Œcuménique, l'architecture religieuse fait peau neuve
La spiritualité peut être une source d’inspiration pour une architecture créative capable de transcender à sa façon des bâtiments religieux. Voici quatre exemples de projets architecturaux où design et spirituel se nourrissent l’un l’autre.
Temple bouddhiste dans les montagnes du Jinshan (Chine, Atelier Deshaus)
Situé à proximité de la Grande Muraille de Chine et de Pékin, dans les montagnes du Jinshan, un nouveau complexe monastique a été bâti par le studio d’architecture chinois Atelier Deshaus dans l’idée de créer une communication spirituelle et physique entre l’environnement historique précité et le terrain accidenté qui le compose, principalement constitué d’anciennes terrasses de cultures et d’exploitation minière. Épousant le relief abrupt des lieux, le temple bouddhiste s’étage selon un parcours tracé de haut en bas pour le visiteur, en commençant par une cour ouverte en béton clair où cinq blocs de pierre naturelle viennent rappeler les cinq éléments fondamentaux de la vie humaine. Chaque plateforme dévoile ensuite différentes salles (de lecture, d’écriture) et des jardins avant de conduire, à la base du site, à une très singulière salle de méditation ouverte, dotée d’un toit incurvé en fibre de carbone et de colonnes en acier. Sa forme emprunte le caractère chinois du mot « abri » et symbolise l’étonnant dialogue entre matériaux modernes et spiritualité patrimoniale que l’espace met ici en exergue.
Pavillon mosquée au Victoria & Albert Museum de Londres (Royaume-Uni, architecte Shahed Saleem)
Conçu pour le festival annuel de célébration du ramadam dans la cour du prestigieux Victoria & Albert Museum de Londres, le pavillon mosquée est une installation ludique, jouant d’une recomposition colorée des différents éléments traditionnels d’une mosquée. Dôme, minaret, portes cintrées, niche de prière (« mihrab ») et chaire (« minbar ») puisent ici leur inspiration dans la mémoire de l’architecture islamique du XIXe et du début du XXe siècle conservée dans les archives photographiques et iconographiques du musée. L’idée de son créateur, l’architecte d’origine indienne Shahed Saleem, était de faire de ce pavillon accessible à tous un lieu d’expérimentation et d’interaction des nouveaux enjeux contemporains liés aux espaces cultuels musulmans. Si sa conception entre en résonance avec un principe de démystification de la façon dont le monde occidental a créé une image coloniale et post-coloniale du monde musulman à laquelle la diaspora musulmane se confronte au quotidien, elle montre aussi comment cette architecture peut et doit participer à sa redéfinition visuelle et à sa nouvelle accessibilité intercommunautaire.
Synagogue Kol Emeth à Palo Alto (Californie, studio Field Architecture)
Implantée sur son site de Palo Alto dans les années 1960, la congrégation hébraïque Kol Emeth a demandé au studio Field Architecture de repenser une configuration de sa synagogue qui embrasserait à la fois la dimension spirituelle et les principes actuels d’écoresponsabilité. Une nouvelle structure en L a donc été conçue, constituée de petits bâtiments de plain-pied réunis par un système de cours et de jardins, eux-mêmes habillés en extérieur de parois ajourées, des claustras faits en bois sauvage. Des parterres de fleurs permettent désormais de récupérer l’eau de pluie, le parking a été totalement enterré et un toit doté de panneaux photovoltaïques a été érigé sur les salles de cours pour assurer leur parfaite autonomie énergétique électrique. Le toit du sanctuaire a lui-même été recouvert d’une canopée de bois montée sur des structures en acier pour favoriser une luminosité naturelle des lieux. Des matériaux naturels comme le bois et la pierre ont été retenus pour le mobilier.
