Mobilier

La série Foyer s’ouvrira au grand public pour la première fois en octobre 2022 grâce à la collaboration de Carl Hansen & Søn avec Vilhelm Lauritzen Architects.
38 ans après sa mort, l’architecte danois Vilhelm Lauritzen est remis à l’honneur avec le lancement de la série Foyer. Créée exclusivement pour la maison de la radio de Copenhague, la nouvelle collection s’inscrit dans un respect strict du modèle original comme l’exprime Anne Møller Sørensen, associé chez Vilhelm Lauritzen Architects : «En collaboration avec Carl Hansen & Søn, nous avons œuvré pour remettre le confort au goût du jour, tout en préservant le design original qui rend la série intemporelle».
Une collaboration riche en histoire
A son origine, la maison de la radio de Copenhague (Radiohuset) vise à recevoir la radio nationale danoise (la Danmarks Radio). Classée au patrimoine en 1945, elle accueille dès ses débuts le mobilier de la série Foyer, conçu exclusivement pour ce lieu. Elle tient son prestige – d’une part de ses matériaux luxueux comme le marbre du Groenland – et de l’autre de son mobilier. En effet, la série Foyer orne encore cette maison, transformé en l’Académie royale danoise de musique.


Des meubles exemples du fonctionnalisme danois
La série Foyer est avant tout 3 pièces emblématiques : le canapé, la chaise longue et le banc, réalisés en chêne et rembourrés de tissu ou de cuir. Alliage qui en fait la spécificité de ce design que décrit Anne Møller Sørensen : «La série Foyer est un design danois par excellence : simple et classique, et exprimé à travers le regards unique de Vilhelm Lauritzen.» Elle rajoute qu’« il s’agit en effet de meubles conçus pour durer toute une vie », soulignant la volonté de ceux-ci d’être robuste, confortable et adaptable en épousant la forme du corps. Leur fabrication au Danemark rend par ailleurs possible une grande précision dans les pièces avec des boutons et des jonctions réalisés à la main.

Figure du mouvement danois du design moderne, la designeuse et architecte Bodil Kjaer a conçu de nombreuses pièces de mobilier, luminaires et vases en verre. À l’occasion des 90 ans de la designeuse, Karakter présente trois de ses pièces.
Née en 1932 au Danemark, Bodil Kjaer est issue d’une famille déjà bien ancrée dans la création de meubles. Formée à Londres et aux Etats-Unis, elle reviendra finalement à Copenhague pour y créer son propre studio et de s’interésser dans un premier temps à l’aménagement d’intérieur de bâtiments publics.
Très vite, les frustrations esthétiques et fonctionnelles rencontrées par Bodil Kjaer dans son travail la pousse à chercher des solutions en créant des meubles, des luminaires et des vases en verre. Elle a toujours abordé la conception dans l’optique de résoudre un problème.
3 pièces éditées en exclusivité par Karakter
OFFICE DESK
Ce bureau, conçu en 1959, avait été le premier dans son genre, avec un design qu’on pourrait presque qualifié de flottant. Il est surnommé « le bureau de James Bond » en référence à son apparition dans trois films de la saga. Son plateau est en chêne ou en noyer et son cadre en acier.


PRINCIPAL DINNING CHAIR
Cette chaise au dossier circulaire en chêne ou noyer et rembourrée par des coussins en cuir, apporte une touche arrondie, mais tout en légèreté.

PRINCIPAL DINNING TABLE
Cette table, en bois ou noyer massif, fait le lien logique avec la chaise arrondie présenté juste avant, est une traduction parfaite de la vision avant-gardiste et cosmopolite de Bodil Kjaer. Un modele simple mais clarifié.


