Intramuros Design Awards :  une première édition réussie !

Le 5 juin a eu lieu la soirée de remise des Intramuros Design Awards dans la grande nef du Musée des Arts Décoratifs à Paris. 16 produits ont été primés.

 

Depuis 1985, Intramuros est prescripteur et dénicheur de talents. C’est dans la continuité de ces missions que le magazine a souhaité créer cette année ses prix, les Intramuros Design Awards. Récompensant les produits qui ont marqué les esprits ces derniers mois, ils mettent en lumière l’innovation et la créativité des designers et fabricants.


 

La soirée de remise de prix a eu lieu le 5 juin à Paris, dans le cadre prestigieux de la grande nef du Musée des Arts Décoratifs, à la suite des Speed Dating du VIA, partenaire d’Intramuros. À cette occasion, chaque lauréat s’est vu décerner un trophée en bronze, réalisé par le plasticien Olivier Blanckart.

De mi-février à fin avril, designers et fabricants avaient déposé leur candidature en ligne sur le site de l’événement en soumettant des projets édités au cours des douze derniers mois. Pour chacune des catégories, les rédactions des magazines du groupe Beemedias ont sélectionné trois à cinq dossiers à soumettre au vote des internautes. Et ils ont été nombreux à voter (11 943 !). Dans chaque catégorie, un Coup de la rédaction a également été decerné. Enfin, un prix spécial Design Universel, crée en dialogue avec l’APF France Handicap, a récompensé un produit pensé pour son accessibilité.

 

Les lauréats

Mobilier Design 

Award des internautes : la lampe Fragment, de Tamim Daoudi pour Matière Grise, en tôle acier thermolaquée.

« Fragment » est une lampe à poser au sol, composée de trois éléments en acier plié totalement indépendants. Elle s’organise autour d’une ampoule centrale qui repose sur la base du plus grand des trois éléments. Selon la position donnée aux deux autres, le flux lumineux est alors orienté, atténué ou amplifié. Un jeu subtil s’instaure entre les trois modules, d’autant plus que celui de taille intermédiaire est percé de trous laissant filtrer de fins rayons de lumière. Leurs silhouettes, monolithiques et minérales, évoquent les facettes d’une pierre précieuse ou la falaise abrupte d’un glacier.

 

Coup de cœur des rédactions : la Chips Lounge Chair, de Lucie Koldová pour TON, en bois cintré et tissu perforé.

 

Les dimensions généreuses de son dossier évoquent tout de suite un confort que son assise confirme. C’est ainsi que la designer tchèque Lucie Koldová a souhaité sa « Chips Lounge Chair » : la plus accueillante possible. Inspiré par la forme d’une énorme chips, le dossier assure la stabilité de la chaise comme un troisième pied. Tendu d’un tissu perforé qui le rend presque translucide, il contraste avec la galette rembourrée de l’assise, à laquelle un mini-coussin dorsal apporte un supplément de moelleux. Le cadre en bois a été cintré à la main par la société de meubles TON. L’ensemble est souple et léger.

 

Coup de cœur du VIA : l’armoire Horizon, de Didier Epain pour Symbiosis, en panneaux de particules mélaminés.

Dans la famille Horizon, voici l’armoire : comme tous les éléments de cette collection en panneaux de particules mélaminés, elle se définit par sa fonctionnalité, chaque partie devant être utilisable. Elle abrite ainsi une niche avec quatre compartiments de rangement. Selon la pièce où elle se situe, elle se fait commode, vaisselier ou bibliothèque. Elle partage avec les autres meubles de la gamme, table basse ou à manger, bureau et meuble TV, une même bande rose poudré qui dessine sur le chêne clair comme une ligne d’horizon. Associée à des pieds fins, cette base pastel donne de la légèreté à une armoire-buffet 100 % française.

 

Salle de bain design

Award des internautes : la gamme Mya de Burgbad, dont le design est signé par le Studio Altherr, en bois, cuir et céramique.

 

Le minimalisme à la scandinave s’accommode fort bien du rendu chaleureux de matériaux comme le bois ou le cuir, même dans une salle de bains. Avec Mya, Burgbad a développé autour de vasques en céramique mate une collection d’accessoires riches en détails pratiques : l’ensemble sous-vasque et son fin piétement rond en chêne, le banc d’appoint et le porte-serviette avec leur rangement en cuir souple, le miroir mural à éclairage périphérique, etc. Mya existe aussi dans une version noire intégrale, du bois jusqu’à la vasque, qui donne à l’ensemble une touche masculine.

 

Coup de cœur des rédactions : la collection Plural de VitrA, dessinée par Terri Pecora, en céramique et bois.