Espace de méditation yoga à Ubud (Bali, studio Ibuku)
Un centre de méditation yoga situé sur l’île de Bali a fait appel au studio local d’architecture Ibuku pour apporter plus de luminosité et de connexion avec la nature à son espace central de méditation. Le studio a donc conçu un spectaculaire et enveloppant système de toiture, constitué d’une série de « pétales » se chevauchant pour constituer une coquille de protection à l’édifice. Si la partie extérieure est recouverte de galets en cuivre brillant, l’intérieur laisse apparaître la structure de bambous, dont le maillage étroit a été pensé pour laisser filtrer la lumière et dont une combinaison d’arches dessine les points d’entrée vers l’espace central et flexible. Le toit et son volume circulaire sont soutenus par une série de murs bas et de contreforts construits en briques d’argiles locales, pour perpétuer l’interpénétration de l’esprit séculaire des lieux et de son environnement naturel.
Du 18 au 30 septembre, la septième édition de France Design Week se déploiera dans toute la France autour du thème « D comme Design, D comme Défi ». Plusieurs centaines d’événements montreront comment le design peut dépasser la seule esthétique de l’objet pour accompagner les grandes transformations de notre époque.
Le D de design ne vaut peut-être aujourd’hui que s’il accepte de se confronter à celui de défi. Défi climatique, technologique, démographique ou social : notre époque ne manque ni de problèmes à résoudre ni de systèmes à repenser. Face à leur complexité, le design ne peut plus être considéré comme la dernière couche esthétique ajoutée à un produit déjà conçu. Il intervient désormais en amont, là où se définissent les usages, les services, les espaces et, plus largement, les conditions de notre vie collective.
C’est précisément cette évolution que souhaite rendre visible la septième édition de France Design Week, organisée du 18 au 30 septembre autour du thème « D comme Design, D comme Défi ». Expositions, conférences, ateliers, installations, visites et rencontres composeront une programmation largement accessible au public, portée par des designers, mais aussi par des entreprises, des écoles, des collectivités, des institutions culturelles et des acteurs de la recherche. Le design comme méthode
Transition écologique, intelligence artificielle, santé, vieillissement de la population, inclusion, évolution du travail ou transformation des territoires : le design s’aventure désormais bien au-delà du périmètre historique de l’objet. Non qu’il renonce à la forme, à la matière ou à la beauté — elles demeurent les moyens par lesquels une solution devient compréhensible, appropriable et désirable —, mais parce qu’il les inscrit dans une réflexion plus vaste.
Designer un service public, l’expérience d’un patient, le parcours d’un usager, un système de réemploi ou un quartier impose de regarder simultanément les contraintes techniques, les comportements, l’économie du projet et ses conséquences à long terme. Le designer ne dessine alors plus seulement ce que nous utilisons : il contribue à organiser la manière dont nous vivons.
Cette ambition traversera plusieurs temps forts de l’édition 2026. À Chalon-sur-Saône, un atelier prospectif imaginera ainsi l’expérience du patient en 2040 dans un hôpital où l’intelligence artificielle serait omniprésente. À Marseille, la conception des technologies qui orientent nos comportements fera l’objet d’une réflexion critique. Ailleurs, les projets aborderont le bien-être, l’éducation, les biomatériaux, le réemploi, le design circulaire ou la transformation de l’espace public. La France des designs
L’une des forces de France Design Week tient précisément à son organisation décentralisée. Le design français ne se résume pas à Paris. Il se nourrit des réalités industrielles, culturelles et géographiques propres à chaque territoire.
De Grenoble au Mont-Saint-Michel, de Nantes à Marseille, la programmation dessine ainsi une autre carte de la création française. À proximité de Grenoble, l’UGA Design Factory montrera comment design, recherche et action territoriale peuvent accompagner les transitions écologiques et sociales. Au Mont-Saint-Michel, une exposition monumentale interrogera les paysages en mutation. D’autres initiatives s’intéresseront aux ressources locales, aux savoir-faire, aux identités graphiques des villes ou aux nouvelles formes d’entrepreneuriat créatif. territoire n’est plus ici un simple décor dans lequel viendrait s’installer le design. Il devient sa matière première : un ensemble de contraintes, de ressources, de récits et d’usages à partir desquels imaginer des réponses nécessairement situées.