La distribution du mobilier a toujours été pour les éditeurs, les fabricants ou les distributeurs, de l’ordre du casse-tête. Comment gérer les stocks ? Comment choisir les couleurs ? Comment répondre aux commandes en hausse de 20 % malgré le confinement, la crise de la Covid 19 et un taux de croissance finalement selon l’INSEE de 7% pour 2021. Tentatives de réponses de SIFAS, la CFOC, MY Design et MODA International.
SIFAS et le stock logistique
Le directeur général de Sifas, Jérôme Armaroli, explique avoir toujours mis en place, une politique de stock pour des livraisons rapides. La marque, originaire de Cannes, qui existe depuis 50 ans a toujours su répondre à la demande. La crise qui aurait pu les effleurer à la sortie du 1er confinement s’est limitée à une légère baisse, immédiatement résolue en mars 2021 pour refaire les stocks pour 2022. « Avoir un niveau de stocks important est essentiel pour fournir un marché de l’outdoor en pleine expansion, où canapés et fauteuils, se déplacent en un mouvement de l’intérieur vers l’extérieur. Le passage du salon sur la terrasse se fait dans un même élan. Sifas dispose d’un stock logistique à Lille, 10000 m2 de hangar à Houplines, petite commune (7800 habitants) des Hauts de France, près de la frontière belge et les meilleures ventes de la marque sont le canapé Komfy d’Eric Carrère qui propose six références déclinées en trois couleurs. Il permet de faire le maximum de combinaisons avec le minimum d’éléments. C’est actuellement le salon bas le plus vendu en Europe dans le haut de gamme premium après Dedon, Royal Botania, Cassina, B&B Italia et Minotti. Grâce à l’Ameublement Français/le French Design, la bataille du made in France semble gagnée. Samuel Acoccebery était convoqué le 21 janvier à l’Elysée pour la remise des « French Design 100 Award winners », pour célébrer aux côtés d’Emmanuel et Brigitte Macron, le succès du design français qui peut compter sur 1700000 entreprises artisanale et 3,1 millions d’actifs. »


Sifas offre une customisation maximale avec seulement six références grâce à un gros travail en amont sur le design dans le bureau interne qui compte trois personnes et qui effectuent des allers-retours incessants et permanents d’ajustement avec les designers pour un délai de livraison entre huit et quinze jours. « La particularité du outdoor exige une saisonnalité de mars à juillet. Les autres entreprises ont été dépassées par les événements. Sifas a su anticiper le problème. Avec seulement 50 personnes en France mais ses propres usines en Chine, Sifas peut alimenter sans problème l’Europe mais également les Etats-Unis avec une offre en couleurs en permanence stockées : blanc, taupe ou gris. Si un besoin particulier se déclare, Sifas produit en quatre semaines des produits à la carte qui jouent avant tout de la qualité d’une soixantaine de tissus sur une structure en aluminium recyclé. Tout est organisé à l’avance pour produire de deux pièces à deux cents pièces supplémentaires qui seront livrées à 95% par camion. Car l’avenir du design, c’est le fret et en transport, malheureusement, le fret ferroviaire été abandonné. Sernam, Gondrand, Shenker sont les transporteurs français qui essaient d’éviter les ruptures dans ce fil de livraison de mobilier monté. Pour les transports intercontinentaux, c’est encore le bateau avec une seule gare en Europe, à côté de Brême, l’aboutissement moderne des nouvelles routes de la soie. »

Sifas a un seul objectif : la durabilité des produits. Une structure en aluminium dure 20 ans, qu’elle soit peinte en bleu, blanc, gris ou avec effet bois. Sifas s’insurge de la déforestation des grandes forêts primaires où l’on coupe le teck et autres bois tropicaux. Elle affiche un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros et une progression de 20%. Le confinement a donné le temps aux gens de réfléchir aux multiples possibilités d’utiliser l’extérieur, de faire véranda, pergolas ou lodge. Le marché explose en euros devant un dollar fragilisé où il n’est même plus la seule référence en Chine. La dernière collection BIG ROLL du Döppel Studio (Jonathan Omar et Lionel Dinis Salazar) devrait y trouver son public.
Un nouveau CEO à la CFOC
A la CFOC, la Compagnie Française de l’Orient et de la Chine, Louis Desazars, CEO depuis juin 2020 travaille sur le sujet en réflexion quotidienne avec sa Directrice de la Création, Valérie Mayéko Le Héno, et sa directrice marketing, Chloé de Lamberterie, toutes les deux en accord pour suivre les traces du fondateur de la marque François Dautresme. Cet explorateur revenait de ses voyages, les bras chargés d’histoires et de trésors qui faisaient découvrir la richesse des arts de la table, des textiles et l’excellence et la simplicité de la vie paysanne. La collection Pierres de rêve entraîne le visiteur dans la province du Yunnan où les veines du marbre invitent à se laisser guider par la fluidité des eaux. La collection de Valérie Barkowski installée au Maroc, interroge les savoir-faire, explore la broderie et la passementerie ou décline des matières naturelles travaillées avec les savoir-faire chinois, une porcelaine teintée dans la masse avec un émail mat.

