Sori yanagi, maître du design japonais
Sori Yanagi a hérité, de son père Soetsu Yanagi, du goût des objets du quotidien intégrant la technique, l’usage et le respect de l’artisanat.

Sori Yanagi est le plus connu et reconnu des designers japonais. C’est Charlotte Perriand qui en parle le mieux : “Discret, profond, efficace et sans compromis. Il voulait construire son époque et pour cela, souhaitait s’éloigner du bel artisanat pour créer des objets produits par la machine”. Seul le mode de production changeait, il a su ainsi développer des objets fonctionnels aux formes évidentes, nourris de la tradition japonaise sans jamais tomber dans le folklore.
Service à cuillières, 1974
À partir des années 50, Sori Yanagi a joué un rôle central dans l’orientation du design industriel japonais. Accessoires pour la table, mobilier, luminaires, tables, chaises, design graphique, superstructures, ponts ou autoroutes, stations de métro, aménagement urbain… Il a abordé toutes les échelles de l’architecture à l’objet. La flexibilité qu’il entretenait entre les disciplines du design et de l’architecture va dessiner l’excellence de son parcours. Dans cette période de l’Après-Guerre où le Japon s’est modernisé et occidentalisé, ses projets ont défini les standards du design japonais : simplicité et pureté. En 1956, il crée le tabouret “Butterfly” (aujourd’hui édité par Vitra) qui est devenu une icône du design international, entre les formes traditionnelles de l’Extrême-Orient et le fonctionnalisme européen. Assemblées comme deux ailes de papillon, ses formes sont un clin d’œil à l’architecture et à la calligraphie japonaise, signes d’un dialogue permanent entre l’orient et l’occident.
Le tabouret “Butterfly”, 1956
Sori Yanagi accordait une importance fondamentale aux matériaux : le bambou, le bois, la céramique, le plastique, l’aluminium, l’acier… Cette ouverture le confrontait à un large panel de processus de fabrication. Reconnu par ses pairs, ce fut un honneur pour lui de dessiner la torche des Jeux Olympiques d’été de Tokyo en 1964 et des Jeux Olympiques d’hiver de Sapporo en 1972. Son travail s’est définitivement porté à se mettre au service de l’utilisateur, toujours soucieux de maintenir un lien entre le travail du designer et la société. Pour le designer finlandais Timo Sarpaneva, Sori Yanagi a su créer des objets modestes, sensibles, harmonieux et intemporels qui ont traversé les civilisations et les techniques. Pierre Romanet, directeur de la galerie Sentou à Paris lui rendait un hommage respectueux et passionné. Des pièces majeures, des photos et des vidéos des processus de fabrication étaient présentées à l’exposition-vente du 24 avril au 11 mai 2013 à la boutique du Marais, rue François Miron.
Pauline Guillot
Service d’ assiettes en grès émaillé, 1982
L’ atelier de Sori Yanagi à Tokyo © Sentou
L’ atelier de Sori Yanagi à Tokyo © Sentou
L’ atelier de Sori Yanagi à Tokyo © Sentou
La chaise “Yanagi”, 1978
La chaise “Yanagi”, 1978
La cocotte en fonte, 2002
Sori Yanagi, image extraite de l’ouvrage “Sori Yanagi Design”, co-édition Sezon Museum of Art/Nihon Keizai Shimbun/Treville
Machine à coudre, 1955
Pichet en grès émaillé, 1982
Plat rond bicolore en grès (Ushinoto), 1956
Service à cuillières, 1974
Suspension en laiton, 1979
Le tabouret “Butterfly”, 1956
Le tabouret empilable “Eléphant”, 1954
Théière en grès, poignée en rotin (Kyoto Gojosaha), 1958