Objets hybrides pour Wagashi d’Anne Xiradakis
Suite à sa résidence à la villa Kujoyama à Kyoto, Anne Xiradakis a dessiné des objets hybrides pour Wagashi.

Dans les archives de Kameya Yoshinaga elle a trouvé des variétés de formes et de couleurs, et des combinaisons de pâtisseries étonnantes, japonaises. À partir de cette documentation, Anne Xiradakis a développé trois séries d’objets qui permettent des utilisations, des gestuelles et des mises en table variées à utiliser lors des cafés éphémères organisés par la Villa K ou les instituts français à Kyoto, Fukuoka et Tokyo. L’occasion de tester ses différents choix d’hybridation entre ustensiles de pâtissier et objets de table et de valider ses pistes de recherche. En parallèle, elle développe avec le maître de thé Kimura Soshin un ensemble de gestuelle permettant de finir le produit devant le convive pendant la cérémonie du thé.

Les trois ustensiles réalisés permettent de, pour le pâtissier, rouler, couper, étaler, inciser, graver, marquer, tamponner…chaque ustensile offre une position pour la finition et une pour la présentation. Chacun se décompose pour une mise en table spécifique.

Le premier ustensile à présenter s’inspire du senkakubera, un prisme de 20 cm de long en bois, reproduit pour l’occasion en porcelaine en trois tailles et deux finitions. Chaque convive à devant lui six de ces objets, en le multipliant, il devient assiette mais surtout révèle le geste technique du pâtissier lors de la mise en place.

L’ustensile à présenter 2 est autant outil qu’assiette. Expérimenté avec Wagashi Asobi, il est en bois de Jindai Tsugi et met en valeur la variété des solutions de présentations possibles.

Enfin l’ustensile 3 fait écho à différents motifs traditionnels de la pâtisserie japonaise. Les objets ne se prennent pas en main mais la pâtisserie peut bouger sur son présentoir. En laiton, recouvert d’étain martelé, ils étaient mis en action, par le pâtissier Romain Gaia, le 20 novembre dernier dans la pâtisserie Tomo de la rue Chabanais à Paris, lors de la mise en place du 25ème café éphémère. Imbriqués les uns dans les autres ou disposé sur les tables, ils constituaient comme les lettres d’un alphabet imaginaire, fabriqué par Mme Oyamada de l’université Task. Une expérience à vivre.

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