous saurez les retrouver ci-dessous) ou ceux qui les collectionnent.

Ainsi, pour célébrer le 10e anniversaire du Cercle Design 20/21 (des passionnés d’objets du XXe et XXIe siècle qui participent à la vie des collections de Design du MAD), le musée des Arts décoratifs dévoile en effet, un nouvel accrochage des œuvres acquises grâce à la générosité des membres du Cercle. Ces acquisitions sont présentées en regard des collections permanentes dans un parcours renouvelé avec des thématiques contemporaines telles que la conscience environnementale, l’éco-conception et le lien aux matériaux naturels.

Thématique que l’on retrouve dans l’emballage durable pour les cosmétiques.

Des tendances que vous irez toucher du doigt au salon Paris Packaging Week, ou caresser des yeux directement ici.

Alors, enjoy et surtout, take care !

Mardi 28 juin

Céramique, une matière d’architecture – 9h / 11h30

Matinée workshop animée par Maëlle Campagnoli, journaliste (Architectures À Vivre)
autour de la céramique, matière d’architecture. Conférence de l’architecte David Trottin (Marin + Trottin – Périphériques architectes) suivie d’un Cocktail / networking
en présence des responsables prescription et technique de huit fabricants de solutions en céramique, qui présentent leurs produits et matériaux : Borja Ceramica, Estilker, Estudio Ceramico, Dune, Saloni, Todagres, Peronda, Museum et Harmony.

Inscription ici

Cité de l’architecture Hall d’About ⎢ 7 av. Albert de Mun – Paris 16 (M° Trocadéro)

 

Linvosges – 9h30 / 15h30

Journée presse Linvosges autour de sa collection Automne-Hiver 2022.

Hôtel Amour ⎢ 8 rue de Navarin – Paris 9 (M° Pigalle)

 

Ora – 10h / 20h

Journée presse de présentation de la lampe Ora signée Studio 5.5, fruit de la collaboration entre Designerbox et Leroy Merlin. Une lampe de bureau innovante qui devrait libérer votre manière de travailler ! À tester en avant-première dans l’atelier des créateurs.

Studio 5.5 ⎢ 8 rue Popincourt – Paris 11 (M° Voltaire)

 

Déserts – 18h / 22h

Vernissage de l’exposition « Déserts » (29/30-06) par Jean-Pierre Heim, architecte international et explorateur, une collection, des dessins artistiques « in Situ » et des peintures de plusieurs voyages en Egypte, Nubie, Soudan, Arabie Saoudite et Jordanie. Des voyages et explorations dans des contrées lointaines et désertées à la recherche d’une identité, source d’inspiration pour y construire des lodges et préserver la proximité des sites touristiques et archéologiques.
Hôtel de l’industrie ⎢ 4 pl. St-Germain des Prés – Paris 6 (M° St-Germain-des-Prés)

 

Performance – 19h30

Dans le cadre de la Fashion week et de la présentation de sa nouvelle collection dans la boutique – atelier, performance intéractive de Gustavo Lïns, « architecte du vêtement ». Des toiles de vêtements blancs peintes en live à 20h. À vous d’en redemander, ou de le stopper avec les hashtags #arrête ou #encore.

Gustavo Lïns ⎢ 219/221 rue St-Martin – Paris 3 (M° Arts et Métiers)

Mercredi 29 juin

Paris Packaging Week 2022 – 09h / 19h

Salon de l’innovation packaging pour la beauté, les boissons, le luxe et les PGC (29/30-06). De quoi sourcer également les dernières solutions en matière d’emballage durable à l’Éco-tour de la Paris Packaging Week 2022.

Cérémonie du challenge des étudiants avec les lauréats de concours de conception d’emballages (15h/15h45).

Inscription ici
Paris ExpoHall 7.2 ⎢ pl. de la Pte de Versailles – Paris 15 (M° Pte de Versailles)  

 

Vente Onlive – 16h

Session vente Onlive d’œuvres d’art contemporain, design et céramiques françaises, qui offre un regard sur la production de créateurs au cours de la seconde moitié du XXe siècle. Œuvres de l’artiste italien Luigi Salvi et du céramiste Roger Capron.

