L’exposition “Ross Lovegrove. Convergence” s’inscrit dans le cadre de la manifestation “Mutations/ Créations”.

L'exposition de l'année 2017: "Ross Lovegrove - Recherche et innovations"

design / expo / Rétrospective 2017
22 décembre 2017

En cette fin d'année 2017 Intramuros a choisi de revenir sur les meilleurs évènements et reportages de l'année. Aujourd'hui retour sur l'exposition "Ross Lovegrove- Recherche et innovations" au Centre Pompidou.


Sénographiée par Ross Lovegrove et ses collaborateurs Stephan Bassing et Charline Ronzon-Jaricot, la rétrospective “Convergence”, placée sous le commissariat de Marie-Ange Brayer, a été réalisée en partenariat avec Swarovski, mécène principal, Artemide, Moroso, Lasvit, Barrisol, Renault, Kef et Yamagiwa.  Elle présente une centaine d’objets, dessins, prototypes, installations et deux projets inédits développés avec Swarovski : le “Crystal Aerospace” et la “Generator House”. 

“À l’ère de la multiplication des réseaux sociaux, de l’accélération de l’accès à l’information via Internet et des progrès des technologies énergétiques autonomes – hors réseau – , les consommateurs sont de plus en plus nombreux à vouloir vivre dans la nature, en dehors des villes, tout en restant totalement connectés aux activités humaines et à la culture. Cette évolution, associée à des préoccupations réelles de plus en plus profondes concernant le changement climatique et la pollution atmosphérique, donne un attrait particulier à l’idée de vivre dans une maison autonome à la pointe du progrès”.

L'exposition de l'année 2017: "Ross Lovegrove - Recherche et innovations"
Dans le pavillon
“LiquidKristal” produit par Lasvit et constitué de panneaux de verre inspirés par les formes de la nature.
© Marie Clavier

La Generator House

Partant de ce postulat, Ross Lovegrove a élaboré la “Generator House” (2006-2008), un projet de maison autosuffisante utilisant l’énergie solaire, après avoir conçu le “Swarovski Crystal Aerospace” (2005-2006), un prototype de voiture à la structure biomorphique ultra légère, écologique et durable, recouverte de cellules photovoltaïques polycristallines qui diffractent la lumière solaire. “Le design est un domaine en état perpétuel de réinvention. Parce qu’il s’agit de transformer des ressources naturelles en objets utiles, le designer est aujourd’hui au cœur des enjeux écologiques actuels qui affectent non seulement notre propre état émotionnel et esthétique mais aussi notre conscience collective comme espèce humaine en évolution rapide et constante, qui doit sans cesse s’adapter”, estime Ross Lovegrove. 

Il défend une vision globale du design et conçoit des structures complexes avec des matériaux innovants, dans le souci d’une consommation minimale d’énergie. Il place la biologie, l’anthropologie, la physique et l’écologie au cœur de ses productions et figure parmi les premiers designers à avoir eu recours aux logiciels de simulation et aux outils numériques utilisés par les architectes. Pour lui, “la notion de convergence est importante car elle rassemble arts et sciences. Elle doit jouer un rôle essentiel dans cette seconde “Renaissance” du XXIe siècle, qui débouchera sur des principes tangibles de création qui nous concerneront tous, où que nous soyons dans le monde”. La notion de convergence renvoie pour lui “à un moment où la fusion de toutes choses se traduira par un profond changement dans la façon dont nous concevons et fabriquons le monde physique autour de nous”. 

L'exposition de l'année 2017: "Ross Lovegrove - Recherche et innovations"
L'enceinte “Muon” pour KEF (2005-2007) et chaise-longue et son repose-pied “Brazilia” pour Zanotta (2003). © Marie Clavier


De Frog Design à Renault

Né à Cardiff, au Pays de Galles, en 1958, Ross Lovegrove a étudié le design industriel à l’Écolepolytechnique de Manchester, puis au Royal College of Art de Londres. Diplômé en 1983, il rejoint Frog Design, en Allemagne, où il travaille sur des projets comme les baladeurs Walkman pour Sony et des ordinateurs pour Apple. Il crée le bureau “Alessandri Of ce System” pour Knoll et collabore à l’Atelier de Nîmes avec Philippe Starck et Jean Nouvel, ainsi que pour les maisons Hermès, Louis Vuitton et Dupont. En 1986, il retourne à Londres, où il ouvre en 1990 le Studio X, à Notting Hill. Il conçoit des projets pour Airbus Industries, Apple, Artemide, Cappellini, Driade, Herman Miller, Issey Miyake, Japan Airlines, Kartell, Luceplan, Moroso, Motorola, Tag Heuer, Vitra, Zanotta... La “Ty Nant Bottle” (1999), dont la forme est inspirée par les mouvements ondoyants de l’eau, est l’un des premiers produits industriels à avoir été conçu numériquement. En 2006, il préconise le recours à l’énergie solaire pour les voitures (“Swarovski Crystal Aerospace Car”). La “Ginkgo Table” (2007), en fibre de carbone, reprend le principe dynamique d’une feuille de gingko biloba. La chaise empilable “Diatom” (2014, Moroso), en aluminium, fait appel aux technologies de l’automobile, tout en s’inspirant des diatomées, les organismes unicellulaires des fonds marins. Le “LiquidKristal Pavilion”, présenté lors de la Triennale de Milan en 2012, est une architecture fluide de verre ondulé. Ses panneaux de verre, conçus à l’aide d’outils paramétriques de conception, donnent l’impression de passer de l’état liquide à l’état solide à travers un jeu d’optique.

L'exposition de l'année 2017: "Ross Lovegrove - Recherche et innovations"
Le luminaire “Cosmic” conçu pour Artemide (2009-2011), la chaise “Diatom” en aluminium dessinée pour Moroso (2014) et le travail de Ross Lovegrove autour des trames. © Astrid Avédissian


Depuis 2012, il travaille pour Renault sur le nouveau concept-car de la Twingo, la “Twin’Z”, un projet de voiture électrique issue des technologies les plus avancées de modélisation numérique. Les créations de Ross Lovegrove ont notamment intégré les collections du MoMA à New York, du Design Museum à Londres, du Vitra Design Museum à Weil am Rhein et du Centre Pompidou à Paris. Avec la manifestation “Mutations/Créations”, qui présente des artistes, designers et architectes utilisant l’impression 3D comme outil d’expérimentation – au sein des expositions “Imprimer le monde” et “Ross Lovegrove. Convergence” – le Centre Pompidou engage la réactivation du Centre de Création Industriel, fondé en 1969 au sein de l’Union centrale des arts décoratifs, intégré au Centre Pompidou en 1972 et fusionné avec le Musée national d’art moderne – un autre département du Centre Pompidou – en 1992. Chaque année, des expositions thématiques et monographiques s’articuleront avec une programmation de rencontres et d’ateliers qui feront du Centre Pompidou un incubateur, un lieu de démonstrations de prototypes, d’expériences artistiques in vivo et d’échanges. Cette plate-forme sera aussi un observatoire critique et un outil d’analyse des impacts de la création sur la société. 

Article extrait de la rubrique "Exposition", Intramuros n°191, Juin/Juillet/Août 2017

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le 22.12.2017