« Dans l’ensemble, la CFOC a été épargnée par la crise de la Covid-19 et a réalisé une très belle année 2021 avec plus de 30% de croissance par rapport à 2020 et 2019. Il n’y a pas eu de croissance du trafic mais le panier moyen a connu une croissance à deux chiffres. La boutique est sans cesse remaniée. Elle fait office à la fois de showroom et d’espace de vente. Le site a été refait en octobre 2021 et permet ainsi à la marque CFOC avec ses deux boutiques du boulevard Haussmann et du Boulevard Raspail de prendre sa place de petit acteur dans le monde compétitif des arts de la table et de la décoration. C’est aussi l’opportunité de comprendre les attentes du consommateur, placé au cœur de la réflexion. C’est une marque sur un luxe artisanal où l’on voit la matière avec des objets qui ont du sens et de la profondeur. Le story-telling qui l’accompagne insiste sur les matières sensorielles et naturelles comme le papier Washi ou le coton Khadi. La CFOC propose des produits qui ont du sens, moins industriel, avec un retour sur l’artisanat, des choses plus sensibles, moins mais mieux. La boutique propose 1200 références actives, des objets à la portée de tous.


La CFOC ne suit pas de tendance mais reste fidèle à son style intemporel et contemporain, en ligne et avec les attentes des consommateurs. Sa clientèle fidèle des années 60 a passé le relai aux jeunes générations. Nous ne faisons pas de listes de mariage mais un service personnalisé avec possibilité de broderie sur textile ou gravage sur laque. Notre problématique est celle des artisans, livrer dans les délais et éviter les goulots d’étranglement. Ils manquent de main d’œuvre. Il faut former, former et former. Le saladier en laque Mandarin est fabriqué dans un atelier au Viet-Nam où des artisans experts multiplient les couches pour obtenir cet éclat unique et parfait. Les nuages de Céline Wright en papier Washi fabriqués à Montreuil, flottent dans l’espace. La crise impose de nouveaux délais, parfois trois mois, voire six, voire neuf. Mais c’est le temps minimum pour un produit de qualité. »
MY Design, une histoire de famille
Ancienne PDG de la SAS MY Design, Marie-Line Salançon a passé la main en Août 2021 à son fils Léonard. Une histoire de famille… Baignant dans le design depuis sa naissance au sens propre comme au figuré, Léonard Thomas est une encyclopédie du design qui sait argumenter auprès de ses clients et faire l’éloge d’un design de qualité.
« Avec la crise de la Covid 19, les clients ayant besoin de se sentir en sécurité, nous avons décidé d’ouvrir notre boutique uniquement sur rendez-vous. Nous leurs proposons des horaires très souples, tous les jours de la semaine sauf le dimanche. De plus nous offrons des services supplémentaires comme la mise sur plan et les conseils en décoration. Pour compléter ce dispositif, nous nous déplaçons également chez eux pour leur apporter notre expertise, les aider à choisir les finitions et les dimensions du mobilier comme des luminaires. Pour gérer la croissance de la demande, nous venons de recruter deux nouveaux collaborateurs et deux étudiants en alternance ce qui nous permet de répondre à cette évolution. Malgré la situation actuelle, nos principaux partenaires ont réussi à préserver les délais de fabrication qui sauf exception ne dépassent pas les deux mois. Nous avons un dépôt qui nous permet de stocker toutes les marchandises souhaitées. La pénurie s’est légèrement fait sentir sur certains bois (comme le teck) et l’acier naturellement mais apparemment nos partenaires savent gérer leur stock et leurs réserves. Nous valorisons toujours les designers. Le savoir-faire ne suffit pas. Il faut une signature et c’est un vrai métier. Nous mettons toujours en avant le nom des designers, leur créativité et leur travail »

« Pour renouveler les collections, nous visitons régulièrement les usines de nos partenaires afin de voir en avant-première, les nouvelles créations. Ce sont des choix coup de cœur mais l’esthétique et la fabrication doivent suivre. Une boutique à Paris est essentielle. A l’air du numérique et des ventes sur les sites internet, nos clients ont besoin d’être rassurés, conseillés et accompagnés. Voir un canapé, l’essayer, regarder les tissus ou les cuirs, avoir un conseil pour les dimensions et savoir que nous sommes là pour gérer les moindres problèmes jusqu’à l’installation chez le client sont des points importants. Cela ne peut se faire qu’avec un showroom. Prendre le temps de recevoir est essentiel. Nous vendons des produits luxueux. Il faut un vrai service à la hauteur ! »

