Pernod-Ricard invente sa version du flex office

Pernod-Ricard invente sa version du flex office

Depuis quelques mois, Pernod Ricard a installé son nouveau siège français sur une esplanade qui jouxte la gare Saint-Lazare, dans un bâtiment conçu par l’architecte Jacques Ferrier.  Les 18 000 mètres carrés de ce site rebaptisés « The Island » par le groupe  ont été totalement aménagés par  l’agence Saguez Partners et reflètent l’évolution des méthodes de travail encouragées.

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Pernod Ricard Paris 2020 www.intramuros.fr

L’emménagement du siège de Pernod Ricard dans Paris est une étape dans la stratégie  « Transforme & Accelerate » que développe le groupe pour changer les habitudes de travail et recentrer l’approche sur le consommateur.  Emmanuel Vouin, directeur des relations presse précise : « On avait 7 entités en région parisienne, et il y a quelques années, on a décidé de réunir tous sur un seul les 900 collaborateurs. » Un projet de quatre ans – donc entamé bien avant le Covid-19 – que Saguez Partner a accompagné. Cette localisation à Saint-Lazare inscrit le groupe dans un hub très connecté, et très proche des clients par la proximité des clients.  Plus qu’un siège, c’est un quartier qui est investi : ce bâtiment qui jouxte la Gare Saint-Lazare, est l’œuvre de l’agence Ferrier Marchetti Studio, et se démarque par sa façade composée de 2 400 lamelles de verre colorées propices aux jeux de lumière. Par ailleurs, l’esplanade sur lequel se situe le siège va accueillir à terme un espace d’expositions investi par la fondation du groupe, et un concept-store. 
Pierre-Olivier Pigeot, directeur conseil associé, explique : «  Le bâtiment est posé le long des voix ferrées, un peu en hauteur, au 7e étage, on domine les toits et on a des vues à 360 ° sur Montmartre, les Invalides, etc. On est littéralement au cœur de Paris. » 


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Pernod Ricard Paris 2020 www.intramuros.fr

Plus qu’une vitrine centrale du groupe, l’objectif était d’accompagner aussi une forte évolution des méthodes de travail. Ce qui a été une grande partie de la première phase de travail de Saguez Partners. L’agence a conçu entièrement les espaces, choisi le mobilier… à partir d’une réflexion très poussée sur comment travailler ensemble et surtout différemment chez Pernod. « On a eu beaucoup  interrogé les usages.  Le projet était en cocréation, très collaboratif, ce n’est pas un projet « top down », les axes stratégiques ont été donnés par la direction, mais chaque métier a été libre de former un catalogue d’usages, chacun a conçu ensuite  à partir  de ces propositions les espaces dont ils avaient besoin pour travailler : plus de postes ouverts, de salles de réunion, … Il y a des variabilités laissées aux équipes » témoigne Pierre-Olivier Pigeot. Dans les faits, tout le personnel a été consulté, toutes les équipes y ont participé, puis une quarantaine d’employés se sont portés volontaires pour le déploiement concret du projet.
Aujourd’hui, la visite du lieu montre une variété d’espaces importante, car s’il fallait réunir les  900 collaborateurs, les designers avaient aussi pour mission de garder l’autonomie et les univers propres de chaque marque. Ainsi, dans l’ensemble du projet – qui s’appelle The Island, en référence aux Embiers où se déroule chaque année la grand-messe annuelle du groupe – il y a des territoires de marques très ouverts, à chaque niveau et dans chaque lobby.  Pierre-Olivier Pigeot précise : «  ce n’est pas un modèle que l’on a démultiplié sur toute les marques. » Il a fallu conjuguer les identités de marques, dans l’ Island, qui forge l’unité du groupe.

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Pernod Ricard Paris 2020 www.intramuros.fr

Un  lieu vitrine de l’ADN du groupe

Dans le brief de Saguez Partner, il fallait aussi que le lieu reflète la convivialité, au cœur de l’identité de Pernod Ricard. Selon Emmanuel Vouin, «cette notion de convivialité est vraie dans le groupe,  et on voulu le faire vivre dans le bâtiment, dans tous les recoins, petits ou grands, avec une table de réunion ou sans, avec ou sans écran,  beaucoup d’alcôves où l’on peut s’installer à 2, 4, 6 ou 10 , de façon informelle, pour des moments d’échanges.  Mais il y a aussi des lobbys, des bars avec panoramas, des lieux de repos comme une game room. »  Les espaces mixent donc des mini-salons à côté de bureaux, et de nombreuses terrasses aménagées (700 mètres carrés de rooftop / 1200 mètres carrés de terrasses végétalisées).

