La rencontre de l’année 2017: Giuliano Mosconi, président de Tecno
En cette fin d’année 2017 Intramuros a choisi de revenir sur les meilleurs évènements et reportages de l’année. Aujourd’hui retour sur la rencontre avec Giuliano Mosconi, président de Tecno.

Tecno, c’est toute l’histoire du design italien racontée par le biais d’une seule et unique entreprise. En avril, la marque Tecno Spa exposait sur le salon du meuble de Milan sa nouvelle approche du travail au bureau. En mai, la marque choisissait d’ouvrir à Paris un showroom particulier dans tous les sens du terme, original et privé, dans les anciens ateliers du peintre Amédée Ozenfant, une villa construite par Le Corbusier face au réservoir de Montsouris.

« Ce n’est pas un showroom, ce n’est pas une maison, plutôt une ‘maisonnette’ datée de 1922, où la marque Tecno a décidé de planter ses racines », explique Giuliano Mosconi, président de Tecno Spa. Présente à Paris depuis 1975, la marque italienne a survécu à plusieurs situations complexes : une sortie de guerre en vaincus qui les a faits différents au sein de l’Europe. Mais « successful ».

« Aujourd’hui le temps du travail est celui de la connectivité et de la disponibilité immédiate. C’est le problème des objets qui nous entourent. C’est la dimension temporelle qui est questionnée. Chez Tecno, on essaie de voir comment la technologie modifie l’espace. Le mobilier traditionnel, canapé/assise, table/chaise ne vont rien modifier dans ce qui nous entoure. Mais à l’avenir les tables reconnaitront leurs utilisateurs. Il ne s’agit pas de modifier l’espace du grand Le Corbusier mais de prendre de la distance par rapport à lui et d’utiliser la paroi vitrée comme un ordinateur. Ils vivent des nouveautés tous les jours. La table d’aujourd’hui est en mesure d’interagir avec le système de contrôle. Tecno s’est lancé dans l’histoire de la connectivité et d’autre chose. Voilà pourquoi Tecno a racheté des parts chez Zanotta. Les italiens savent faire mais on ne va pas vendre comme avant. Le monde doit trouver de l’ironie et des choses qui rééquilibrent cette vitesse. Zanotta a vécu cette révolution. A l’avenir on ne parlera plus de bureau ou d’espace mais de vivre. Comme on cherche un espace pour des amis.

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Le principal marché de Zanotta et Tecno, c’est la France. À Milan, Londres, Paris ou Tokyo, il faut faire des espaces dédiés à la relation humaine. Chaque chantier est une histoire de passion ardente qui brûle, moins une histoire de rationalité. A Paris, le palais de justice construit par Renzo Piano, aux Batignolles est une aventure exceptionnelle dans sa taille comme dans sa complexité. 90 salles d’audience, ce sont 3 km de bancs à installer, une production qui implique une capacité de gestion importante. Il faut une force de frappe phénoménale pour faire face à ce type de commande et de contrat. Piano a fait un dessin et Tecno l’a adapté, et interprété le banc idéal en 5800 exemplaires.

Article extrait de la rubrique « Rencontre », Intramuros n°192, Septembre/Octobre 2017

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Bénédicte Duhalde
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