Atelier du Pont, l’architecture durable et diversifiée
Anne-Cécile Comar et Philippe Croisier © Maria Missaglia

Atelier du Pont, l’architecture durable et diversifiée

Les architectes de l’Atelier du Pont ont intégré (enfin) leurs nouveaux bureaux et signent la scénographie de l’exposition nuancier Nomade et du mobilier estampillé Le French Design 100. Portait d’une agence qui porte une vision domestique et durable de l’architecture.

Niché dans le 11e arrondissement parisien, le bâtiment tant attendu a été conçu sur une friche, dont l’intérieur en open space affiche clairement une ambiance chaleureuse aussi novatrice pour du tertiaire que la structure extérieure tout en bois avec patio et terrasses. L’un des espaces communs (dont le coworking) est une vaste à pièce à vivre traversante, aménagée avec de grandes tables en bois, des banquettes confortables et une cuisine équipée. Engagés dans des valeurs liées à la construction durable, ils ont fait le choix de bannir toute climatisation, moquette, faux plafond ou faux plancher, au profit de volumes aérés et de généreuses ouvertures… « L’agence est un peu le laboratoire des solutions que nous proposons en low tech. » Depuis Woody (2019), siège social de Santé publique France réalisé en bois, l’approche durable détermine chaque projet, idem pour Bienvenue, une réhabilitation des locaux de RATP Habitat (2021).

Projet Bienvenue, Ratp Habitat © Takuji Shimmura

Les espaces sont ouverts, les structures et ossatures bois apparentes, tandis que les plafonds de trois mètres, plutôt bas pour des bureaux parisiens, suffisent à créer une sensation rassurante. « Dans l’agence nous avons une façon de fonctionner qui favorise le partage, la communication, sans télétravail ! » Les réunions du lundi mettent commun les échanges et toutes les trois semaines le « dis-moi tout » est un moment privilégié où les actualités s’échangent entre collaborateurs qui ne savent pas forcément ce que font les uns et les autres.

Projet Bienvenue, Ratp Habitat © Takuji Shimmura

Une démarche durable de design global 

Tous deux architectes de formation, Philippe Croisier et Anne-Cécile Comar ont fondé Atelier du Pont en 1997 et travaillent de concert en complémentarité. Depuis quelques années le design global est la signature de leurs projets, de la construction jusqu’au mobilier, pour ne pas laisser une coque vide ! Les raisons de ce changement se sont précisées quand le dogme de l’architecture et l’époque des « archi-stars » ont été révolus. De plus l’intérêt du public devenu grandissant par la diffusion de publications, de vidéos, l’architecture intérieur est donc valorisée, imitant la démarche des pays scandinaves, où les deux disciplines sont considérées à part égal. Atelier du Pont a été très tôt sensibilisé à l’environnement à cause de l’évolution constante de la règlementation en matière d’architecture. « On a changé notre manière de construire mieux en privilégiant l’assemblage en bois ou en pierre. » Le glissement au profit de missions complètes englobant les aménagements intérieurs est devenu une évidence dans le sillage des maitres d’ouvrage, des lieux publics devenus plus désirables.

Objectif sourcing 

Après la rénovation de la première finca à Es Bec d’Aguila, le second projet à Minorque Son Blanc, un domaine de 130 hectares avec un hôtel de treize chambres, affirme clairement son autosuffisance en eau, en énergie et agriculture. Le bâti existant a été remanié avec les pierres locales et techniques traditionnelles de l’île. Les artisans et matériaux ont été sourcés en Espagne ainsi qu’en France pour certaines pièces sur mesure. D’autre part, l’agence renforce son engagement dans l’écoconception pour d’aller vers le réemploi.

Projet Son Blanc à Minorque (Espagne) © Maria Missaglia
Projet Son Blanc à Minorque (Espagne) © Maria Massaglia

En témoigne la transformation de la boutique Maison Rouvenat qui a remis au goût du jour l’histoire de ce bijoutier du XIXème siècle. Les stèles en plâtre présentant les pièces iconiques y compris les pierres précieuses de seconde main, sont impressionnantes de beauté imitant le marbre, pourtant réalisées en plâtre, tandis que les vitrines récupérées ont été rénovées avec soin par des artisans. Le duo affectionne particulièrement la diversité des échelles des projets, du Palais de Justice de Meaux à l’extension créée pour l’Académie Fratellini, École supérieure des arts du cirque. S’ils rêvent d’un projet à venir parmi tant d’autres, la conception d’un musée arrive en tête, une manière de rester en éveil et de découvrir d’autres univers qui les animent… 