 

Plural est une collection d’éléments de salle de bains en céramique, aux formes organiques. Les finitions en bois des lavabos et des vasques, assez inhabituelles dans une pièce d’eau, apportent une touche de chaleur. C’est l’effet recherché par VitrA pour qui une salle de bains doit être, en termes de confort et de haute technologie, à la hauteur des autres lieux de vie domestique. Et le propos de Terri Pecora, designer américaine installée à Milan qui a dessiné la collection : elle s’est inspirée des espaces et des rituels de bain collectif pour envisager un lieu « d’intimité partagée » où il fait bon passer du temps.

 

 

Cuisine design 

Award des internautes : la cuisine Vision de Snaidero, dessinée par le studio italien Pininfarina, qui existe en bois et en acier inox.

Cette cuisine ergonomique concilie parfaitement les formes et la fonction. Tout dans ses volumes légers exprime l’aisance avec laquelle circuler au milieu des différents espaces domestiques. Ceux-ci reprennent en écho la ligne fluide et ininterrompue qui dessine l’îlot central prolongé d’un coin snack : la hotte aspirante et son étagère en bois, la porte à découpe oblique des armoires de rangement, etc. Un ruban d’éclairage LED souligne la forme architecturale de l’îlot. Les matériaux eux-mêmes, bois de frêne, acier inox et laquage des portes à effet métal, transmettent une sensation immédiate d’élégance.

 

Coup de cœur des rédactions : le tire-bouchon Vigne et Barrel de Peugeot Saveurs, dessiné par Nicolas Brouillac, en bois de hêtre ou de noyer.

 

« Vigne et Barrel » répond à la question insoluble de l’amateur de bonnes bouteilles : comment récupérer un bouchon coincé sur la vrille sans fin de son tire-bouchon ? Le designer Nicolas Brouillac a breveté un mécanisme universel qui éjecte spontanément le cylindre de liège. Il l’a appliqué dans un tire-bouchon en bois tourné (matériau qui rappelle l’univers de l’œnologie), façonné au sein de la manufacture franc-comtoise de Peugeot. Ergonomique, « Vigne et Barrel » existe dans une version contemporaine en bois clair, avec une poignée en forme de cep, et dans une version plus traditionnelle en bois de noyer, cerclé d’anneaux noirs comme un tonneau.

 

Design outdoor

Award des internautes : la gamme d’éclairage d’extérieur Halo de Velum, dessinée par Tamim Daoudi, en acier thermolaqué.

Velum, fabricant d’éclairage professionnel LED, a soumis au designer Tamim Daoudi un cahier des charges exigeant : dessiner un luminaire d’extérieur contemporain, durable et recyclable, fabriqué en France et à la mise en œuvre aisée. Le designer s’est inspiré du jeu de lancer d’anneaux, les halos de lumière reproduisant cet instant fugace où les anneaux tournoient autour du mat. Conçu en acier et aluminium, fabriqué à la commande, « Halo » est personnalisable dans le choix des couleurs, des flux lumineux, du nombre d’anneaux sur le mat et de leur inclinaison. Très high tech sous son allure minimaliste.

 

Coup de cœur des rédactions : la lanterne sans fil Giravolta de Pedrali, dessinée par le studio italien Basaglia Rota Nodari, en plastique et aluminium extrudé peint.

« Giravolta » est une lampe d’extérieur sans fil constituée de deux disques en plastique, un socle et un diffuseur, insérés dans un arc en aluminium. Tout est dans le nom : le boîtier destiné à l’éclairage pivote à 360° (girare en italien) et se comporte comme une batterie, principe que l’on doit à l’inventeur Alessandro Volta. Il contient une carte LED et un port USB pour l’alimentation, et oriente la lumière à la façon d’un phare. Un aimant situé dans la base permet de fixer la lampe au mur. Quant à la structure, elle peut aussi servir de poignée, comme si une lanterne à l’ancienne se cachait sous la silhouette high tech et contemporaine de « Giravolta ».

 

Piscine design

Award des internautes : une piscine intérieure privée de L’Esprit Piscine, pensée par Éric Tremblais, en béton armé.

Dans cette piscine-salon, Éric Tremblais de L’Esprit Design a positionné le bassin contre le mur de façon à libérer un maximum d’espace où lire, se détendre, prendre un verre. Les banquettes bien rembourrées, les éléments en bois et en pierre, et même la membrane d’étanchéité qui reproduit l’aspect naturel d’une pierre calcaire confèrent à l’ensemble un rendu chaleureux, loin du décor aseptisé des piscines traditionnelles. Celle-ci n’en est pas moins hautement technologique : l’eau est traitée par lampes UV et un volet automatique se niche dans un coffre immergé qui sert à la fois de plage et de marche d’accès.

 

Coup de cœur des rédactions : une piscine extérieure privée de Diffazur, dessinée par Patrick Saget, en béton armé et Quartzroc.

