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03/05/2022

Homo Faber 2022: transmission as a horizon

The second edition of Homo Faber, entitled “Leaving Treasures of Europe and Japan” was held from April 10 to May 1 in Venice. A meeting of crafts which brought together 850 pieces by 400 designers, divided into 15 exhibitions. The opportunity to discover more about crafts and raise awareness among younger generations. A question that was at the heart of the conference organized by the Cartier house and moderated by the director of the MichelAngelo foundation and organizer of Homo Faber, Alberto Cavalli. Discussions that were enriched by the experiences of four guests: Anne Midavaine, Pierre Rainero, Philippe Nicolas and Sebastian Herkner.

“Artisans have the ability to turn something beautiful into something meaningful.” from Alberto Cavalli pronounced at the beginning of the conference, sets the framework. Convinced of the need to nourish souls as much as bodies must be nourished, it is with this desire to promote beauty that Homo Faber was born. If the first edition of 2018 had been noticed, the organization of the second, delayed by the health crisis, was finally able to take place, with the ever growing desire to discover the craftsmanship, as precious as they are. .

Charles Jeanbourquin, marquetry at Cartier, in full demonstration of straw marquetry for the bracelet created especially for Homo Faber 2022

L’artisanat d’art, un travail d’équipe 

 

Anne Midavaine, directrice de l’atelier Midavaine, travaille pour Cartier depuis 2013 : elle imagine et crée les panneaux laqués exposés dans les boutiques du monde entier. Un travail de dur labeur qui est le résultat d’une collaboration entre toutes les personnes qui participent aux projets. « C’est tout l’atelier dans son ensemble qui est le maître d’art. Toutes les personnes qui y travaillent sont importantes et apportent une touche qui fait la différence. L’atelier agit comme un interprète, il n’est pas simplement un exécuteur. » témoigne t-elle. Anne Midavaine collabore ainsi avec des décorateurs tels que Laura Gonzalez, mais travaille également de manière étroite avec les équipes Cartier, notamment avec Pierre Rainero, directeur du patrimoine, de l’image et du style de la maison de haute-joaillerie. Pour lui, ce partenariat était l’opportunité d’un élargissement de la créativité chez Cartier. « Nous avons commencé à travailler avec l’atelier Midavaine dans l’optique d’exprimer les valeurs que nous chérissons, mais d’une nouvelle façon. Cartier ne fait pas de laque dans ses ateliers, c’est donc quelque chose que nous admirons, et nous sommes ainsi très ouverts en terme de propositions artistiques. »

Alberto Cavalli, Anne Midavaine, Pierre Rainero, Philippe Nicolas and Sebastian Herkner (from left to right) during the conference organized by Cartier on April 27 at Homo Faber (Venice)

Le temps, coeur du savoir-faire artisanal

 

Le savoir-faire artisanal s’apprend et se cultive dans le temps, et réussir à sensibiliser le plus grand nombre reste un défi de taille. « Pour arriver à avoir quelque chose de beau, il est important de laisser le temps aux artisans de créer, d’imaginer et surtout il faut prendre le temps d’investir dans une nouvelle génération d’artisans. » commente Alberto Cavalli. Dans cette optique, l’organisation d’Homo Faber avait engagé sur place une centaine d’ambassadeurs pour parler des oeuvres exposées aux visiteurs. Originaires de toute l’Europe, ces derniers sont tous ancrés dans le milieu de l’artisanat d’art. Une initiative qui respecte la volonté d’Homo Faber de sensibiliser la jeunesse, et qui passe par la découverte et l’ouverture au monde de l’art, en témoigne Anne Midavaine : « J’ai envie de dire à tous ces jeunes : laissez l’art venir à vous, ne soyez plus simplement des spectateurs, soyez créateurs. » Une idée rejoint par Philippe Nicolas, maître glypticien chez Cartier. « La formation passe aussi par la reconnaissance. Si on ne fait que former des gens à une tâche, on les enferme dans une optique précise de création. Mais en leur donnant la possibilité d’exprimer leur vision, ils peuvent ainsi affirmer leur créativité et apporter de nouvelles idées. » ajoute t-il.

Ambassador Sara Cappellozza, explaining her work during the Homo Faber exhibition, Photo: Ginevra Formentini ©Michelangelo Foundation

Un devoir de transmission

 

Au-delà de cet investissement humain, mobiliser les jeunes générations passe aussi par la transmission de savoirs qui permettront à ces nouveaux artisans d’évoluer. Et qui de mieux qu’un maître d’art pour en parler ? Philippe Nicolas, maître d’art glypticien chez Cartier depuis une douzaine d’années, voit dans sa profession une responsabilité importante de transmission du savoir. Il explique : « J’ai un peu le rôle d’un passeur, c’est-à-dire que j’essaye de transmettre à ma manière l’expérience que j’ai en confrontation avec la matière. Ce que je tente d’enseigner à mes élèves, c’est de réussir à dévoiler ce qu’on ne voit pas, ce qui est un peu la définition de l’art quelques fois. »

The master glyptician Philippe Nicolas

And if this responsibility to transmit craftsmanship is essential between beings humans, it is also important that they evolve. New technologies thus participate in the development of know-how, without distorting them. However, some of them can be endangered if they are not stored correctly. This is the idea expressed by the designer and exhibition curator, Sebastien Herkner. Based on his personal experience, he says: “The city where I studied in Germany was very famous in the field of leather. With new technologies, all the specialized factories have disappeared, which in my opinion has made the city lose its identity. As a designer, I think it’s important to use craftsmanship, but it’s interesting to use new technologies to produce new pieces. It’s all about balancing the two. »

Plus que de créer, il faut s’imprégner des histoires qui se cachent derrière les produits. Artisan pour Cartier, designer, ambassadeur, curateur ou simple spectateur, les savoir-faire artisanaux constituent un trésor pour les générations futures, et le plus important est de continuer à les faire perdurer. « En visitant Homo Faber ne soyez pas indifférents, soyez différents. » conclut Alberto Cavalli.

Maïa Pois