Le pavillon de l'industrie des pâtes et papiers du Canada et le Minirail bleu, île Notre-Dame, Expo 67

L’Expo 67 : quel héritage ?

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7 novembre 2017

« L’Exposition Universelle de 1967 a eu une importance majeure au Québec en termes de retombées artistiques et culturelles ; elle a fait naître des vocations de designers », raconte l’historien de l’art Jérôme Cliche. 50 millions de personnes l’ont visitée.


Un patrimoine moderniste trop peu reconnu

Toutefois, 50 ans plus tard, force est de constater que son héritage – hormis l’impressionnante Biosphère de l’architecte américain Buckminster Fuller, alors pavillon des États-Unis, devenu musée de l’environnement, et Habitat 67 de Moshe Safdie – est assez circonscrit. Du mobilier urbain dessiné par Luis Villa et Frank Macioge (cabines téléphoniques, poubelles, systèmes de sonorisation, etc.) ne restent que quelques ruines, rasées ou pillées. Un lampadaire rescapé est exposé au musée des Beaux Arts du Québec, et les archives (photographies, plans détaillés, etc.) conservées à l’Office de protection intellectuelle du Canada. Pourtant, leur travail avait unanimement été salué. Seule exception, la corbeille, « trop élégante pour que les visiteurs osent y jeter leurs déchets », raconte Jérôme Cliche, amusé. 


Rien d’étonnant, malheureusement, à cette piètre conservation. Si le Registre du patrimoine culturel du Québec recense 24 bâtiments sous la catégorie « modernisme », aucun produit n’apparaît à cette même recherche. Jérôme Cliche affirme que ce manque de reconnaissance officielle n’est pas propre au Canada. Seuls de rares objets dans le monde sont inscrits aux registres nationaux du patrimoine, parmi lesquels les cabines téléphoniques rouges de Sir Giles Gilbert Scott au Royaume-Uni (1935). 


Bientôt réédité ? 

D’où la double proposition de Jérôme Cliche, actuellement à l’étude, d’une part d’inscrire le mobilier urbain de l’Expo 67 au Registre québécois, et d’autre part de le rééditer. « C’est dans la nature même du design d’envisager des rééditions ». Tombé dans le domaine public, il pourrait être fabriqué à nouveau par toute entreprise, mais « il faut que cela se fasse avec le plus grand respect, par exemple avec l’expertise du Centre de conservation du Québec », prévient l’intervenant avant de dévoiler que « la Ville de Montréal semble ouverte à l’idée que le mobilier ainsi réédité soit replacé sur son lieu d’origine, le parc Jean-Drapeau ». Affaire à suivre… 


le 07.11.2017