Maison Rouvenat © Vincent Leroux

Rédigé par 
Anne Swynghedauw

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14/1/2026
« Women’s Perspectives » : Philippe Hurel met quatre designeuses à l’honneur

A l'occasion de Maison&Objet in the City, la maison Philippe Hurel met en lumière le travail de Constance Guisset, Sophie Dries, Pauline Leprince et Victoria-Maria Geyer à travers l’exposition « Women’s Perspectives », présentée du 14 au 17 janvier.

C’est au sein du showroom parisien de la marque, situé rue du Bouloi, à quelques pas du musée du Louvre et du jardin du Palais-Royal, que Philippe Hurel a choisi de dévoiler cette installation dans le cadre de Maison&Objet in the City. Une exposition inédite pour laquelle la maison, dirigée par Philippe Courtois, a fait le choix de donner carte blanche à ces quatre designeuses. Le brief était simple : sélectionner une pièce issue des collections de la marque et en proposer une ré-interprétation en accord avec la vision de la designeuse.

Une exposition, quatre univers

Déployée au sein de quatre espaces réalisés en collaboration avec l’éditeur d’étoffes Misia, l’installation plonge le visiteur dans quatre d’univers singuliers, reflet de la sensibilité et de la vision de chacune des créatrices.

Fondatrice de son studio éponyme en 2009, Constance Guisset s’est emparée de la bibliothèque Arabel, qu’elle revisite dans une version plus contemporaine mêlant laque et bois naturel.

Bibliothèque Arabel, Constance Guisset pour Philippe Hurel © Alexandra De Cossette

L’architecte et designeuse Sophie Dries, qui a créé son studio en 2014, s’est quant à elle attaquée au fauteuil Inwood, dessiné il y a plus de trente ans par Jean-Michel Frank. Pour cette ré-interprétation, elle délaisse le cuir au profit d’un revêtement plus doux et enveloppant.

Fauteuil Inwood, Sophie Dries pour Philippe Hurel © Alexandra De Cossette

Fascinée par les bureaux, qu’elle considère comme des pièces majeures dans un espace, Pauline Leprince s’est de son côté tournée vers le bureau Ray, auquel elle apporte un contraste subtil entre bois et métal argenté.

Bureau Ray, Pauline Leprince pour Philippe Hurel © Alexandra De Cossette

Enfin, la designeuse allemande installée à Bruxelles, Victoria-Maria Geyer, a choisi de retravailler la chaise Peggy Sue, qu’elle fait évoluer en y intégrant notamment des accoudoirs.

Chaise Peggy Sue, Maria-Victoria Geyer © Alexandra De Cossette

Si l’ensemble de ces pièces a vocation à être édité et à intégrer les collections Philippe Hurel, les quatre modèles présentés lors de l’exposition seront également mis en vente. Les fonds récoltés seront ensuite reversés à l’association La Maison des Femmes.

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7/1/2026
Andrée Putman, en clair-obscur

Il y a cent ans naissait Andrée Putman. À l’occasion de cet anniversaire, son fils Cyrille Putman publie un livre singulier, composé en tableaux, consacré à l’architecte du noir et blanc.

Les ouvrages consacrés à Andrée Putman, designer et architecte, ne manquent pas. Plus rares sont ceux qui s’attachent à Andrée Putman, mère. C’est par ce prisme intime que Cyrille Putman choisit de raconter une vie dans laquelle les espaces tiennent autant de places que les personnages.

Tout commence loin de Paris, sur une piste de cailloux de l’arrière-pays varois. Une maison posée sur un rocher, point fixe dans l’existence d’une famille qui ne l’est pas. Une enfance loin de la capitale, avant que celle-ci ne finisse par s’imposer. Rive gauche, Andrée Putman construit son monde : un appartement, une école, une accumulation d’objets. Un décor au sein duquel elle forge sa renommée, signe des intérieurs devenus emblématiques, impose son monochrome comme une écriture. Une dualité, à l’image de sa vie. Dans la dernière partie du livre, le récit se resserre. Le diagnostic de démence à corps de Lewy tombe. Le téléphone sonne moins. Les amis de toujours s’éloignent. Cyrille Putman tient le fil, jusqu’à une lettre finale adressée à celle qu’il a toujours appelée par son prénom.