Ionna Vautrin, un design à hauteur d’usage
Marraine de cette édition, Ionna Vautrin incarne particulièrement bien cette conception d’un design à la fois sensible, accessible et utile.
Le parcours organisé à Notre-Dame de Paris autour du nouveau mobilier auquel elle a contribué constituera l’un des temps forts de l’ouverture nationale, le 18 septembre. Au sein de la cathédrale, le dessin ne peut évidemment pas relever du seul geste d’auteur. Il doit composer avec le patrimoine, le rite, les usages quotidiens, la présence de millions de visiteurs et l’inscription des pièces dans une temporalité qui dépasse largement celle d’un produit industriel. Une démonstration particulièrement juste de ce que signifie concevoir sous contrainte — et de la manière dont cette contrainte peut devenir féconde. Mesurer l’impact
Cette journée du 18 septembre accueillera également la cérémonie de la deuxième édition du France Design Impact Award. Seul prix français entièrement consacré aux projets de design à impact positif, celui-ci distingue des démarches apportant des réponses concrètes à des enjeux environnementaux, sociaux, économiques ou territoriaux.
Les quarante projets finalistes seront auparavant présentés du 10 au 14 septembre à Maison&Objet. Produits, services, dispositifs collectifs, outils numériques ou nouvelles organisations : leur diversité doit permettre de rappeler que l’impact du design ne peut être réduit au choix d’un matériau plus vertueux. Il se mesure aussi dans les usages transformés, les ressources économisées, les activités créées et la capacité d’un projet à améliorer durablement la vie de celles et ceux auxquels il s’adresse. Les lauréats seront dévoilés le 18 septembre à Paris. ravers cette septième édition, France Design Week ne cherche donc pas seulement à célébrer une discipline. Elle entend démontrer sa nécessité. Car si le design ne peut, à lui seul, résoudre tous les défis contemporains, il possède une qualité devenue rare : celle de relier la vision au réel, l’innovation à l’usage et la transformation au désir. Autrement dit, de rendre le changement non seulement possible, mais habitable.
Du 18 au 30 septembre, la septième édition de France Design Week se déploiera dans toute la France avec une programmation portée par les acteurs du design. Placée sous le thème « D comme Design, D comme Défi », cette nouvelle édition entend mettre en lumière le rôle du design face aux transitions environnementales, sociales, industrielles et technologiques.
Du 18 au 30 septembre, la septième édition de France Design Week se déploiera dans toute la France avec une programmation portée par les acteurs du design. Placée sous le thème « D comme Design, D comme Défi », cette nouvelle édition entend mettre en lumière le rôle du design face aux transitions environnementales, sociales, industrielles et technologiques. Coordonnée par l'APCI – Agence pour la Promotion du Design, France Design Week poursuit son ambition de fédérer l'ensemble de l'écosystème du design français autour d'un temps fort commun. Expositions, conférences, visites de studios, portes ouvertes, ateliers ou rencontres rythmeront deux semaines de programmation sur l'ensemble du territoire. Après une édition 2025 qui avait réuni plus de 322 000 visiteurs autour de 700 événements, le festival souhaite monter en puissance lors de cette septième édition.
Cette année, l'APCI a choisi la designer industrielle Ionna Vautrin comme marraine. Diplômée de l'ENSCI – Les Ateliers, la designer s'est imposée par une pratique attentive aux usages, développée aussi bien pour l'industrie que pour les équipements publics ou le patrimoine, des lampes des espaces TGV au mobilier liturgique de Notre-Dame de Paris évoqué dans le numéro 218 d’Intramuros. Un parcours qui fait écho au thème annuel, « D comme Design, D comme Défi », et qui invite designers, agences, écoles, entreprises, institutions et collectivités à présenter des projets répondant aux enjeux contemporains. Parmi eux, la transition écologique, l’inclusion, la santé, l’apprentissage, mais également des thématiques régulièrement mises au centre de la table comme le vieillissement de la population ou l'intelligence artificielle. « Le regard porté sur le design est souvent biaisé. Derrière le design, il y a une collectivité de personnes qui pensent et conçoivent des réponses dans des domaines très différents », souligne la designer.