Piasa ⎢ 118 rue du Fbg St-Honoré – Paris 8 (M° St-Philippe-du-Roule) 

 

Table dressée à découvert – 18h

Atelier conférence Bernardaud. Couteaux, assiettes ou serviettes… apprenez à bien les placer, bien les entretenir et découvrez leur histoire insolite.

Tarif 40€.

inscription auprès de ateliersinstitut@bernardaud.com

Bernardaud ⎢ 11 rue Royale – Paris 8 (M° Concorde/Madeleine) 

 

La Pyramide de Ponzi – 18h / 21h

Vernissage de l’exposition de la Pyramide de Ponzi (30-06/23-07), sous le commissariat de Mark Molk qui a sélectionné trois artistes, Mathieu Cherkit, Raphaël-Bachir Osman et Françoise Pétrovitch, invités eux-mêmes – sans aucune contrainte ou droit de regard de sa part – à en sélectionner chacun trois autres, auxquels ils laisseraient la même liberté que celle qui leur était accordée…

Galerie Valérie Delaunay ⎢ 42 rue de Montmorency – Paris 3 (M° Arts & Métiers) 

 

Les Lampes Belharra – 19h / 22h

Présentation des lampes Belharra par Mathilde Bretillot et Paul Couderc – lauréats du projet “Mon île” pour Mondes Nouveaux – nouvelle collection en édition limitée par Cornichon Studio. Des lampes en polymère 100% biosourcé issu de l’amidon de maïs et de coquilles St-Jacques, imprimées en 3D.

Boutique du MAD ⎢ 107 rue de Rivoli – Paris 1 (M° Palais Royal) 

Jeudi 30 juin

PaperClass Procédés Chénel – 09h / 17h

3 sessions PaperClass hors les murs au sein de Make Ici, Nantes.

L’opportunité de découvrir les dernières nouveautés de Procédés Chénel – architectures de papier – au sein d’un lieu exceptionnel : Ici Nantes, installé sur 1600 m2 d’ateliers partagés par des artisans menuisiers, ébénistes, métalliers (forgeron, ferronnier d’art, coûtelier…), tapissier d’ameublement, designer (produits, espace, papier…), architectes, prototypeurs… et la seule Matériauthèque du Grand Ouest !

Visite de la manufacture, découverte de la matériauthèque et du travail de Samantha Milhet, paper artist.

 

Inscription auprès de info@chenel.com

Make Ici ⎢ 24 rue de la Mitrie – Nantes 44

Vendredi 01 juin

R.A.S.

Samedi 02 juin

Wax ! – 10h30

Inauguration de l’exposition Wax ! (02-07-22/05-02-23), en présence d’Anne Grosfilley, commissaire et conceptrice de l’exposition, Prêts de collection.

De l’élaboration des maquettes au processus d’impression, de l’effervescence des marchés à l’atelier des tailleurs, des magazines papier glacé aux défilés Haute Couture, l’anthropologue Anne Grosfilley invite à découvrir la richesse et la complexité du wax. À travers des collections uniques, cette exposition propose un voyage dans trois continents, pour appréhender les multiples facettes d’une étoffe où s’expriment la rencontre et le dialogue des cultures, d’hier à aujourd’hui.

Musée de Bourgoin Jallieu ⎢ 17 rue Victor Hugo – Bourgoin-Jallieu 83

Dimanche 03 juin

Picnic – 11h / 19h

4e édition du Picnic au MacVal pour rassembler tous les publics. Venez avec votre panier pique-nique ou restaurez-vous sur place, pour une journée de découvertes gustatives, musicales ou artistiques. Moment convivial et festif ponctué de programmations dans le jardin et les différents espaces du musée, avec visites et ateliers en famille, performances, séances de massage des mains, échanges de saveurs, troc de livres, expériences musicales…

MacVal ⎢ pl. de la Libération – Vitry-s-Seine 94 

Lundi 27 juin

R.A.S

Pas encore abonné à la Newsletter ODP ?