Ce rassemblement de textes, écrits à cœur ouvert, mêle questionnements personnels et résonances universelles. Une vie faite d’architecture, de rencontres, de regards. Un récit doux-amer, livré par touches successives, qui avance avec pudeur et précision.

Auteur : Cyrille Putman

Photographies de couverture et intérieures  © Jean Larivière

Editeur : JM Laffont

180 pages au format 12 x 19

Broché

Prix : 20€

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8/1/2026
La Collection Pinault mise en pages

La Collection Pinault sort Chefs-d’œuvre de la Collection Pinault. Un ouvrage qui regroupe quelques-unes des plus belles acquisitions de la fondation, ponctué d'explications de la part d'experts du secteur culturel.


Depuis plus de vingt ans, la Collection Pinault s’est imposée comme l’une des plus importantes collections privées d’art contemporain au monde. Rassemblant aujourd’hui plus de 10 000 œuvres, elle s’est construite au fil d’acquisitions signées par des artistes ayant pour certains marqués l’histoire de l’art des XXe et XXIe siècles. C’est ce que l’ouvrage Chefs-d’œuvre de la Collection Pinault propose de saisir dans ce livre pensé davantage comme un panorama qu’un catalogue. Comme un symbole, le volume de 352 pages s’ouvre sur une toile perforée de Lucio Fontana datant de 1958. Un geste marquant qui propose au lecteur de fendre la surface pour se plonger dans un parcours éditorial fait de peintures, de sculptures, d'installations, de vidéos ou encore de néons. Autant de médiums que l’on retrouve d’ailleurs en ce moment à la Bourse du Commerce de Paris dans l’exposition Minimal, visible jusqu’au 19 janvier.


Un inventaire éclairé

De Georg Baselitz à Maurizio Cattelan, d’Urs Fischer à Félix Gonzalez-Torres, de Lucian Freud à Dan Flavin ou David Hammons, les œuvres sont également accompagnées de textes écrits par quelques grands noms de la culture. Parmi eux, Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la Culture et proche conseiller de François Pinault, Emma Lavigne, directrice de la Collection Pinault, et Max Hollein, directeur du Metropolitan Museum of Art de New York, apportent un éclairage institutionnel, historique et critique. Ils replacent la collection dans une histoire plus large : celle des musées, du marché de l’art et des grandes mutations esthétiques contemporaines. Édité en coédition par Dilecta et Pinault Collection, Chefs-d’œuvre de la Collection Pinault propose une petite rétrospective de cette collection en phase avec son époque.

Chefs-d’œuvre de la Collection Pinault

Livre relié, dos carré collé, cousu

Coédition Dilecta / Pinault Collection

352 pages – 24,5 × 30,5 cm

Édition française

ISBN : 978-2-37372-209-3

Prix : 59 €

Temps de lecture
9/1/2026
Soft Panels : une touche de douceur chez USM

La marque Suisse USM présente Soft Panels, une gamme de panneaux textiles.

Reconnue pour ses astucieux rangements métalliques modulables, USM vient de dévoiler Soft Panels, une nouvelle alternative textile aux célèbres portes en acier thermolaqué. Une proposition par laquelle le Suisse, né il y a 140 ans, entend intégrer un système innovant et ludique à son mobilier USM Haller.

Réalisés en fibres synthétiques composées à 40% de plastique marin recyclé, les panneaux sont munis de quatre aimants permettant aux portes de se clipser facilement à la structure tubulaire. Ainsi fixées, les portes s’ouvrent vers le haut ou le bas, et peuvent être déplacées facilement pour permettre au meuble d’évoluer au gré des besoins et des envies. Imaginés comme une alternative visuelle autant que pratique - le revêtement textile absorbe légèrement le bruit - les panneaux sont disponibles dans une dizaine de coloris et trois finitions différentes. L’utilisateur peut ainsi composer son USM Haller à la manière d’un puzzle dont les revêtements texturés varient entre des rainures verticales, diagonales ou courbes. De quoi ramener un nouveau rythme aux lignes de la marque, et une certaine douceur aux bureaux, buffets et autres rangements connus pour la radicalité de leur conception.

À noter que les USM Haller Soft Panels sont disponibles en trois tailles : 750 × 350 mm, 500 × 350 mm, 350 × 350 mm.

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