Un rendez-vous national qui affirme la place du design
France Design Week est née dans le prolongement des Assises nationales du design de 2019 et s'est progressivement imposée comme le principal rendez-vous fédérateur du secteur. Pour la troisième année consécutive, la manifestation bénéficie du Haut Patronage du Président de la République. Dans son éditorial, Emmanuel Thouan, président de l'APCI, rappelle que cette reconnaissance doit surtout être l'occasion de réaffirmer la place du design dans les politiques publiques et les stratégies de transformation des organisations. Selon lui, le design constitue aujourd'hui une compétence stratégique, capable d'accompagner les mutations économiques, industrielles, sociales et démocratiques.
Le lancement national aura lieu le 18 septembre à Paris, avec un parcours organisé en lien avec Paris Design Week comprenant notamment une visite de Notre-Dame de Paris et la remise du France Design Impact Award. La clôture se tiendra quant à elle le 30 septembre à Saint-Étienne, dans la nouvelle Galerie nationale du design inaugurée cette année, où seront présentés le bilan de cette édition et les perspectives du festival. Et d’ici là, voici un échantillon d'événements que nous avons repérés pour vous :
Auvergne-Rhône-Alpes - Saint Martin d’Hères
Exposition : Le design au défi des transitions écologiques et sociales
À l’heure où les enjeux écologiques et sociaux redéfinissent nos modes de vie, comment le design peut-il contribuer à imaginer des réponses concrètes et durables ? À travers cette exposition-rencontre, l’UGA Design Factory dévoile les projets, méthodes et expérimentations qu’elle déploie sur le territoire grenoblois pour accompagner les transitions. Entre conférence et déambulation, le public découvrira comment le design, la recherche et l’action territoriale contribuent à accompagner les transitions écologiques et sociales.
Bourgogne-Franche-Comté - Chalon-sur-Saône
Atelier : SANTE : Soigner l’expérience patient en 2040
À quoi pourrait ressembler l’expérience patient en 2040 dans un hôpital où l’intelligence artificielle serait omniprésente ? À travers cet atelier les participants sont invités à explorer les futurs possibles du soin en incarnant différents acteurs du système de santé. Entre innovation technologique, enjeux éthiques et relation humaine, les échanges questionneront la place de l’IA dans l’accompagnement des patients et identifieront ce qui devra, malgré les évolutions à venir, rester profondément humain dans l’expérience de soin.
Bretagne - Brest
Territoires Souples — Design textile en Bretagne
À la croisée du design, de l’art et de l’artisanat, l’exposition « Territoires Souples » explore les liens entre matières, savoir-faire et territoire breton. À travers des œuvres textiles collectives réalisées à partir de ressources locales, elle révèle une cartographie sensible de la Bretagne, façonnée par les gestes, les paysages et les rencontres. Feutrage monumental, vidéo documentaire et tissage collaboratif témoignent d’une démarche où création, transmission et ancrage territorial se tissent ensemble.
Centre-Val de Loire - Tours
Formation : DESIGN & ICC : Comment se lancer en tant qu’entrepreneur ?
Vous souhaitez transformer une idée créative en projet entrepreneurial ? Ce webinaire propose aux étudiants, jeunes diplômés et porteurs de projets de découvrir les premières étapes pour entreprendre dans les industries culturelles et créatives. En 1h30, les participants exploreront les enjeux, opportunités et ressources clés pour structurer leur activité et donner vie à leurs ambitions professionnelles dans le secteur du design.
Grand Est - Meisenthal
Exposition : IMPRESSION
À travers « Impression », les designers brésiliens TomaziCabral explorent une rencontre singulière entre la tradition du tressage de fibres végétales et l’art verrier de Meisenthal. Utilisés comme moules pour le soufflage du verre, les paniers se consument parfois sous l’effet de la chaleur, laissant leurs motifs et leurs textures imprimés dans la matière. Entre expérimentation, savoir-faire et dialogue interculturel, l’exposition révèle la poésie d’un processus où la disparition devient création.