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Pernod Ricard Paris 2020 www.intramuros.fr

Cette convivialité est un élément essentiel de la stratégie de management. L’enjeu est travailler différemment en s’appuyant sur la force de nouvelles interactions, de nouveaux liens permis par le rassemblement sur un même site de toutes les fonctions supports, et les mutualisations d’expériences entre les marques ( «  on va tous voir les mêmes clients ») pour mieux rebâtir cette stratégie recentrée sur le consommateur. Comme Pernod-Ricard aime à le rappeler, Thomas Allen, chercheur au MIT considère que «  80 % des idées innovantes se produisent au coeur des relations interpersonnelles »

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Pernod Ricard Paris 2020 www.intramuros.fr

Open space et flex office ?

À l’heure du télétravail, au-delà des sujets sanitaires,  qu’est-ce qui incitera le salarié à venir au siège?  Pour Olivier Cavil, directeur de la communication du groupe,  la réponse est avant tout autour de  la convivialité, « c’est un accélérateur de performances professionnelles  : moins de formalisme génère moins de hiérarchie, donc moins de peur de prendre des initiatives du fait d’être  connecté aux autres. Et pour avoir envie de venir au bureau il faut que j’y trouve un bénéfice plus grand que chez moi, dans la qualité du lieu, des usages, le rapport aux autres. On vient au travail parce que on a des réunions… certes, mais aujourd’hui elles peuvent être virtuelles.
Vous venez en fait pour deux raisons : l’endroit où vous vous trouvez n’est pas perdu,  vous allez pouvoir faire vos courses autour, et pour toutes les petites rencontres que vous ne pouvez pas mettre dans un agenda :  ces rencontres informelles, improbables» Et il fallait donc que cette nouvelle approche du management prenne en compte cet enjeu, et de fait, que l’aménagement y réponde :  « Le flex office n’est pas dans nos gênes depuis très longtemps.  C’est bien plus que des open spaces, ce sont des espaces de travail partagés sans endroit dédié, je peux m’installer où je veux un jour, le soir je laisse ma table pour que je puisse travailler à un autre endroit demain, parce qu’il y a des jours où j’ai besoin de deux écrans, parce que je vais passer beaucoup de temps à écrire, des jours où j’ai besoin de me rapprocher des équipes juridiques… cette souplesse d’endroit où je vais m’asseoir le matin, cet accès à une vraie palette de mobilier de travail, de mobilier , que je vais changer en fonction de mes activités et de mes besoins, c’est un vrai changement pour tout le monde. Ici, on n’est pas dans une approche de rationalisation : moins de postes  par rapport au nombre de personnes, en partant du principe que les gens ne sont pas tous toujours au bureau. Là , il y a beaucoup plus d’espace que de collaborateurs : pour 900 collaborateurs, il y a ici 2500 places de travail possible.»

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Pernod Ricard Paris 2020 www.intramuros.fr

Chacun s’installe  donc où il veut dans la journée, avec bien sûr un principe de casier. Selon  Pierre-Olivier Pigeot, « par expérience, en proposant des nouveaux espaces, on incite les gens à de nouveaux usages parce qu’ils n’arrivent pas toujours à se projeter. » Comme le dit Olivier Cavil, « en termes de circulations avec Saguez Partner, on s’est dit qu’il fallait créer de la disruption partout dans les espaces pour que vous soyez incités en permanence à bouger, à vous lever pour une petite réunion informelle, on se met dans les canapés, j’ai une réunion plus formelle, je réserve une salle. J’ai un point le matin, j’ai une table haute, ça dure dix minutes, et c’est parfait. Partout  on voulait dans un rayon de 30 mètres carrés, que chacun puisse avoir au minimum entre 5 et 7 positions différentes possibles.
Le principe de multiplication d’alcôves avec plusieurs formats, avec un écran d’ordinateur permet de partager sa présentation avec quelqu’un :  pas de lieu à réserver, la connexion se fait en deux secondes, car ce plan s’est accompagné  d’une digitalisation très forte du groupe.
Ainsi la force de ce siège – The Island – est cet open space  finalement répartis en petits îlots séquencés, autour de 10-15 personnes, qui partage une nouvelle vision des bureaux partagés. 

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