Abonnez-vous pour recevoir chaque semaine le meilleur des sorties design.

Puisqu’on en parle

­
Lues dans Innovation Packaging Beauté, les cinq tendances en matière d’emballage durable par Eva Lagarde, fondatrice de la société de conseil et de formation Re-Sources.

Faut-il passer à une gamme entièrement en aluminium, promouvoir le zéro déchet, utiliser des matériaux 100% PCR, explorer de nouveaux matériaux innovants ?

« Qu’il s’agisse de coproduits des industries agricoles ou alimentaires (fruits de mer, champignons, noix de coco, bambou, canne à sucre…) forestières (bois, écorces…) ou de déchets de céramique, de nombreux matériaux envahissent l’univers de l’emballage.

Ces matériaux sont attrayants pour la notion d’innovation qu’ils confèrent et l’intérêt qu’ils présentent en storytelling. Il y a beaucoup à dire aux consommateurs sur les nouveaux composés d’emballage. Tout d’abord, on s’éloigne du pétrole, des microplastiques, des déchets océaniques et de tout le reste, et ensuite, l’aspect technologique et naturel est une histoire captivante.

À titre d’exemple, The Shellworks développe actuellement de nouveaux emballages à partir d’un polymère digéré par des bactéries et certifié entièrement biodégradable. Il se dégrade dans un composteur industriel en cinq semaines environ.»

Chez The Shellworks, en effet, la nature est l’inspiration et tous leurs matériaux sont créés à l’aide d’outils les plus pointus. En résulte une bibliothèque de matériaux pour fournir des solutions holistiques et compostables qui répondent aux besoins des produits.

Car l’entreprise a parié sur le sevrage absolu du plastique à usage unique dans l’industrie de la beauté.

Ciblant les marques de cosmétiques, la start-up biotechnologique basée à Londres a récolté un tour de table de 6,2 millions de dollars pour prouver qu’elle peut faire évoluer son emballage compostable sans pétrole, qui « fonctionne comme du plastique » mais se décompose dans la nature en environ un an, selon la société.

Le premier produit de type plastique de Shellworks a été développé à partir de déchets de coquillages, mais moins d’un an après le début de son existence, la startup s’est tournée vers l’utilisation d’une substance grasse extraite de cellules bactériennes, qui « se comporte comme un polyester naturel » et est végétalienne, selon co-fondateur et chef de produit Amir Afshar.

« Nous sommes des optimistes critiques et désireux de trouver des solutions à des problèmes vraiment difficiles. Notre vision est de briser la dépendance à l’égard de l’industrie pétrolière en créant une nouvelle norme d’emballage performante, compétitive et véritablement durable », a déclaré le PDG Insiya Jafferjee, qui a cofondé Shellworks après avoir passé près de trois ans chez Apple.

L’emballage est responsable d’environ 70 % des émissions de carbone du secteur de la beauté, selon le British Beauty Council.

The Shellworks est l’une des nombreuses entreprises qui développent des alternatives aux emballages en plastique, sans le temps de décomposition de 500 ans qui est estimé pour certains produits pétroliers. Notpla, qui fabrique des sachets à base d’algues pour les sauces, Avantium, qui développe des récipients à base de sucre pour les sodas et la bière, et Cruz Foam, qui transforme les carapaces de crevettes en une alternative au polystyrène.

Amir Afshar l’affirme, « notre objectif est de combiner notre expertise en science, en conception et en ingénierie pour résoudre l’un des problèmes environnementaux les plus problématiques de notre époque : la pollution plastique. Nous sommes fiers de notre processus, de notre innovation et de notre impact. Nous suivons tous nos ingrédients bruts ainsi que notre empreinte carbone […] Nous apprécions également que nous soyons tous confrontés à l’un des plus grands défis de notre époque et aimerions partager nos connaissances et notre compréhension pour aider les entreprises à devenir plus durables.»