Hauts-de-France - Lens
Conférence : Quand une marque devient une destination
Pourquoi certaines marques deviennent-elles des lieux que l’on a envie de visiter, de recommander et de mémoriser ? À travers cette conférence, Mariia Kulichkova explore les liens entre branding, hospitalité et expérience pour comprendre comment une entreprise peut devenir une véritable destination. En croisant les codes du design, du tourisme et de l’accueil, cette rencontre interroge le rôle du design dans la création d’expériences mémorables et dans l’attractivité des marques comme des territoires.
Île-de-France - Saint-Denis
Atelier : R comme... racines, récits, rencontres
Comment le design peut-il favoriser le dialogue et renforcer le vivre-ensemble dans un territoire aussi riche de ses diversités ? À travers une journée d’échanges, de découvertes et de création collective, le Laboratoire de l’innovation du Conseil départemental de la Seine-Saint- Denis invite le public à explorer les liens entre identités, mémoires et action collective. Entre projets inspirants et atelier graphique participatif, cette rencontre propose de croiser les regards et d’imaginer de nouvelles façons de faire société ensemble.
La Réunion - Étang Salé
Conférence : Quand le design fait bouger la ville
Venez découvrir comment l’aménagement de l’espace public devient un outil d’inclusion, d’attractivité et de dynamisation par le design actif. Durant une matinée, les 5 grands principes du design actif seront abordés au travers d’exemples concrets identifiés dans l’île. Le design actif met ainsi au défi de faire bouger toutes les villes et toute l’ile.
Martinique
Conférence : Le design circulaire, pour quoi faire ?
Face aux enjeux environnementaux et à la raréfaction des ressources, le design circulaire s’impose comme une approche incontournable. Cette conférence propose d’explorer ses principes, ses applications concrètes et les opportunités qu’il offre aux organisations. Une rencontre pour comprendre comment le design peut contribuer à imaginer des produits, services et systèmes plus durables, en repensant les cycles de production, d’usage et de réemploi.
Normandie - Rouen
Atelier : Le design et ses déclinaisons dans l’éducation
Comment le design a-t-il accompagné l’évolution des pratiques éducatives au fil du temps ? À travers une visite exceptionnelle de ses réserves, le musée national de l’Éducation invite le public à découvrir une sélection de mobilier scolaire et d’objets issus de ses collections. Une plongée dans l’histoire du design appliqué à l’apprentissage, révélant comment les formes, les usages et les espaces éducatifs ont évolué au fil des génération
Nouvelle-Aquitaine - Saint-maixent-l’école
Atelier : Défi ta com’ : et si tes supports étaient plus efficaces ?
Et si quelques ajustements pouvaient rendre votre communication plus claire, plus cohérente et plus efficace ? À travers un atelier participatif, commerçants, artisans, indépendants et dirigeants sont invités à porter un regard neuf sur leurs supports de communication du quotidien. Cartes de visite, flyers, devis, vitrines ou sites web serviront de point de départ pour identifier les points forts, repérer les axes d’amélioration et repartir avec des conseils concrets pour gagner en impact auprès de leurs clients.
Occitanie - Montpellier
Festivités : Nuit Orange
Le temps d’une soirée, le musée Fabre invite le public à découvrir l’exposition « Le design selon Pierre Paulin » sous un angle festif et immersif. Visites guidées, ateliers, spectacle et danse rythmeront cette Nuit Orange, pensée comme une célébration conviviale du design. Une occasion de vivre le musée autrement, en famille ou entre amis, et de porter un regard inédit sur l’œuvre de l’un des plus grands designers français.
Pays de la Loire - Le Mans
Atelier : Initiation à la risographie et au design graphique
Comment créer des compositions graphiques à la fois structurées, libres et originales ? Cet atelier d’initiation au design graphique et à la risographie invite les participants à explorer la grille de composition, un outil fondamental de la mise en page, à travers une approche expérimentale et créative. En lien avec l’exposition « The Yellow Grid » de Macula Nigra, chacun pourra concevoir puis imprimer ses propres créations en risographie, une technique artisanale aux rendus singuliers et colorés.
