Œcuménique, l'architecture religieuse fait peau neuve
La synagogue Kol Emeth à Palo Alto ©HighRes

Œcuménique, l'architecture religieuse fait peau neuve

La spiritualité peut être une source d’inspiration pour une architecture créative capable de transcender à sa façon des bâtiments religieux. Voici quatre exemples de projets architecturaux où design et spirituel se nourrissent l’un l’autre. 

Temple bouddhiste dans les montagnes du Jinshan (Chine, Atelier Deshaus)

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Situé à proximité de la Grande Muraille de Chine et de Pékin, dans les montagnes du Jinshan, un nouveau complexe monastique a été bâti par le studio d’architecture chinois Atelier Deshaus dans l’idée de créer une communication spirituelle et physique entre l’environnement historique précité et le terrain accidenté qui le compose, principalement constitué d’anciennes terrasses de cultures et d’exploitation minière. Épousant le relief abrupt des lieux, le temple bouddhiste s’étage selon un parcours tracé de haut en bas pour le visiteur, en commençant par une cour ouverte en béton clair où cinq blocs de pierre naturelle viennent rappeler les cinq éléments fondamentaux de la vie humaine. Chaque plateforme dévoile ensuite différentes salles (de lecture, d’écriture) et des jardins avant de conduire, à la base du site, à une très singulière salle de méditation ouverte, dotée d’un toit incurvé en fibre de carbone et de colonnes en acier. Sa forme emprunte le caractère chinois du mot « abri » et symbolise l’étonnant dialogue entre matériaux modernes et spiritualité patrimoniale que l’espace met ici en exergue.

A l'intérieur du temple bouddhiste, les murs vitrés offrent une superbe vue sur les montagnes du Jinshan ©Su Shengliang

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Pavillon mosquée au Victoria & Albert Museum de Londres (Royaume-Uni, architecte Shahed Saleem)

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Conçu pour le festival annuel de célébration du ramadam dans la cour du prestigieux Victoria & Albert Museum de Londres, le pavillon mosquée est une installation ludique, jouant d’une recomposition colorée des différents éléments traditionnels d’une mosquée. Dôme, minaret, portes cintrées, niche de prière (« mihrab ») et chaire (« minbar ») puisent ici leur inspiration dans la mémoire de l’architecture islamique du XIXe et du début du XXe siècle conservée dans les archives photographiques et iconographiques du musée. L’idée de son créateur, l’architecte d’origine indienne Shahed Saleem, était de faire de ce pavillon accessible à tous un lieu d’expérimentation et d’interaction des nouveaux enjeux contemporains liés aux espaces cultuels musulmans. Si sa conception entre en résonance avec un principe de démystification de la façon dont le monde occidental a créé une image coloniale et post-coloniale du monde musulman à laquelle la diaspora musulmane se confronte au quotidien, elle montre aussi comment cette architecture peut et doit participer à sa redéfinition visuelle et à sa nouvelle accessibilité intercommunautaire. 

Le pavillon mosquée de Shahed Saleem se déploie au sein même du vaste Victoria & Albert Museum ©Matt Rowe

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Synagogue Kol Emeth à Palo Alto (Californie, studio Field Architecture) 

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Implantée sur son site de Palo Alto dans les années 1960, la congrégation hébraïque Kol Emeth a demandé au studio Field Architecture de repenser une configuration de sa synagogue qui embrasserait à la fois la dimension spirituelle et les principes actuels d’écoresponsabilité. Une nouvelle structure en L a donc été conçue, constituée de petits bâtiments de plain-pied réunis par un système de cours et de jardins, eux-mêmes habillés en extérieur de parois ajourées, des claustras faits en bois sauvage. Des parterres de fleurs permettent désormais de récupérer l’eau de pluie, le parking a été totalement enterré et un toit doté de panneaux photovoltaïques a été érigé sur les salles de cours pour assurer leur parfaite autonomie énergétique électrique. Le toit du sanctuaire a lui-même été recouvert d’une canopée de bois montée sur des structures en acier pour favoriser une luminosité naturelle des lieux. Des matériaux naturels comme le bois et la pierre ont été retenus pour le mobilier.

Pour sa synagogue, Palo Alto fait la part belle à la lumière ©HighRes

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Espace de méditation yoga à Ubud (Bali, studio Ibuku) 

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Un centre de méditation yoga situé sur l’île de Bali a fait appel au studio local d’architecture Ibuku pour apporter plus de luminosité et de connexion avec la nature à son espace central de méditation. Le studio a donc conçu un spectaculaire et enveloppant système de toiture, constitué d’une série de « pétales » se chevauchant pour constituer une coquille de protection à l’édifice. Si la partie extérieure est recouverte de galets en cuivre brillant, l’intérieur laisse apparaître la structure de bambous, dont le maillage étroit a été pensé pour laisser filtrer la lumière et dont une combinaison d’arches dessine les points d’entrée vers l’espace central et flexible. Le toit et son volume circulaire sont soutenus par une série de murs bas et de contreforts construits en briques d’argiles locales, pour perpétuer l’interpénétration de l’esprit séculaire des lieux et de son environnement naturel.

Le studio Ibuku a conçu une architecture très organique favorisant la méditation ©Ibuku-Alchemy

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Retrouvez l'intégralité du dossier Spirit, dans le numéro 218 d'Intramuros, disponible partout.

Rédigé par 
Laurent Catala

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© Matteo Girola

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