« Lorsque nous avons commencé à enquêter sur la crise de la pollution plastique, nous avons constaté que même s’il existait de nombreuses grandes innovations, elles s’appuyaient sur une infrastructure industrielle pour les traiter en fin de vie. Notre mission principale était de développer un matériau qui pourrait se dégrader, comme une brindille ou une branche, dans n’importe quel environnement naturel. Si l’un de nos matériaux atteint les environnements marins ou du sol à sa fin de vie, il sera décomposé en composés organiques bénins.

Pour nous, la durabilité ne signifie pas seulement des matériaux naturels, cela signifie regarder l’ensemble du cycle de vie. Nous veillons à ce que nos solutions soient durables du début à la fin

Ils ont ainsi conçu Vivomer. Vivomer est créé par les micro-organismes abondants dans les environnements marins et terrestres. À la fin de sa vie utile, ces mêmes microbes voient Vivomer comme une source de nourriture et le consomment, ce qui signifie qu’il ne reste jamais de microplastiques nulle part !

The Shellworks vous invite à les suivre dans leur laboratoire, où il y a à boire et à manger ! Une vidéo toute britannique comme on les aime !

Edelgrund projette le tapis et le kilim dans la modernité

L’éditeur iranien Edelgrund rend le plus bel hommage à l’héritage Perse en s’opposant justement à son image classique.

C’est l’histoire de tapis persans qui sont tissés à la main à Téhéran par des petites mains expertes iraniennes. Ils sont imaginés, crées et conçus par des artistes Perses presque pure souche… Sauf que la collection de tapis et de kilims Edelgrund ressemble à tout sauf à des tapis persans. Zéro fioriture, nul orientalisme, pas de volutes et d’entrelacs bavards, pas de couleurs comprises dans la très traditionnelle et inoxydable gamme sourde et chaude des tapis persans classiques -ceux que l’on identifie tous sous ce nom devenu générique. A la place, chaque création Edelgrund est une démonstration de modernité. Les motifs sont pour ainsi dire cubistes, les traits pointillistes et les formes géométriques. Ces designs sont presque « graphés », jetés et empilés dans un mouvement moderniste par la designer Alireza Lofti et le développeur de produits Mahshid Askari. Les coloris sont doux et contemporains, juste épicés de rais de lumière et de teintes gourmandes, électriques ou savoureuses, c’est au choix. 

Ouwen & Paolo's © Jonas von der Hude & Irina Graewe/Edelgrund
Massal ©J onas von der Hude & Irina Graewe/Edelgrund

« Les créations d’Edelgrund témoignent de l’artisanat persan traditionnel dans un langage de conception moderne et expressif », confirme la maison, depuis son bureau allemand. « Avec chaque pièce, Edelgrund nous emmène dans un voyage aux racines historiques des techniques de fabrication traditionnelles, vers des matériaux d’une subtilité et d’une provenance particulières. Les designers internes d’Edelgrund à Téhéran, en Iran, s’inspirent souvent d’images historiques, mais dans une interprétation moderne. De plus, la collaboration d’Edelgrund avec des designers internationaux est une puissante motivation pour repousser les limites des capacités de production et de conception ». 

Massal © Jonas von der Hude & Irina Graewe/Edelgrund
Alasht © Jonas von der Hude & Irina Graewe/Edelgrund

Les dessins très modernes, presque exploités à contre-emploi quand on parle d’artisanat séculaire, transmettent la richesse de la fabrication de tapis traditionnels d’une manière « rafraîchissante et nouvelle », a-t-on pu entendre dans les allées de Maison et Objet, où Edelgrung expose. Les produits sont faits à partir de laine 100% cueillie à la main, colorée avec des teintures végétales naturelles et du fil filé à la main. 

Isabelle Manzoni

Retour sur la 16e édition de Design Miami

Du 14 au 19 juin 2022, la Messeplatz de Bâle accueillait la 16ème édition de Design Miami/ Basel  sur le thème « The Golden Age : Rooted in the Past ». L’occasion pour la nouvelle directrice artistique de la manifestation, Maria Cristina Didero, de nous présenter les nouveautés.

