Constance Guisset, Actio !

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17 novembre 2017

Le musée des Arts décoratifs accueille Constance Guisset et lui donne Carte Blanche du 14 novembre 2017 au 11 mars 2018. Olivier Gabet, directeur des musées des Arts décoratifs et commissaire de l’exposition, explique le choix de la jeune designer.


Le parcours de Constance Guisset a tout de suite intrigué : après des études à l’ESSEC et Sciences Po Paris, elle choisit de se tourner vers la création, le design et entre à l’ENSCI-Les Ateliers dont elle sort diplômée en 2007. Dix ans après, Olivier Gabet lui propose d’investir des espaces du musée et défend son choix : une femme, jeune, élargissant le champ du design à sa dimension la plus généreuse, de ses collaborations avec les éditions Moustache, Petite friture, Tectona ou Matière Grise, à son travail avec Angelin Preljocaj pour qui elle réalise les décors du Funambule, des Nuits, ou de la Fresque. Au-delà, ses dernières expositions au mudac à Lausanne à l’invitation de Chantal Prod’hom ou au musée Fabre de Montpellier, ont eu l’effet d’une révélation pour l’institution française. S’ils sont amis depuis de nombreuses années, Olivier Gabet qui suivait Constance Guisset au fil de son travail reconnaît n’avoir pas saisi l’unité de sens que trouvait alors ce corpus devenu riche et dense. Il fallait donc lui donner Carte Blanche. 

Actio ! 

Actio ! donc pour Constance Guisset, « Actio ! » comme dans Harry Potter, pour évoquer la vie, la magie et voir plus loin que la fonction et les usages. Cela correspond pleinement à ce que le musée des Arts décoratifs peut et doit faire dans le domaine du design, l’un de ses champs d’action et de connaissance : « Le design doit faire l’actualité du musée en permanence, comme il fait partie de son histoire, il forme sa respiration naturelle. Aujourd’hui parce qu’il est devenu un quasi phénomène de mode, le design perd malheureusement de plus en plus de son sens. Tout le monde veut en parler, veut le montrer, sans doute jusqu’à ce que cet effet de mode passe. Mais au musée il perdure depuis 150 ans. Exposer le design au sein des collections permanentes est un nouvel enjeu pour nous, une invitation appelée à devenir régulière, et qui a commencé en 2016 avec Jean Nouvel, Jean ayant magistralement posé son mobilier dans les espaces des galeries en trouvant des liens étonnants ». 

Un corpus sur dix ans

Le même challenge se renouvelle avec Constance Guisset qui a dû trouver un fil rouge et faire des choix complexes, dans un lieu et dans son histoire. « Constance Guisset est une femme mais ce n’est pas pour autant qu’elle produit des formes féminines. Son travail des formes est singulier et lui a permis en peu de temps une reconnaissance grandissante et un succès fulgurant. Elle sait allier une recherche souvent érudite, une intelligence poétique, avec une création populaire au sens très noble du terme, intuitive et immédiate. Prendre le temps de regarder un corpus sur dix ans et voir ce que cela donne, c’est le challenge de l’exposition. Il y a quelque chose qui se cristallise dans tout le corpus, quelque chose qui fait sens. » 

Une expo qui parle de bonheur 

« C’est dans ce sentiment de cohérence que le musée a un rôle à jouer. Aux côtés de l’exposition « Christian Dior, couturier du rêve », révéler le parcours d’une jeune designer est porteur de sens. Les deux expositions parlent de bonheur. Dior rappelle qu’il faut qu’une femme se sente belle pour être heureuse, en 2016, dans nos murs l’exposition Roger Tallon, le design en mouvement clamait « soyons jouisseurs ! ». Il ne faut pas «panthéoniser» le design mais le rendre « hyper visible » parce qu’il intéresse, émeut et interroge sans cesse. La rétrospective de Constance Guisset donne à voir une autre vision du design : une exposition décomplexée et heureuse qui parle de rayonnement et d’attitude positive, d’optimisme. »

La positive attitude 

« C’est un honneur pour Constance et un honneur pour le musée. Il faut savoir quelquefois se délester des concepts plus ou moins usés, et préférer la narration, comme ces histoires racontées ici avec de la chair et de l’humanité. Sans crainte. Il faut prôner l’érudition joyeuse, penser les formes avec rythme et émerveillement. C’est sans doute pour cela aussi que l’œuvre de Constance Guisset revêt une dimension grand public qui fait beaucoup pour populariser l’idée de design, et c’est un bien ».

Informations pratiques

Dates
Du 14.11.2017 au 11.03.2018


le 17.11.2017