Chez MODA, la boutique est le lieu
Pour Pascal Dessagnes, PDG de MODA International, faire revenir le client en boutique a toujours été une préoccupation et « pour être précis, la demande a toujours été constante malgré la pandémie et le confinement. MODA avec ses spécificités cultive et développe une offre comme à la maison avec ses produits, ses projets et ses réalisations de lieux de vie ou d’espaces de travail. Cet état d’esprit se retrouve dans les showrooms. Plusieurs éléments doivent participer à la gestion d’une demande en croissance : une sélection plus rigoureuse et cohérente des produits, une offre de services plus complète et plus performante pour nos clients et un process de gestion de la demande au sein de MODA. Malgré la situation actuelle, cette période très particulière n’impacte pas les délais de livraison qui se situent toujours autour de 8 à 10 semaines. Mais nous l’assurons grâce à un dépôt de 2500 m2. Pour les matières « métaux », on peut noter une augmentation des coûts due, en effet, à une forte demande du marché, d’où des augmentations des tarifs produits.


Chez MODA, le designer est un atout, un gage de qualité de produits et de services, une signature. Avec la même exigence, le même état d’esprit, nos clients recherchent des produits signature, expressions créatives, vecteurs d’image et l’esprit « designers ». Pour renouveler une collection, il faut anticiper les tendances du marché et accompagner nos clients dans la sélection de nouveaux produits, d’éditeurs et de fabricants. Véritable laboratoire de recherches et de réalisations, le bureau d’étude est au cœur de ces renouvellements permanents. La gestion et l’application de nouvelles valeurs telles que l’écologie et l’éco-responsabilité au quotidien ont un rôle déterminant. Une boutique à Paris est indispensable car au de-là du virtuel, du web et des réseaux sociaux, elle offre en présentiel le plaisir « d’essayer un canapé, d’en apprécier les formes, les matières, le moelleux ou la fermeté. La boutique est le lieu, l’espace de leur meilleure expression. Le lien avec le client. »

Repérée sur le salon Maison & Objet à Paris et à la Design Blok21 à Prague, la jeune marque tchèque Master & Master a le vent en poupe. Leur ligne de mobilier et d’accessoires pour la maison séduit au quotidien grâce à un design graphique et fonctionnel.
Les créateurs Ondřej Zita et Luděk Šteigl ont positionné les fondements de l’entreprise Master & Master, comme éditeur et fabricant. En ciblant une clientèle plutôt jeune, logée dans de petits espaces, désireuse de se meubler sans se ruiner, ils choisissent l’option résolument design. Leur identité et leur style se définissent dans une économie de matière et de forme, (essentiellement bois et acier), tout en collaborant avec des designers en interne et externe telle que la designeuse tchèque Lucie Koldová pour le fauteuil Cocoon et la chaise Mistra. Ni bon marché ni haut de gamme, c’est par le juste prix que la marque se distingue, dans un style accessible pour le plus grand nombre à des prix compétitifs. Jana Pouget, responsable commerciale, en autre pour la France, confirme « La phase de la crise sanitaire a été plutôt positive, avec le retour au chez-soi, le cocon que l’on chérit, et l’accélération des achats sur internet. Cependant, nous devons faire face à la hausse considérable du prix des matières premières que nous utilisons, le bois et l’acier. »


L’ensemble de la production est fabriquée en Moravie (région à l’est de la Tchéquie), un atelier de proximité qui s’avère efficace, pour mettre au point toutes les phases de conception du produit et d’en maitriser les étapes de fabrication. Les machines sont sur place pour la découpe, le ponçage ou polissage du bois et du métal, mais aussi pour des techniques précises, telles que la soudure, le thermo-laquage. Jeune et dynamique, l’entreprise s’est tournée vers la vente en ligne via le e-shop, ciblant les pays frontaliers, Allemagne, Autriche, Belgique et Pays Bas. 60% sont des produits standards vendus aux particuliers et 40% via le réseau des architectes pour des projets spécifiques. Si les salons sont porteurs au niveau commercial, l’esprit de ce design rationnel y est palpable, se prolonge au fil des collections.