Le client souhaitait une piscine pour tous les âges et toutes les occasions : apéritif, sport ou détente. Cette pièce d’eau privée de 90 m2, en béton projeté et quartzroc, répond à son exigence en combinant différents espaces : un bassin pour patauger, un autre plus profond (deux mètres) pour cumuler les longueurs, une plage en bois, un espace à débordement, un spa, un point plongeon et même un pool-bar entouré d’une banquette de balnéothérapie. Tous les éléments s’articulent dans une parfaite composition géométrique, soulignée par les couleurs primaires de la pâte de verre. Une œuvre abstraite où s’exprime la passion du commanditaire pour l’art contemporain.

 

Archi-design 

Award des internautes : l’élément de mobilier urbain Y, de l’agence nantaise forma6, pensé par Éric Garnier, en tôle laquée.

Devant un lycée-internat conçu par ses soins, la société forma6 a installé le mobilier urbain « Y », lieu de rendez-vous pour étudiants. En contraste avec l’horizontalité du bâtiment constitué de parallélépipèdes, le designer Éric Garnier a choisi une forme ronde, travaillée de façon complexe : façonnée autour d’un axe central en dix facettes identiques, la tôle d’« Y » fait écho par ses pliures aux lignes filantes du lycée. Son rouge laqué rappelle la façade des espaces communs, traitée en couleur. De loin « Y » est un signal, une flèche monumentale indiquant au sol l’espace de rencontre. De près, il se fait parapluie, parasol, abri.

 

Coup de cœur des rédactions : la façade et le brise-soleil en Corian Solid Surface du bâtiment de logements conçu par l’agence N-O-A, rue de la Croix Nivert dans le 15e arrondissement de Paris.

Ce bâtiment fuselé — dont le maître d’ouvrage est ELOGIE SIEMP et l’entreprise de construction AMT — a investi une parcelle en angle dans un carrefour du 15e arrondissement. Il abrite des logements sociaux dont les espaces extérieurs paraissent « creusés » dans le volume. Une enveloppe de Corian® Solid Surface habille de blanc la façade. La grande liberté de formes qu’offre cette résine de synthèse a permis d’uniformiser le bâtiment, tout en soulignant le dynamisme de ses lignes. Même les fins pare-soleil perforés se fondent dans l’habillage. Par la seule présence de sa vêture lisse et précieuse, cet iceberg urbain semble absorber toutes les disparités architecturales du quartier.

 

Matériau design

 Award des internautes : la résine-tissu imperméable Tessile de Propose-Paris et Rezina.

« Tessile » est un revêtement décoratif qui s’utilise à la façon d’un papier peint. À base de résine incluant du tissu, il est doté des caractéristiques de l’une comme de l’autre. Étanche, telle la résine, il permet de recouvrir de tissu n’importe quel matériau ou support, même dans les pièces humides. Les fibres naturelles du voile de lin épousent au plus près les courbes d’une surface ou les reliefs d’un objet aussi complexe qu’une voiture. Grâce à l’impression numérique ou sérigraphique, tous les décors sont permis, motifs abstraits, ou figuratifs comme la toile de Jouy, en finition mate ou brillante.

 

Coup de cœur des rédactions : le revêtement de sol Human Connections d’Interface, pensé par David Oakey, en fils teints dans la masse 100% recyclés.

 Selon le designer américain David Oakey, lorsqu’un être humain s’imagine dans un espace qui lui fait du bien, l’extérieur prévaut sur l’intérieur. Défenseur d’un design biophilique, il a donc conçu, pour les bureaux, un revêtement de sol qui évoque les espaces de vie urbains, ruelles pavées ou placettes mangées de végétation. Les dalles « Human Connections » sont fabriquées avec des fils en polyamide teints dans la masse et 100 % recyclés. Les motifs, harmonieusement combinés ou posés de façon aléatoire, transforment l’espace en quartier. Une incitation aux rencontres et aux collaborations positives.

 

Prix spécial Design Universel : en partenariat avec l’APF France Handicap

Le livre La grande fête de 10, signé Eliote pour la collection Les Innombrables éditée par Exalto.

Améliorer le quotidien grâce au design, tel est le propos des designers, même lorsqu’ils quittent l’espace domestique pour les livres pédagogiques. Celui-ci — conçu à partir de conseils de psychologues, d’orthophonistes et d’enseignants — s’adresse aux enfants dyscalculiques qui peinent à mémoriser les compléments au nombre 10. En stimulant les sens et la mémoire épisodique, les designers d’Exalto aident les jeunes lecteurs à se créer une image mentale. Grâce à l’histoire de 10, qui organise pour ses amies les unités une fête au thème énigmatique : « Tout le monde doit faire 10 ». La solution ? Venir (bien) accompagné.

Texte : Valérie Appert