Cette 16e édition de Design Miami/ Basel permettait les expositions de 34 des plus grandes galeries du monde, parmi lesquelles la Friedman Benda new-yorkaise, la parisienne Galerie Meubles et Lumières ou encore la BABS Art Gallery de Milan. Par ailleurs, 17 expositions Curios – c’est-à-dire une plateforme invitant les designers, conservateurs, innovateur et galeries à présenter des cabinets de curiosités tout au long de la foire – étaient présentées, telle la Rademakers Gallery et l’installation Altar of Imagination de Kiki van Eijik. Nouveautés également avec la première exposition « Podium » à Bâle, la série inaugurale de projets satellites spéciaux et le cycle de conférences variées.

Rademakers Gallery, espace Curio au salon Design Miami 2022 © James Harris

La présentation des nouveautés

Inspiré par le thème « The Golden Age », le « Podium » de la foire est une exposition-vente explorant espaces géographiques et chronologiques, comme l’explique Maria Cristina Didero : « Podium devient une plateforme de réflexion sur la manière dont ces pièces peuvent susciter des discussions sur la scène du design d’aujourd’hui. » Ainsi, les pièces modernes se mêlent aux pièces historiques, passant du luminaire de Faye Toogood à la chaise Capricone de Vladimir Kagan. Une sélection que Maria Cristina Didero décrit par « La sélection des pièces repose sur les émotions qu’elles peuvent transmettre, elles ne sont pas liées les unes aux autres, mais elles sont ici parce que chacune d’entre elles est très importante et franche. Je vois beaucoup d’émotion et de sensibilité dans ces objets. » Visibles à la fois sous forme physique et en ligne, elles peuvent être achetées tout au long de l’évènement.

Espace Podium au salon Design Miami 2022 © James Harris

Notons par ailleurs le Special Satellite Projects, marquée par Pulse Topology, l’installation du Mexicano-Canadien Rafael Lozano-Hemmer. Ses 6000 ampoules forment une expérience immersive avec les capteurs de pouls réalisant un enregistrement des battements du cœur des visiteurs, ajoutant le pouls de chaque nouveau visiteur au rythme de la lumière. Autres découvertes avec les porcelaines de Diego Cibelli, Méditation en cas d’urgence, et les meubles inspirés par la nature de Joseph Walsh Studio.

Installation Superblue Pulse Topology par Rafael Lozano Hemmer au salon Design Miami 2022 © World Red Eye

Enfin, un cycle de conférences, numériques ou en personne, ont eu lieu autour de la nature même du design. Le futur du design ? La montée des NFT ? La popularité des designs des années 1980 ? Autant de thèmes éclectiques qui ont pu être abordés sous l’organisation de Maria Cristina Didero. 

Les galeries mises à l’honneur  

 

Quatre galeries ont été particulièrement remarquées. La hollandaise Morentz a reçu le Prix pour la meilleure galerie avec son installation mélangeant les oeuvres rares en célébrant « le meilleur du design international du milieu du siècle, unissant intuitivement les expressions nordiques, italiennes, américaines et brésiliennes » pour reprendre les mots du conseiller Simon Andrews. 

Gallerie Morentz, prix Curio de la meilleure galerie au salon Design Miami 2022 © James Harris

Quant au Prix du meilleur Curio, il revient à la Faina Gallery avec sa designer d’origine ukrainienne Victoria Yakusha et sa tapisserie de deux mètres symbolisant le lien indéfectible des Ukrainiens à leur sol.

Galerie FAINA, prix du meilleur Curio au salon Design Miami2022 © World Red Eye

Récompense également pour la Galerie Meubles et Lumières qui reçoit le Prix du meilleur objet historique grâce à l’ensemble de mobilier de bureau signé Pierre Poutout et rappelant les années 1970. 

Galerie Meubles et Lumieres, prix Curio du meilleur objet historique au salon Design Miami 2022 © James Harris

La Galerie Maria Wettergren n’est pas en reste puisqu’elle obtient le Prix du meilleur objet contemporain pour Planet de la danoise Astrid Krogh que résume l’architecte Lee Mindel par « Faite de feuilles d’or, d’argent, de platine, d’aluminium et de fibres optiques – avec son flux de lumière en mouvement et ses diverses surfaces vibrantes – Planet d’Astrid Krogh est un festin pour les yeux ».

