25/11/2019
Anne Asensio, vice-présidente Design Expérience de Dassault Systèmes a fait son entrée à la World Design Organization (WDO).
La designer française, l'une des deux seuls représentants européens, rejoint les 10 autres membres du bureau pour la période 2019-2020. La liste des membres du conseil d’administration, présidé par le designer indien Srini Srinivasan, a été dévoilée lors de la 31e édition de la World Design Assembly qui se tenait à Hyderabad, en Inde, les 11 et 12 octobre derniers.

Placer l’humain au cœur du processus de design

Séoul (Corée du Sud) désignée World Design Capital en 2010 © World Design Organization

Depuis 1957, la WDO – anciennement International Council of Societies of Industrial Design (Icsid)– promeut le design industriel comme vecteur de croissance économique, sociale, culturelle et environnementale. Composée à l’origine de 12 associations, la WDO, dont le siège se trouve à Montréal (Canada), regroupe aujourd’hui 140 organisations réparties dans 40 pays avec une vision commune : placer l’humain au centre du design.
Parmi les outils de promotion du design industriel, la WDO dispose du programme World Design Capital (WDC). Tous les 2 ans, l’organisation internationale récompense ainsi les villes pour leur utilisation du design dans une démarche de développement économique, social, culturel et environnemental. La ville française de Lille a été désignée capitale mondiale du design pour 2020. Pendant un an, la ville du Nord mettra en avant les politiques urbaines et les innovations durables qui améliorent la qualité de vie.

Interview exclusive dans Intramuros

Anne Asensio dans son Design Studio chez Dassault Systèmes © Dassault Systèmes

Dans le cadre de l’exploration des nouvelles pratiques du design, la rédaction a longuement rencontré Anne Asensio : extraits de l’interview publiée dans le numéro d’Intramuros actuellement en kiosques.

« Toute sa carrière, Anne Asensio s’est ingéniée à aller là où on ne l’attendait pas, avec toujours un coup d’avance : chez Renault, elle participe à l’invention de la voiture à vivre ; recrutée par General Motors, elle crée un brand center et redonne du sens aux marques en travaillant les leviers émotionnels du rétro-design. Vice-présidente Design Experience de Dassault Systèmes elle accompagne la transformation technologique et numérique des industriels en les plaçant au cœur des usages et des besoins de demain, dans une démarche de design thinking empathique et systémique. Aujourd’hui, avec la même énergie communicative, elle définit des expériences comme elle dessinait hier des objets.
Son parcours fait partie de ceux que l’on cite volontiers en exemple, avec ce penchant bien français de souligner l’exception qui vient confirmer la règle : après les Beaux-Arts, puis l’Ensaama, elle intègre dans les années 1980 le groupe Renault et réussit, en 1997, à être nommée Femme de l’année de l’industrie automobile. En 2000, General Motors vient chercher l’experte pour prendre la tête du département design et redynamiser ses marques. Et c’est la visionnaire que Dassault Systèmes recrute en 2008 pour conforter le design au coeur d’enjeux stratégiques. Rencontre avec une femme d’expériences.

Qu’est-ce qui a motivé ce virage du design industriel au design d’expérience ?
A. A. : C’est un vrai choix, lié à une rencontre. J’étais designer automobile, j’ai dessiné des voitures pourdifférentes marques dans divers pays. Avec le recul, je trouve que c’était un travail fin, magnifique, focalisé sur la forme extérieure, l’expérience intérieure, les couleurs, les matières : l’objectif était d’offrir quelque chose de beau dans lequel on allait avoir du plaisir. Puis les années 2000 ont vu l’arrivée du numérique de manière exponentielle, il y a eu la bulle et, surtout, une accessibilité et une démultiplication qui ont, pour certains, transformé leur vision du monde, et j’en faisais partie.
Dans le courant des années 2000, j’ai participé à quelques projets assez disruptifs en Californie, avec notamment Bran Ferren, le fondateur d’Applied Minds, et Disney Imagineering. J’habitais Detroit, en remontant la grande avenue de ma belle banlieue, dans un parfait American way of life, je voyais s’accumuler les voitures sur des parkings sur des miles et des miles… Et j’en étais saturée. Puis j’ai rencontré Bernard Charlès [NDLR : le patron d Dassault Systèmes] dans un avion, qui m’a expliqué sa vision, tournée sur ce que seront les usages de demain. Son entreprise est à son image : visionnaire. On fait des logiciels, mais on est une industrie qui pense. C’était il y a dix ans : quand je suis entrée chez Dassault Systèmes, on était 5 000 personnes, aujourd’hui, on est plus de 17 000 !… »

Retrouvez l’intégralité de la rencontre dans la parution numéro 201 d’Intramuros