Provence-Alpes-Côte d’Azur - Marseille
Conférence : Qui conçoit les machines qui nous façonnent ?
Qui décide de la forme des technologies qui influencent nos comportements au quotidien ? À travers cette conférence, Anthony Masure propose une réflexion critique sur les dispositifs d’intelligence artificielle et les logiques qui orientent leur conception. En explorant leurs effets sur nos usages, notre attention et nos relations, il montrera comment le design peut devenir un outil d’analyse et d’action pour imaginer des environnements numériques plus conscients, plus responsables et plus humains.
Le studio Œ a été fondé en 2021 par les designers allemandes Lisa Ertel et Anne-Sophie Oberkrome. Un studio qu’elles décrivent comme un lieu d’expression et d’exploration commun, au sein duquel les projets qu’elles conçoivent sont en interaction avec l’espace et le contexte social dans lesquels ils prennent place.
Lisa Ertel et Anne-Sophie Oberkrome se rencontrent lors de leurs études en design produit à l’université des arts et du design de Karlsruhe, en Allemagne, années durant lesquelles elles prennent l’habitude de collaborer régulièrement. La création de leur studio – dont le nom, Œ, correspond à la première lettre de leurs noms de famille respectifs – s’est finalement révélée comme une suite logique. « C’était plutôt comme donner un nom à quelque chose qui existait déjà et symboliser la façon dont deux perspectives peuvent fonctionner à l’unisson. »
Pour imaginer chacun de leurs projets, pas de processus figé mais plutôt une inspiration issue de différentes scènes de vie. « Nous accordons une attention particulière à la façon dont les objets vivent avec les gens, dans les lieux et au fil du temps. Notre objectif est d’être à l’écoute de l’espace dans lequel ils prennent place, sans pour autant le contrôler. » Dans la pratique, Œ a pris l’habitude de travailler sur plusieurs travaux en parallèle, qu’il s’agisse de collaborations avec des éditeurs, de recherches indépendantes ou de commandes spécifiques. « Notre travail repose vraiment sur la diversité, et nous sommes convaincues que notre signature réside dans la conversation entre nos différents projets. » Parmi leurs collaborations notables, on peut citer celles avec l’éditeur danois Our Society pour le miroir Cove, en 2022, et l’italien Mattiazzi pour les collections Oto, en 2023, et Dopo, en 2024, ainsi que celle avec 1×1 Systems pour l’étagère Tandem, en 2024.
En parallèle de cette activité d’édition, elles sont membres de plusieurs collectifs, notamment de FAN Collective, lancé avec des amis de l’université après leur diplôme ; de Farm Group, né de la volonté de se rapprocher de la terre en partant d’un lieu plutôt que d’un marché pour créer ; ainsi que de Many-to-Many, un groupe féminin de designers venues de toute l’Europe. Une activité d’exploration essentielle dans leur processus global qui leur a permis de développer des idées comme la collection de verres Romer, la série d’assises Silo et le tabouret Moving Stool, pour ne citer qu’eux. « Ces collectifs sont comme des écosystèmes dans lesquels nous pouvons explorer des thèmes que nous avons nous-mêmes choisis et tester des méthodes de travail alternatives. Ils nous permettent de définir notre rythme et de nous aventurer dans des domaines plus expérimentaux. » Fascinées par la matière, les deux amies aiment observer le comportement et l’évolution de celle-ci pour nourrir leurs idées. « On aime la texture, la structure et la couleur des matériaux. Généralement, la plupart de nos projets commencent par des étapes très pratiques de découpe, de ponçage, de pliage… Et c’est souvent le matériau qui nous indique si nous sommes sur la bonne voie. »
Après une participation remarquée au salon Maison&Objet en septembre en tant que lauréates des Rising Talent Awards qui étaient consacrés à la création allemande, l’année 2026 s’annonce tout aussi florissante pour le studio.