Olivia Demigneux

Planet, design Astrid Krogh de la Galerie Maria Wettergren, prix Curio du meilleur objet contemporain au salon Design Miami Basel 2022 © World Red Eye

Intramuros 212 : cet été, une invitation au voyage

Couv-intramuros-212-tn

Découvrir le numéro
S’abonner

 

De Los Angeles à Paris, du camping jusqu’au vol transatlantique, Intramuros part à en voyage.

Le design se fait ici nomade, répondant à nos envies de vents nouveaux. Accessoires high-tech, vans électriques, objets éclectiques, ce numéro d’été d’Intramuros offre une vision très large du design. À travers la découverte de nouveaux éditeurs faisant appel à de grands noms pour se lancer, de parcours variés, d’Edward Barber & Jay Osgerby à Goliath Dyèvre, en passant par des projets d’architectures intérieure dépaysants, Intramuros vous fait voyager au gré de ses rencontres et de ses inspirations.

Novembre 2021. Dans le bus, une jeune femme pose devant moi son tote bag noir, qui expose une citation de la romancière américaine Susan Sontag : « Je n’ai pas encore été partout, mais c’est sur ma liste. » Telle une revendication, dans cette période de réouverture progressive des frontières – et en pleine réflexion du planning éditorial 2022 –, cette phrase résonne alors très fortement. Voyager, explorer de nouveaux paysages, partir sur les routes en nomade…, dans l’Hexagone et au-delà.

Cette envie d’ailleurs est un appel d’air ressourçant, notre quotidien regorge déjà de ces hybridations culturelles devenues naturelles. Qui s’étonne aujourd’hui de trouver dans le salon des canapés bas aux structures inspirées des tatamis, des cotons indiens dans le linge de maison, des baguettes dans les tiroirs à couverts…?

Si la globalisation des marchés a apporté une certaine uniformité, reconnaissons aussi que l’internationalisation des échanges a ouvert nos modes de vie à des influences extérieures. Les éditeurs eux-mêmes n’hésitent pas depuis longtemps à faire appel à des designers de continents différents pour ouvrir les gammes, et participent à leur façon à ce grand métissage des pratiques et des inspirations.

Partir à l’étranger est loin d’être une décision facile, mais c’est toujours une étape dans une carrière pour qui accepte de jouer le jeu de l’immersion.

Et si l’acquis professionnel est important, ces workshops, résidences ou tout simplement séjours hors du territoire sont indéniablement des expériences fortes sur le plan personnel qui nourrissent l’esprit et l’imagination. Car la confrontation à une autre culture incite à un face-à-face avec soi- même, et à l’interrogation de ce qui nous anime. Sans oublier l’essentiel, comme le poursuit Susan Sontag : « Ce que je veux, c’est être au cœur de ma vie – être là où l’on se trouve, contemporain de soi-même dans sa vie, prêter une totale attention au monde, qui vous inclut »

Nathalie Degardin

À la Villa Savoye, Nathalie Du Pasquier est « chez elle »

À Poissy, la Villa Savoye a donné carte blanche à Nathalie Du Pasquier dans le cadre de l’exposition « Chez eux, une carte blanche à Nathalie Du Pasquier » qui se tiendra jusqu’au 25 septembre. L’occasion de « meubler » à nouveau cette villa imaginée par Le Corbusier et inhabitée depuis 1940.

Membre du mouvement Memphis lancé par l’Italien Ettore Sottsass à Milan dans les années 1980, la designer franco-italienne Nathalie Du Pasquier s’est attaqué pour la première fois à un monument historique. L’exposition « Chez eux, une carte blanche à Nathalie Du Pasquier », qui a pour commissaire Yvon Lambert, s’est vue choisir ce titre du fait de la volonté de Nathalie Du Pasquier de redonner vie à ce lieu, qui fût la résidence secondaire de la famille Savoye dans les années 1930-1940. Conçue par Le Corbusier entre 1928 et 1931 à la demande de Pierre et Eugénie Savoye, la villa a depuis été reconduite en lieu de visite culturelle.

