Rétrospective Pierre Paulin au Centre Pompidou
Pierre Paulin fait actuellement l’objet d’une première exposition monographique au Centre Pompidou avec plus de quarante de ses oeuvres.

Pierre Paulin fait actuellement l’objet d’une première exposition monographique au Centre Pompidou. Ce sont plus de quarante années de création qui sont déployées à travers soixante-dix pièces de mobilier, grâce à un récent don d’archives de la famille du designer. Ainsi, c’est une relecture de l’ensemble de l’œuvre de Pierre Paulin que propose la commissaire, Cloé Pitiot. Icôniques, les créations d’un des plus célèbres designers français s’ancrent dans une société en pleine mutation, à la fois culturelle et économique. Le “mobilier pour tous” de Pierre Paulin épouse les révolutions techniques de son temps, libérant le corps humain de toutes contraintes liées à une posture sociale : “Aux nouvelles technologies correspondent de nouvelles formes” . Les formes qui en découlent deviennent modulaires, le fonctionnalisme sensuel revêt une exigence de confort. À l’instar des intérieurs japonais ou orientaux, le centre de gravité se trouve abaissé, ses constructions se veulent ouvertes et pénétrables, tandis que son goût de la couleur révèle l’espace et l’enveloppe. En somme, Pierre Paulin aura renouvelé le siège, dessinant plus de deux cents modèles tout au long de sa carrière, transcendé l’aménagement de l’espace, nous poussant à devenir architectes de notre propre intérieur, et pensé la première agence de design en France. Ainsi aura-t-il eu l’art de capter l’air du temps, mais surtout de le devancer. “Il fait partie de ceux qui ont tout redéfini : la méthode de fabrication, l’usage du meuble, la notion de confort, il nous a ouvert la voie”, dit Erwan Bouroullec . Visionnaire, il n’en demeure pas moins classique, par son souci de la composition autant que par son goût pour le slow design développé auprès de l’ARC. Le parcours ondoyant de l’exposition fait ainsi écho à la carrière de Pierre Paulin : un audacieux paradoxe . Extrait du portrait de Pierre Paulin, par Cléa Daridan dans Intramuros n°184, Mai/Juin 2016 Retrouver la suite de l’article
Cléa Daridan