L’une des actualités majeures à venir pour le studio est sa présence à Francfort, ville désignée World Design Capital 2026. Dans la continuité de leur travail d’exploration et de recherche sur les matériaux, les designers présenteront à cette occasion un travail en collaboration avec le studio danois Form22 et le tailleur de pierre régional Freymadl. Et en juin, à l’occasion des 3daysofdesign à Copenhague, le duo a présenté en exclusivité sa première collaboration avec Vitra, avec le fauteuil Bascule. Un modèle qui allie innovation technique et recyclabilité, des notions qui étaient indissociables pour elles. « Bascule nous invite à nous installer comme on le souhaite et selon la façon dont on se sent. Ce n’est pas juste un fauteuil confortable, il y a un contexte qui s’installe tout autour de lui, comme une aura. »
Pour célébrer les 40 ans de son produit Unica, Technogym avait lancé un creative call intitulé « UNICA-MENTE | Back to the 80s », en partenariat avec Intramuros, dont la remise des prix s'est tenue le 1er juillet dernier et a récompensé trois projets distingués pour leur créativité et leur vision du bien-être.
À destination des designers et des architectes, le creative call « UNICA-MENTE | Back to the 80s » lancé par Technogym invitait les participants à imaginer des espaces de bien-être immersifs, alliant héritage des années 1980 et visions contemporaines. Parmi les nombreux projets reçus et évalués par un jury présidé par Borina Andrieu, composé également d'Olivier Bon, Verena Lasvigne et Frédéric Marty, trois propositions se sont distinguées par leur créativité, leur cohérence et leur réalisme.
Premier prix : Saule avec Unica Mente
Imaginé par Saule, le projet Unica Mente place l'usage au cœur de sa réflexion. « Nous avons pensé l'espace de manière à positionner La Palestra comme le cœur battant de notre proposition, un noyau central d'énergie d'où irradient différentes facettes de l'expérience wellness. Orchestré comme un séquençage théâtral, de la Recezione à la sérénité feutrée de L'Alcova, en passant par l'ouverture sur l'extérieur de La Terrazza, chaque espace célèbre le bien-être à sa manière. » Une proposition généreuse qui rend hommage à l'Italie, pays d'origine de Technogym, tout en mettant en valeur avec finesse et élégance les équipements de la marque.
Deuxième prix : Osé Architecture avec Unica Oasis
L'agence Osé Architecture a imaginé Unica Oasis autour d'une question centrale : comment réintégrer le bien-être dans nos modes de vie contemporains ? En guise de réponse, le studio propose un espace où le mouvement circule librement et trouve naturellement sa place. « L'organisation libre des espaces invite chacun à construire son propre parcours à travers une succession d'ambiances mêlant effort, contemplation et détente. Inspiré par l'optimisme des années 1980, le projet associe innovation, nature et qualité de vie. Les équipements Technogym y sont mis en scène comme des repères au sein du paysage intérieur, tandis qu'une palette de matériaux naturels, de touches colorées et d'ambiances sonores immersives renforce l'expérience sensorielle. » Un projet salué pour son équilibre entre esthétique et fonctionnalité, ainsi que pour la richesse de ses références au design des années 1980.
Imaginé par Charles Hantz, le projet Symbiose explore la relation entre le vivant, l'espace et les machines. Inspiré de l'esthétique de la science-fiction des années 1980 tout en étant résolument ancré dans les enjeux contemporains, il transforme l'effort physique en source d'énergie. « Grâce à la récupération de l'énergie cinétique produite sur les machines, l'espace alimente un écosystème végétal qui purifie l'air et régule l'atmosphère en temps réel. Le sportif ne se contente plus de s'entraîner : il devient l'acteur d'un cycle vertueux où son mouvement nourrit l'espace. » Entre passé et futur, Symbiose revisite l'imaginaire des années 1980 tout en proposant une vision actuelle du wellness connecté.
Coup de cœur du jury : Sesto Studio avec Human Performance Lab
En plus des trois prix classiques remis, le jury a tenu à saluer le travail de Sesto Studio pour son projet Human Performance Lab, avec un concept 1983-2083 qui propose une vision originale du futur imaginé depuis les années 80.
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