Vue in situ de l'exposition ``Chez eux, une carte blanche à Nathalie Du Pasquier`` à la villa Savoye, Poissy © Didier Plowy

Des oeuvres pensées pour être en harmonie avec la Villa

 

Composée de douze réalisations, cette exposition carte blanche de Nathalie Du Pasquier se traduit en une sorte de dialogue avec les murs de couleurs présents dans la villa, et en référence à la Polychromie architecturale, une théorie de la couleur avancée par Le Corbusier. De fait, elle explique que ces réalisations, qui agissent comme des oeuvres composites, ont été pensées « comme des trompes l’oeil, des faux meubles, venus pour habiller et apporter une âme à ces différentes pièces à vivre ».

Vue in situ de l'exposition ``Chez eux, une carte blanche à Nathalie Du Pasquier`` à la villa Savoye, Poissy © Didier Plowy

Un bel hommage et une mise en valeur du travail de l’architecte, qui a cependant demandé une certaine réflexion liée à des contraintes techniques dues au statut de monument historique du lieu. En effet, le peu de surface disponible et l’impossibilité d’accrocher des œuvres aux murs a restreint les possibilités de réalisations, mais s’est avéré au final bénéfique, « Grâce à cette contrainte de ne rien pouvoir accrocher aux murs, j’ai développé de nouvelles pièces » témoigne t-elle.

Vue in situ de l'exposition ``Chez eux, une carte blanche à Nathalie Du Pasquier`` à la villa Savoye, Poissy © Didier Plowy

Le résultat permet d’offre une certaine « nouvelle âme » à la villa, qui à travers ses nombreuses fenêtres entourant la bâtisse, permet des jeux de lumière interessants avec les réalisations de la designer.

Maïa Pois

« Norman Foster Motion » : une histoire de l’automobile

Thumb-ferrari-250-gto-Intramuros

Jusqu’au 18 septembre 2022, le musée Guggenheim de Bilbao accueille l’exposition « Motion, Auto, Arts et Architectures » conceptualisée par l’architecte Norman Foster et avec pour commissaires d’exposition Lekha Hileman Waitoller et Manuel Cirauqui.

38 voitures entourées de 300 œuvres retracent l’histoire de l’automobile tout en invitant le visiteur à imaginer son évolution future. Six espaces et dix salles proposent un voyage chronologique à travers plus d’un siècle de créations automobiles, tout en dressant un brillant parallèle avec les différents courants artistiques et architecturaux de la même période.

Des voitures qui ont marqué l’histoire

 

L’exposition permet de retracer l’histoire des voitures qui ont marqué l’univers de l’automobile et qui ont impacté notre mode de vie. Parmi elles, se trouve la Volkswagen Type 2 ou également surnommée la « Samba ». Il est aussi possible de retrouver une BMW 600 et une Fiat 500. Chacune de ces trois voitures ont eu un impact sur notre mode de vie et dans la démocratisation de l’automobile à travers l’Europe et l’Amérique du Nord.

Jean Bugatti, Bugatti Type 57SC Atlantic, 1936, Merle & Peter Mullin, Melani & Rob Walton and the Mullin Automotive Museum Foundation © Photograph by Michael Furman

L’exposition regroupe également des voitures de légende comme la Ferrari 250 GTO, qui a été pendant de nombreuses années la plus chère du monde et pour cause, elle n’existe que sous 36 exemplaires. Il y est également présenté une Aston Martin DB5, modèle mythique de la saga James Bond et aussi une Citroën DS de 1971.   

Giotto Bizzarrini, Ferrari 250 GTO, 1962, Ten Tenths © Ben de Chair

Une invitation à imaginer le futur de l’automobile

 

La dernière salle proposée dans l’exposition est nommée Future et est composée de travaux imaginant l’avenir de l’automobile. La Norman Foster Fondation a en effet proposé aux étudiants de seize écoles de design et d’architecture, venant de quatre continents différents, d’imaginer le monde automobile à la fin du siècle. Leurs travaux qui comportent entre autres des dessins, des maquettes, des vidéos et des textes sont le résultat du travail des élèves avec l’industrie automobile. Ils abordent des sujets comme la pollution, les embouteillages et le manque de ressources qui font écho aux mêmes problématiques qui ont poussé à la création des voitures à la fin du XIXe siècle.