Master & Master : praticité et compacité
En témoignent les solutions de mobilier et accessoires, déclinés dans de multiples formes et coloris. Leur simplicité correspond au besoin de fonctionnalité dans la maison, en particulier pour les petites surfaces. Chicken du designer Jiří Pelcl joue sur le double usage à la fois table et porte-revues, que l’on peut déplacer au gré de ses envies. Spaguetti, l’irrésistible porte-manteaux, se fait complètement oublier par sa discrète silhouette gracile. Premiers produits lancés par Master&Master, les tréteaux Diamond sont devenus best-seller de la marque ; empilables, on les adopte pour un bureau en télétravail, une table provisoire. Suivant cette idée de modularité, les structures de la table Reverse sont légères et graphiques tandis que les pieds Fix jouent avec trois finitions de plateaux en version haute ou basse.

Basique et élémentaire, le métal tubulaire se réinvente, en plusieurs structures et coloris tout en allégeant les espaces intérieurs du résidentiel et du tertiaire. Plébiscités aussi par les architectes, ces éléments structurels de la marque Master & Master offrent des variations plus flexibles sur mesure, pour les bureaux, restaurants, halls d’accueil… En témoigne la chaise haute empilable UM de Jiří Pelcl et Michal Malášek dont 360 pièces ont été livrées pour l’Académie des arts du design à Prague (UPRUM).

Inspirée des dîners aristocratiques victoriens du XIXe siècle, l’installation « Monobloc Dinner Party » de Pierre Castignola pose question. Scénographie ironique en clin d’œil à une époque révolue ou réflexion sur un banal fauteuil en plastique ? Derniers jours pour la découvrir à la galerie Atelier Ecru à Gand (Belgique).
A la fois artiste et designer, Pierre Castignola n’en n’est pas à sa première expérimentation. Il poursuit ses recherches autour de ce fauteuil emblématique, depuis ses études à la Design Academy de Eindhoven, dont il est diplômé Cum Laude en 2018. Pour cette installation « Monobloc Dinner Party », créée à la galerie Atelier Ecru, il compose, assemble, des typologies du mobilier néobaroque, lustres, chaises et tables, étagères, tabourets avec un matériau unique, le plastique récupéré des fauteuils en plastique d’extérieur.


Dans un joyeux démantèlement de formes, il joue avec les formes archétypales des objets, dans un contraste saisissant, audacieux, entre l’approche brute et intuitive de la série Copytopia enrichie de nouvelles pièces, et les codes de la bonne société. Remettre en question la hiérarchie des matériaux et valoriser ce matériau pauvre, en plastique de récup, c’est aussi en filigramme le propos de son travail. Dans le prolongement de l’orientation conceptuelle, il s’interroge également sur les bénéfices du brevet dans le cadre du système de la propriété intellectuelle en utilisant l’un des objets les plus reconnaissables, le fauteuil en plastique. (Pour en savoir plus, lire son portrait dans Intramuros n° 207).

« Monobloc Dinner Party, » une installation de Pierre Castignola, jusqu’au 27 février, à l’Atelier Ecru Gallery, à Gand.
Plus d’informations sur www.weareatelierecru.com et www.pierrecastignola.com

Le designer allemand Konstantin Grcic dessine en 2009 le fauteuil Monza pour la marque Plank.
Le designer allemand Konstantin Grcic dessine en 2009 le fauteuil Monza pour la marque Plank. Le piètement et l’assise en bois de frêne, inspirés du savoir-faire de la marque italienne, contraste avec le dossier et les accoudoirs en polypropylène qui donnent à l’assise un réel confort et apportent une touche de couleur et de contemporanéité. Le polypropylène se décline en 7 coloris et le fauteuil a la caractéristique d’être empilable. Plusieurs collaborations entre Konstantin Grcic et Plank avaient déjà vu le jour : la chaise Myto (2008) et le tabouret haut Miura (2005) qui sont devenus des pièces incontournables du designer. En 2015, il a dessiné la chaise “Remo”, dont la forme rend hommage au savoir-faire de la marque, malgré un dossier en forme de T fabriqué grâce à une technologie d’attache très sophistiquée.
Caractéristiques
Marque : Plank
Dimensions : L.54 x l.49 x h.76 cm
Matériaux : Frêne, polypropylène
Prix : 444
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Designer : Konstantin GRCIC

Les harmonies millimétrées de Konstantin Grcic soulignent une humanité fragile en devenir constant. Pour ClassiCon, Driade, Moroso, Authentics…, il essaye, interroge, comprend et trouve pour avant tout réaliser.