La 17e édition de la Nuit Blanche face à toujours plus de propositions

Pour la 17e édition de la Nuit Blanche qui se tiendra le samedi 6 octobre, Gaël Charbau, directeur artistique de l’événement, a fait le choix de regrouper l’ensemble des initiatives en quatre grandes constellations. En composant des parcours, il dessine des liens et créent des interactions entre les participants et les visiteurs. La Nuit Blanche sera l’occasion de mettre à la lumière des projecteurs des lieux parisiens n’ayant jamais accueilli l’événement au cours des éditions précédentes. De 19h à 7h du matin, la ville de Paris prévoit de ne pas fermer l’oeil de la nuit !

 


Félicie d’Estienne d’OrvesSun, Biennale Nemo, Constellation Invalides ©Charles Reagan Hackleman

Cette 17e édition rassemble de nombreux domaines artistiques et créatifs, du design à l’art, en passant par la musique, la dance, le sport, mais aussi des installations ou encore des œuvres interactives avec le public. Les quatre parcours sont ainsi regroupés autour de la Constellation de la Villette, la Constellation de la porte dorée, la Constellation des Invalides ainsi que celle de Saint-Louis.

 

Dans le foisonnement des propositions, la rédaction a repéré l’installation de Félicie d’Estienne d’Orves, qui investira les sous-sols méconnus des Invalides avec un performance sonore inédite. Au parc de la Villette, la Géode se transformera en une immense bobine Tesla, une installation électrique qui rayonnera durant toute la nuit et sera visible de loin ! Le parc zoologique de la ville de Paris ouvrira quant à lui gratuitement ses portes jusque 4h du matin, l’occasion de découvrir le travail de scénographie sonore de Philippe Quesne, agrémenté des œuvres de Laurent Le Deunff.

 


Constellation Villette Fabien Leaustic Geysa 2018 Agence-Eva-Albarran © Mairie de Paris

 

Cependant, l’éclectisme des choix de programmation de cette édition peut poser question quant à l’évolution de l’événement et son ADN artistique fondateur. Si festif et populaire que soit le show, l’organisation de défilés de mode à l’Hôtel de ville, avec des vêtements revendus ensuite sur Le Bon Coin – partenaire de l’événement –  ou les animations d’associations qui, dans un esprit de « vivre ensemble » salué, organisent des bourses d’échanges en parallèle de lectures et performances d’artistes, donnent une impression confuse d’un grand « fourre-tout » de micro-événements, qui risqueraient bel et bien de perdre le spectateur dans sa compréhension du fil conducteur.

 

En lui souhaitant un vif succès, on ne peut qu’espérer que cette 17e Nuit Blanche soit un bouillonnement créatif et festif, mais qu’elle ne dessine pas, en filigrane, les prémices d’une banalisation de l’événement et d’un désengagement progressif de la ville, tant dans le financement que dans l’exigence artistique. N’oublions pas que fort de son succès, cette manifestation a été reprise et dupliquée à l’étranger.

 

Retrouvez l’ensemble de la programmation sur le site de la ville de Paris.