Autos, Art, Architecture Installation views, 2022 © Guggenheim Museum Bilbao 2022 - Erika Ede

Immersion dans l’univers de l’automobile

 

Les autres espaces que comprend l’exposition sont consacrés à un atelier de modelage en argile, des maquettes et une expérience sonore immersive. Autre découverte, l’envers du design automobile, avec un intéressant tableau recréant, au sein du musée, l’atelier de modelage de General Motors. L’installation, qui rajoute un élément vivant à l’exposition, est celle utilisée pour la LYRIQ EV. 

Les maquettes qui viennent de la collection Hans-Peter Porsche Traumwerk permettent de voir l’impact des voitures sur l’univers des jouets ou des reproductions à taille réduite ou grandeur nature. Pour le projet Didaktika, qui a pour but la création d’espaces éducatifs, l’exposition a imaginé une expérience sonore immersive présentant les voitures exposées de manière globale grâce à des silhouettes minimalistes. Cette activité permet l’écoute des voitures en mouvement et ce, tout au long de l’expérience.

© Intramuros

L’exposition « Motion, Auto, Arts et Architectures » permet ainsi de se plonger dans l’histoire de l’automobile depuis sa création jusqu’à nos jours tout en observant l’influence que le milieu artistique à pu avoir sur elle. L’exposition nous invite également à voir une vision de son futur et à l’imaginer tout en réfléchissant aux problèmes actuels de la voiture. Elle permet également une expérience unique par la découverte d’un studio de modelage fonctionnel et une immersion sonore grâce au son des voitures.

Amandine Borg

Refik Anadol : à quoi rêve une machine ?

Jusqu’au 29 août 2022, le Centre Pompidou-Metz accueille l’Americano-Turc Refik Anadol et son installation « Machine Hallucinations – Rêves de nature ». Une première pour la Grande Nef du musée qui se voit ainsi confier à un seul artiste avec sa sculpture/peinture numérique.

Né en 1985 en Turquie et travaillant à Los Angeles, Refik Anadol s’est imposé comme le pionnier dans le monde de l’art numérique et des crypto-monnaies de collection. Fasciné par les machines, son œuvre est à la croisée de l’architecture, de l’intelligence artificielle et de l’esthétique pour une immersion complète qu’il réalise avec son algorithme, créé en collaboration avec l’équipe de recherche quantique de Google AI. L’installation « Machine Hallucination » est donc une plongée directe dans les rêves d’une machine…

Une combinaison algorithmique

 

Dès ses premiers pas dans la salle, le visiteur est happé par les formes mouvantes et colorées de l’oeuvre, formant comme une chorégraphie. Les couleurs sont changeantes, passant du bleu au vert et du rouge au gris, sur une toile numérique de 10m x 10m soit plus de 100m2 d’images en mouvement permanent. Spectaculaire, cette sculpture de données est le fruit de 300 millions de photographies de nature, réunies entre 2018 et 2021. L’algorithme développé par la suite, l’IA GAN, permet une combinaison de formes, de pigments et de motifs de 20 minutes. Le tout accompagné d’une expérience sonore, également réalisée par un algorithme.

Refik Anadol, Machine Hallucinations - Nature Dreams KÖNIG GALERIE, St. Agnes, Nave, Berlin, Allemagne, 2021
Refik Anadol, Machine Hallucinations - Nature Dreams KÖNIG GALERIE, St. Agnes, Nave, Berlin, Allemagne, 2021

Nos souvenirs de la nature se mélangent alors avec la dimension alternative du monde réel proposée par la machine et forme une expérience multisensorielle. Celle-ci pousse à la réflexion, entre onirisme et nature, en questionnant la collaboration entre technologie, nature et homme.
Olivia Demigneux